Internet entretient l’illusion d’informations facilement accessibles, à profusion. Il faut montrer aux élèves la nécessité de dépasser les premiers réflexes, et de se coltiner, progressivement, un travail intellectuel exigeant.
Internet entretient l’illusion d’informations facilement accessibles, à profusion. Il faut montrer aux élèves la nécessité de dépasser les premiers réflexes, et de se coltiner, progressivement, un travail intellectuel exigeant.
Comment apprendre l’art du filtrage des ressources numériques ? Comment évaluer l’information trouvée sur internet plus finement que par « J’aime-Je n’aime pas » ? C’est une vieille ambition de l’école qui est en jeu : apprendre l’autonomie de pensée.
Comment permettre à l’élève de se déplacer dans l’océan des informations, de ne pas faire naufrage ? Il faut d’abord bien comprendre des spécificités du média internet comme l’hypertextualité et, de plus en plus, la diversité des supports d’information disponibles sur la Toile.
Pour des élèves en grande difficulté d’apprentissage, la recherche sur internet est un plus formidable et ils sont heureux de rendre des travaux bien présentés et justes, puisqu’ils l’ont « trouvé sur internet ». Mais combien de fois le contenu n’est-il pas vraiment lu, combien de fois le copier-coller fonctionne-t-il à plein régime ?
Quand la pêche aux infos sur l’océan Google est devenue un réflexe, n’est-il pas temps d’apprendre à nos élèves à trier ce qu’ils ramènent dans leurs filets ?
Pour bien comprendre la façon dont est réalisée une encyclopédie, et le meilleur usage à en faire, on peut essayer de passer du côté des rédacteurs. Pas simple !
Les compétences documentaires ont pour principal avantage de nous plonger immédiatement dans l’action : fouiller, lire, observer, rechercher, comparer, trier, utiliser, exploiter des documents. Mais comment dépasser ce stade de l’activité pour aller vers la connaissance et la maitrise des savoirs ?
Un ensemble de textes présentant un outil et des démarches en classe y recourant : le document de collecte.
Mettre les élèves en recherche, c’est leur donner l’occasion de faire des trouvailles inattendues : des rencontres avec des personnes exemplaires, des débats sur des conflits de valeur, ou simplement de bonnes raisons de venir étudier au lycée.
Des enseignants feront-ils forcément mieux que leurs élèves en matière de recherche documentaire ? Dans ce collège, des collègues investissent le CDI le temps d’une formation, pour voir.
Face au flux d’informations, le pédagogue a un rôle essentiel de guidage à assurer. Médiateur et accompagnateur des savoirs, il organise des parcours pluriels progressifs, il insiste sur les procédures, dans un espace scolaire élargi où les bornes disciplinaires s’estompent.
Au Québec aussi, on forme aux compétences info-documentaires, et en passant d’abord par les nouvelles technologies. Une formation qui repose principalement sur les épaules des enseignants et des bibliothécaires, du primaire au lycée. Pas de paradis québecois, les choses sont difficiles aussi outre-Atlantique.
13 h 45. Dans le car, tout le monde prend place et boucle sa ceinture, j’accompagne, nous sommes quatre pour quarante élèves, quarante enfants. Pour ces collégiens, aller au théâtre en car est déjà un évènement ; se montrer aux autres, aux familles qui seront là, prendre la parole devant un public, tout cela crée beaucoup […]
Les Maisons familiales rurales scolarisent 52 000 élèves en formation scolaire par alternance, de la 4e au BTS, dans l’enseignement agricole. 12 000 sont apprentis dans les secteurs du bâtiment, des métiers de bouche, du commerce, de la mécanique, du service à la personne et de la santé, etc., et plus de 15 000 stagiaires adultes y sont en formation professionnelle continue. Les Maisons familiales rurales sont globalement mal ou peu connues. Pourtant, leurs structures associatives et leurs démarches pédagogiques ne laissent pas indifférents ceux qui s’intéressent à elles.
« Maitresse, est-ce qu’on fait écriture aujourd’hui ? Allez, Maitresse, on peut faire écriture ? On n’en a pas fait mardi ! » Voilà ce que l’on peut entendre dans la classe quasi quotidiennement. Des élèves désireux de « faire écriture », entendre, de poursuivre le travail sur leur texte. La classe lors de l’atelier […]
Les élèves de CM1 de la classe de Patrick, après être venus au musée des Arts et Métiers comme visiteurs, reviendront comme conférenciers des élèves de CM2 de la classe de Xuan qui, à leur tour, deviendront conférenciers auprès des élèves de CP de la classe d’Antoine. De la pile Volta aux bâtons de Neper, ce sont dix mêmes objets sur lesquels s’est appuyé le travail des classes engagées dans le projet. Un projet de liaison entre le musée et la classe, bâti sur une réflexion quant aux diverses modalités d’interaction de transmission de savoirs entre pairs, in situ.
