Ça faisait marrer les Romains
Comment, dans la formation des futurs enseignants d’histoire, des peurs et interrogations contemporaines rendent plus complexe l’utilisation de sources historiques. Y a-t-il danger d’autocensure ?La première inquiétude a surgi en septembre, dans un cours de didactique avec les étudiants en master 1 qui préparent le Capes d’histoire-géographie. Je ne l’avais pas anticipée. Je proposais l’analyse d’un dossier documentaire sur les relations entre Romains et chrétiens, en leur demandant de choisir un document dont on pourrait se servir pour lancer un cours avec des élèves de 6e ou de 2de, quelque chose qui permettrait de faire venir un questionnement, une problématique, une enquête, et de justifier leur choix.
Ils choisissent presque tous un des textes qu’ils ont étudiés par ailleurs dans les « questions au concours », et qui figurent dans nombre de manuels : un extrait d’une lettre de Pline le Jeune à Trajan (« parce qu’il montre comment fonctionnait l’administration romaine ») ou un extrait de Flavius Joseph (« …