La laïcité est un principe de la République en France et, dès lors, un pilier de l’école française. Mais qu’en est-il dans les autres pays d’Europe ? État des lieux, analyse et prise de position d’une militante.
La Ligue de l’enseignement plaide pour un rassemblement autour d’une même vision de l’école publique, laïque et émancipatrice.
Les compétences psychosociales (CPS) sont aujourd’hui largement mises en avant comme un levier éducatif favorisant le bienêtre des élèves et la prévention de certaines problématiques scolaires. Toutefois, leur intégration dans l’école soulève des questions éthiques, interroge le principe de laïcité et ouvre la porte à des risques de dérives thérapeutiques, spirituelles ou même sectaires.
Un projet d’écoles, collectif, fédérateur autour de la promotion et de la compréhension partagée du principe de laïcité, dans un lieu où il est essentiel d’affirmer celui-ci. Récompensée par plusieurs prix au niveau national, cette initiative montre comment, dans des territoires fragilisés après les attentats de 2015, l’école peut retisser du lien et faire de la laïcité un sujet de concorde plutôt que de crispation.
Cette année, la Journée de la laïcité de l’Inspé de Nantes n’a pas eu lieu. Les associations qui ont l’habitude d’y participer, dont le CRAP-Cahiers pédagogiques, avaient répondu à l’appel, les enseignants et les étudiants de master MEEF l’attendaient, le 10 décembre 2025. Mais voilà : l’institution en a décidé autrement, en n’autorisant pas un échange de service pour les membres de l’ICEM Pédagogie Freinet. Un refus qui ressemble fort à une sanction pour critique de l’institution.
Avant de s’interroger sur les tensions et difficultés présentes dans l’éducation à la citoyenneté en France, un détour chez nos « cousins » québécois peut nous offrir des éléments de comparaison et de réflexion.
Les enseignants qui désirent se former aux questions de citoyenneté et de valeurs de la République ont un certain nombre de ressources à leur disposition. Parmi celles-ci, Réseau Canopé, opérateur du ministère, peut les outiller pour mieux saisir les enjeux de ces questions tels que les pense aujourd’hui l’institution.
L’éducation à la citoyenneté est une éducation transversale et transdisciplinaire. Pour la piloter, cet établissement a fait le choix de désigner un référent citoyenneté, laïcité et mémoire. Ses actions, qui s’inscrivent dans le cadrage institutionnel, sont très diverses.
Objet de multiples interprétations et récupérations politiques, la laïcité fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt nourri et d’une quantité impressionnante de publications. Dans cette masse, cet ouvrage court et engagé se démarque. Empruntant à la philosophie et à l’histoire, Pierre Kahn appelle ses concitoyens au débat et en pose les termes de manière éclairante.
Depuis près de dix ans, Stéphane Aurousseau intervient en milieu scolaire pour animer des séquences sur les discriminations et la laïcité. Dans son livre Promouvoir la laïcité (en milieu hostile), il partage ses observations et des pistes pour aborder le thème. Rencontre avec un militant de l’éducation populaire pour qui l’enseignement de laïcité ne peut […]
Objet de débats, de polémiques, d’anathèmes et de récupérations, la laïcité demeure un principe fondamental à l’école et pour les pédagogues. Six articles pour définir simplement la laïcité et donner des pistes pour qu’elle demeure un outil qui autorise au service des apprentissages, de l’émancipation et de l’égalité.
Comment, dans la formation des futurs enseignants d’histoire, des peurs et interrogations contemporaines rendent plus complexe l’utilisation de sources historiques. Y a-t-il danger d’autocensure ?
Un regard corrosif sur de grandes actions sans doute spectaculaires, mais qui ne sauraient se substituer à l’action, l’apprentissage de valeurs au quotidien.
L’enseignement de philosophie ne plane pas dans les hautes sphères des idées abstraites, loin du brouhaha du monde : il engage au contraire maitre et élèves dans des controverses sur des valeurs fondamentales, qui touchent vivement chacun. Quelques pistes de médiation ici, en particulier sur la question de la religion : le recours aux textes, l’agnosticisme méthodologique, […]
En septembre 2012, le ministre de l’Éducation annonçait un enseignement de la morale laïque dispensé à tous les niveaux de l’école et nommait des experts pour en définir les contours. Ce dossier propose une compilation de textes parus depuis une vingtaine d’années dans nos colonnes, à l’occasion de publications sur l’éducation à la citoyenneté, […]
Orientation sexuelle, origine familiale, convictions politiques : la curiosité des élèves sur la vie privée des enseignants est inévitable dans diverses circonstances des moments de vie communs. Doit-on répondre à tout ? Comment tenir ensemble nos choix personnels et nos responsabilités professionnelles pour élaborer des réponses éducatives ?