« En littérature, il y a beaucoup de passé et peu de futur, mais il n’y a pas de présent. Au cinéma, il n’y a que du présent qui ne fait que passer. » Jean Luc Godard, Entretien au magazine Lire, 1997
Le cinéma est un art à part entière, avec une profusion d’œuvres qui peuvent trouver une place dans bien des moments d’apprentissage et d’initiation culturelle.
Le cinéma a la force de relier les espaces et les temps : récit d’une projection d’un film se déroulant à Dakar dans un collège de Guyane.
Les rapports personnels que les élèves entretiennent au cinéma rendent imprévisibles leurs réactions face à son utilisation en classe, au détriment des plus belles intentions didactiques. À l’enseignant d’ajuster, entre ce qui résiste et ce qui accroche.
Le cinéma a bien des atouts pour enrôler les élèves dans une réflexion philosophique : partir de références communes, capter l’attention, stimuler la mémoire comme l’investissement émotionnel.
Janvier 1986. Après cinq ans de changement et de virages plus ou moins avoués, la désillusion et la torpeur semblent avoir envahi furtivement le pays. Les élections législatives qui se profilent sanctionneront la gauche au pouvoir. Dans ce contexte morose, mieux vaut se concentrer sur les petites graines plantées dans la période précédente par Alain […]
De la science-fiction : un drôle de mélange, qui peut entretenir de fausses représentations, qui peut être aussi une mine de questionnements à travailler sur les phénomènes physiques.
Le cinéma, ou la science mise en narration : pas d’équations, mais de la recherche incarnée dans un contexte social, historique, menée par des femmes et des hommes qui ont marqué leur époque, et qui impressionnent encore les élèves aujourd’hui.
Découvrir l’univers des mines de charbon au travers de scènes de Germinal, puis d’une visite au pays de Galles, enfin au travers d’un corpus documentaire : le concept d’âge industriel se construit progressivement.
Montrer d’autres versions de contes adaptés au cinéma que celles d’une certaine grande firme américaine bien connue des élèves est une occasion de développer leur imaginaire, de montrer aussi la diversité du traitement par l’image animée des contes traditionnels.
La présence de la caméra, de par les représentations du langage utilisé au cinéma ou à la télévision, du fait aussi des contraintes de format, oblige à s’exprimer différemment : c’est une occasion de travailler, d’apprendre la langue.
Dans le cadre d’une séquence en 4e sur le réalisme en littérature, je montre aux élèves le court métrage Cassandra. Durée : quatre minutes cinquante. Une fille d’environ 12 ans, filmée dans une voiture, explique que c’est dans cette voiture que sa famille et elle ont vécu trois mois. Elle donne des détails sur la vie […]
Apprendre à regarder un film, c’est d’abord comprendre ce qui est raconté, ce qui permet de comprendre la scène, d’être sensible aux personnages. Il sera toujours temps ensuite, si besoin, de recourir au vocabulaire technique de l’analyse filmique.
Est-ce que vous vous souvenez de votre première expérience cinématographique ? Ces élèves ont la chance de découvrir une salle obscure et la magie des films d’animation dès l’âge de 3 ans.
À quelles conditions le passage derrière la caméra peut-il être une occasion de découvrir la complexité de la réalisation d’un film, de travailler des concepts comme celui de « point de vue », de développer des compétences d’écriture ?
S’engager dans le projet de réalisation d’un film, c’est aussi s’engager à le terminer : coute que coute ? Quel est vraiment l’objectif ? Comment sait-on s’il est atteint ?
Ce qui fonctionne n’est pas toujours ce que l’on croit. Donc autant tout essayer.
Un florilège d’activités pour aborder le cinéma aux différents cycles de l’école primaire.
Pratiquer le cinéma nécessite quelques compétences techniques : c’est bien le rôle de la formation que de donner des ressources sur ce point aux collègues qui se lancent dans la réalisation de récits en images avec leurs élèves.
Le film historique est souvent de propagande, plus ou moins affirmée, plus ou moins apparente, toujours délicate à aborder avec des élèves enclins à prendre au pied de l’image ce qu’ils voient.
L’image ne parle pas : il ne faut pas tant éduquer à l’image qu’éduquer aux récits, à leur lecture et leur écriture. Quant au cinéma, le considérer comme un art, porteurs d’expériences esthétiques.
