Accompagner ?

Publié le Lecture : 20 min

Et si on considérait l’enseignement d’une morale laïque comme un accompagnement plutôt qu’un cours magistral ordinaire ? Il y a en tout cas une posture éducative adéquate à réfléchir.

L’accompagnement serait-il autre chose que l’une de ces modes langagières qui envahissent régulièrement les discours et qui disparaissent bientôt ? Nous avons entendu naguère « participation », « communication », et d’autres encore, faire ainsi trois petits tours et puis s’en aller.

Non, toute relation éducative n’est pas accompagnement ! Le pédagogue ne fait pas qu’accompagner ses élèves, l’éducateur spécialisé ne fait pas qu’accompagner les handicapés, et ceux qui aident à l’insertion ne font pas qu’accompagner les exclus ! Certes, tous ces éducateurs font ou peuvent faire de l’accompagnement, mais ils font bien autre chose qui ne doit pas s’appeler ainsi.

Le propre de la posture d’accompagnement est la centralisation inconditionnelle d’une personne sur la personne de l’autre. Trois situations existentielles appellent, nous semble-t-il, ce type de relation.

Dans la première situation, la personne est tellement déstructurée que la vie n’a plus de sens pour elle : elle est proprement en proie à l’absurde, du fait de l’absence de tout horizon et d’une souffrance extrême. L’angoisse de la fin de vie, mais aussi le désespoir qui semble ne laisser que l’issue du suicide paraissent les états extrêmes qu’on peut ranger dans cette catégorie. La question de l’accompagnement est alors : que faire pour que l’autre retrouve une espérance ?

Avec la deuxième situation, la personne est plongée dans une sorte d’hésitation paralysante, voire d’impuissance née d’une perte de repères, ou de la confrontation à des systèmes de croyance, des modes de pensée ou d’action qui bouleversent les manières habituelles de croire, de penser et d’agir. Période de crise, de rupture, sorte de désert où l’on erre sans boussole. La question de l’accompagnement est alors celle-ci : que faire pour que l’autre retrouve un sens, une direction, un orient ?

Enfin, dans la troisième situation, la personne est confrontée à …

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