À en croire les élèves, l’école peine à construire rapport positif à la loi, à encourager par exemple à l’honnêteté. L’auteur propose de partir d’une réflexion sur les modèles qui motivent l’action des éducateurs.
Cet article présente une « révolution copernicienne » dans l’enseignement de la morale outre-Quiévrain au cours des années 2000, dont les astronomes de la rue de Grenelle tiendront, espérons-le, le plus grand compte dans les projets en cours.
Le désarroi des professionnels est croissant devant les incivilités quotidiennes, les conflits latents ou violents à l’intérieur des établissements, entre jeunes, entre jeunes et adultes. Il ne suffit pas de brandir des appels à la morale ou à la citoyenneté pour éviter le prêchiprêcha. L’auteur souligne tout l’intérêt d’un enseignement ambitieux du droit.
Pour être largement invoquée dans les débats publics, la laïcité ne va pas de soi, ni comme concept ni comme référence de pratiques assurées dans les écoles : comment transcender les particularismes sans chercher à les réduire ?
Un peu de recul historique, en particulier sur les débuts de la IIIe République, période des fondations d’une certaine conception de l’instruction civique.
L’enseignement de la littérature est censé contribuer à la citoyenneté. Plutôt qu’un travail de référence devant des textes édifiants, cela passe par le développement des compétences de lecture critique, de maitrise de techniques argumentatives.
Un travail de longue haleine pour faire découvrir à de jeunes enfants une palette de pratiques culturelles de tous les continents, dans l’idée, peut-être irénique, que cette approche de la diversité encourage le respect.
Cet article aborde la question délicate de ce qui peut se dire à l’école d’un parcours familial, en l’occurrence dans une trajectoire migratoire. Des questions intimes, mais qui mettent aussi en jeu le vivre ensemble, dans la classe, dans la société.
L’homophobie est fréquente dans le registre des insultes et grossièretés des jeunes. Qu’en faire quand elle envahit la classe par des propos argumentés ?
Un lycée privé en Bourgogne, un lycée arabe en Galilée, un lycée juif à Jérusalem : trois mondes qui se rencontrent pour réfléchir aux identités culturelles et au regard que chacun porte sur l’autre. La qualité des échanges dans le respect de chacun a permis de faire émerger les préjugés et de construire une certaine fraternité.
Mise en place à la suite du rapport Debray en 2001, une formation à la philosophie de la laïcité et à l’enseignement du fait religieux a fait partie du cursus des IUFM.
Paroles d’élèves de 3e sur la laïcité : une notion difficile et délicate, mais des propos pertinents et nuancés.
Qu’est-ce que la philosophie peut apporter à la réflexion sur l’éducation et les pratiques éducatives ? Comment cette démarche invite-t-elle à être attentif aux sens cachés des mots, à la coordination des valeurs défendues en éducation ou à leurs contradictions ?
Avec des accents qui rappellent le XVIIIe siècle et sa confiance dans l’émancipation par les sciences, les auteurs insistent sur le rôle fondamental de la laïcité institutionnelle. Pour l’enseignement des sciences à l’école, ce cadre laïc est le seul qui permette la confrontation active des élèves à la réalité, à l’abri des dogmes.
Au Québec, le débat philosophique semble une voie à encourager pour dégager le cours de morale de ses origines religieuses et proposer une formation qu’on pourrait dire laïque de la personne et du citoyen.
Impliquer les élèves dans l’apprentissage de la vie en commun, belle formule qu’on ne sait pas toujours mettre en pratique. Une école s’y essaie, sans triomphalisme, où les enseignants rappellent et font vivre les valeurs de l’école républicaine.
Réflexion et travail collectif sur les modalités de vie commune dans un établissement, au fil d’une « semaine interdisciplinaire » où chacun va s’accorder une chance de bonheur.
Laisser faire, au lieu de faire à la place de. Une démarche éducative audacieuse : l’autonomie, ça se donne, ça se provoque.
Comment le travail sur les émotions permet à une classe de quitter le mode de la violence pour adopter des comportements de citoyens responsables.
Et si on considérait l’enseignement d’une morale laïque comme un accompagnement plutôt qu’un cours magistral ordinaire ? Il y a en tout cas une posture éducative adéquate à réfléchir.
L’auteur, à partir d’exemples tirés de son quotidien d’enseignant en collège, nous invite à une réflexion sur la question de savoir comment faire pour que l’histoire, mettant en scène la religion, puisse faire sens pour les élèves.