Le cinéma à l’école, c’est le choc des cultures : l’écrit et l’image, l’érudition et la créativité, le contrôle et la spontanéité. Un entretien entre un cinéaste et des enseignants pour conclure ce dossier, en espérant qu’il échappe aux reproches ici faits à l’utilisation du cinéma à l’école, voir qu’il contribue à la renouveler.
La vie de Freddy Minc est colorée, les murs de sa salle de classe le sont aussi, tout comme le hall de son lycée et les toiles qu’il peint lorsque les cours s’achèvent. Enseignant en chimie, il part à l’assaut des idées reçues avec ses collègues et ses élèves en explorant les secrets des pigments et des teintures. Rencontre avec un professeur tout en couleurs.
Tandis que, pour la rentrée 2012-2013, les données ministérielles annoncent que plus de 22 % des élèves de 3e poursuivent leur scolarité en lycée professionnel, cette population scolaire éveille peu l’inspiration de recherche, d’autant moins sur l’épineux sujet de la lecture adolescente. Pourtant, forte de son expérience enseignante de plus de vingt années en lycée professionnel, Josiane Morel s’est penchée avec intérêt sur les rapports entretenus par ses lycéens à la lecture. Les réponses apportées à un questionnaire et quelques entretiens évoquent leurs pratiques de lecture, tant scolaires que personnelles, et leur associent des significations précises.
Je dessine depuis seize ans, mais les premiers dessins du blog datent de ma préparation de concours ; j’ai commencé à publier au début de mon année de stage. À l’origine, c’était un simple coup de tête destiné à mes proches pour raconter mes nouvelles expériences, tout en testant un nouveau support artistique, et finalement, ça […]
TABLETTES. Pascale Michels est professeure de lettres au collège de Gréasque, dans l’académie d’Aix-Marseille. Autour d’elle et de toute une équipe, deux classes de 6e et deux classes de CM2 ont élaboré un parcours touristique accessible aux malvoyants, entre le collège et la nouvelle école de leur village. Il leur a fallu choisir des endroits remarquables, […]
Dans la vie, il y a des petits riens qui font nos joies, des détails insignifiants pour les autres, mais qui nous comblent de bonheur. Alors, chez nous, ça va ! Ça va, quand mon fils à la bibliothèque me dit : « Maman, il est superjoli ce livre ! » Ça va, quand il me dit : […]
Portrait Enseigne-t-on de la même façon dans un pays en paix et dans un pays en guerre ? Sans doute pas. Mais à écouter Carole Chamoun El Bared, enseignante en sciences de la vie et de la Terre au lycée français Nahr-Ibrahim de Beyrouth, on retrouve les mêmes attentions, les mêmes exigences pour permettre à tous […]
Il existe plusieurs conceptions philosophiques de la morale. S’il faut les connaitre, et les faire connaitre aux élèves, ce n’est pas tant pour choisir l’une ou l’autre que pour aiguiser les facultés de jugement. En philosophie, il y a trois grandes familles de théories morales. Comment savoir ce que nous devons faire pour bien faire ? […]
Oser partir des paroles des élèves pour les accompagner dans la construction de leur propre système de références : accueillir leur opinion pour qu’ils accueillent celles d’autrui. Cette année, j’ai mis en place des séances d’éducation laïque à la morale dans le cadre de l’heure de vie de classe de la 3e dont je suis professeur […]
Des pratiques artistiques comme la danse développent à la fois coopération, responsabilité et sensibilité, et ont par là toute leur place dans l’éducation morale de la jeunesse. Quoi de plus étranger que la danse, en relation avec le corps fragile et vulnérable, et la morale, fondée sur la raison et l’intellect ? Dans notre pays très […]
La médiation du texte littéraire permet de garantir la rigueur philosophique des échanges avec les élèves, d’aborder les dilemmes moraux dans leur complexité, de les mettre dans une bonne distance entre l’affect et le concept abstrait. L’enfant ou l’adolescent, dans les balbutiements de la pensée réflexive, ne sait, ne peut, sortir de sa subjectivité. De […]
Une œuvre littéraire ne porte pas nécessairement un projet moralisateur, mais constitue tout de même un support à la réflexion morale en proposant une expérience du monde. Pour André Comte-Sponville, « la morale commence où nous sommes, elle est cette liberté même lorsqu’elle se juge et se commande ». Définie ainsi, la morale (laïque dans la mesure […]
Organiser des discussions philosophiques en classe peut être séduisant, mais aussi aventureux. Quelques balises. L’enseignement de la morale, du civisme et de la laïcité sont régulièrement l’occasion de polémiques : on les accuse dans leur contenu tantôt d’endoctriner les élèves, tantôt de se réduire à un bavardage stérile ; et dans leur forme tantôt de se livrer […]