Morale, droit, ou éducation civique ?
Le désarroi des professionnels est croissant devant les incivilités quotidiennes, les conflits latents ou violents à l’intérieur des établissements, entre jeunes, entre jeunes et adultes. Il ne suffit pas de brandir des appels à la morale ou à la citoyenneté pour éviter le prêchiprêcha. L’auteur souligne tout l’intérêt d’un enseignement ambitieux du droit.
Il n’est guère étrange d’entendre resurgir des mots et des formules qui sonnent clair pour un effet médiatique recherché, mais dont l’apparente simplicité ne saurait masquer les profondes ambigüités. Entre des références implicites à connotation plus ou moins passéiste et des orientations prudemment suggérées pour répondre effectivement aux questions d’aujourd’hui, il est difficile de s’y retrouver. Certes, la morale, la bonne vieille morale de nos pères, fut un fleuron de l’école républicaine : la phrase au tableau chaque matin, la bonhommie juste et bienveillante d’un maitre, par essence, exemplaire, tout cela a été, est encore, étudié, analysé, remémoré, patrimonialisé, nostalgiquement évoqué. Les rappels au passé sont utiles, mais la mémoire reconstruit et parfois trompe, la vigilance critique est ici plus que jamais nécessaire, les analyses historiques sont requises dans toute leur rigueur. Ces analyses, malheureusement trop rares, surtout celles qui ne se limitent pas à l’étude des manuels ou des discours …