Les convictions religieuses ne peuvent être qu’une affaire privée quand on découvre l’histoire du genre humain, lorsqu’on participe à des discussions à visée philosophique. Si la parole du maitre est alors essentielle, ce n’est pas pour imposer une vérité, mais pour permettre aux enfants de progresser dans l’argumentation de leur point de vue, de découvrir la laïcité comme cadre de la réflexion commune.
Ce dossier traite de « rencontrer le fait religieux à l’école » et non d’enseigner le fait ou les faits religieux, bien qu’il y soit surtout question d’enseignement. En effet, avec le verbe enseigner se pose la question du pluriel ou du singulier pour ce qui suit. Si on choisit le pluriel, on est dans un domaine connu, balisé, étudié par la didactique des disciplines (ce qui ne signifie pas que ce soit toujours facile à enseigner) et surtout, les programmes font obligation d’enseigner un certain nombre de faits religieux, en histoire, en littérature, dans les arts, où ils sont des objets de savoir. L’école s’en préoccupe depuis bien longtemps ! Au singulier, on réintègre des dimensions plus problématiques et plus difficiles encore pour les maitres : la dimension anthropologique du religieux, l’existence du spirituel, de la foi, etc. Faut-il, par exemple, traiter un texte fondateur (la Bible par exemple, en littérature) comme n’importe quel objet culturel, au risque de lui faire perdre son identité religieuse ? Anne Raymonde de Beaudrap pose la question dans ce dossier, et Anne Vézier montre que la laïcité est un cadre qui fixe les conditions qui autorisent chacun, maitre et élèves, à aborder le et les faits religieux à l’école.
La laïcité est un principe constitutionnel qui garantit la liberté de conscience en France : le droit d’avoir ou non une religion, d’en changer, de ne plus en avoir, de manifester ses croyances et ses convictions. Elle repose sur trois piliers : outre le primat de la liberté de conscience, l’égalité de toutes et tous (croyants, quelle qu’en soit la religion, ou non) et la neutralité de l’État en particulier en ce qui concerne ses agents. Elle n’est ni une opinion, ni une idéologie concurrente des religions ou d’autres idéologies.
Résultats d’une recherche doctorale (s’appuyant sur des entretiens, des observations en classe et lors de stages de formation, un sondage), réalisée en partenariat avec l’association Enquête à propos de l’enseignement du fait religieux dans le premier degré.
« T’as pas le droit de critiquer ta religion », « En France, on n’est pas libre, on n’a pas le droit de porter le voile ! », « Rechercher le point de vue de l’Église sur l’euthanasie, on ne peut pas le faire en classe, on est dans un lycée public ! » : comment faire émerger en cours ces remarques d’élèves et comment y répondre ? Un moyen pédagogique a été expérimenté au lycée Ella-Fitzgerald de Vienne-Saint-Romain-en-Gal (38) par une équipe pluridisciplinaire : la préparation et la tenue d’un débat citoyen.
Présentation d’activités ludiques au cycle 3 (CM1, CM2, 6e) développées par l’association Enquête en vue d’enseigner le fait religieux et l’idée de laïcité.
La visite d’édifices religieux peut poser des problèmes même avec de jeunes élèves. Une illustration avec la visite de Notre Dame de Paris avec une classe de cinquième.
À travers les échanges de débats à visée philosophique et de souvenirs de récit de vie d’une ancienne élève qui émergent, l’auteure nous montre aussi que « tout est question de point de vue, de filtres de lecture, de lunettes (ou d’œillères), d’histoires personnelles ou d’envie, de croyances aussi ».
Les relations des jeunes avec les religions ne peuvent plus se décrire par la simple opposition entre croyants et athées. Elles semblent se répartir sur tout l‘éventail qui va de l’athéisme militant à l’intégrisme en passant par toutes sortes de bricolages de croyances et d’ésotérisme des formes qui se manifestent plus fortement depuis les années quatre-vingt-dix.
Quelques propositions faites par le CRAP aux Rencontres 93 de Florac.
Extraits de l’intervention de Jacques George au Colloque de Besançon sur le thème « enseigner les religions à l’École » (1991), conçue surtout pour ouvrir des pistes de réflexion. Après avoir tenté d’analyser ce que peuvent être les attitudes face au phénomène religieux des familles, des élèves et des enseignants, Jacques George pose la question : quel enseignement des religions ?
L’auteure nous donne ici, à propos de l’expression religieuse dans le cadre de la laïcité, les éléments imbriquant, entre autres, pédagogie et droit, pour nous aider à réfléchir à la question qu’elle pose dans son titre.
Pour l’enseignant qui s’apprête à parler de l’histoire des religions, le plus urgent est d’expliquer aux élèves quelle « posture » il va adopter : celle d’un doute qui peut, certes, les déstabiliser, mais qui ouvre les portes de la curiosité intellectuelle.