Du Sénégal à la Guyane

Publié le Lecture : 19 min

Le cinéma a la force de relier les espaces et les temps : récit d’une projection d’un film se déroulant à Dakar dans un collège de Guyane.

Mai 2013. Je suis enseignante contractuelle en histoire, géographie et éducation civique dans un collège de Guyane, dans un petit village isolé dans la forêt équatoriale nommé Grand-Santi, situé à la frontière avec le Surinam. J’ai trois classes de 6e et trois classes de 5e. La fin d’année scolaire approche et je suis éreintée : malgré tous mes efforts, je ne me suis jamais vraiment adaptée aux conditions de vie et d’enseignement dans ce village. La population y est majoritairement constituée de Noirs Marrons, des descendants d’anciens esclaves fugitifs qui se sont regroupés et ont appris à vivre dans la forêt, et les enseignants sont majoritairement blancs originaires de métropole et créoles. Sur 125 élèves, 124 sont issus des villages de la commune, le 125e étant le fils d’une enseignante et du responsable des chantiers auprès de la mairie, blanc, originaire de Bretagne.

L’année précédente, j’ai eu l’occasion de créer des supports pédagogiques pour accompagner des projections de films, car j’ai travaillé dans le service des « actions cinéma » de la fédération parisienne de la Ligue de l’enseignement et parce je suis intervenue dans le cours d’une enseignante d’anglais de mon ancien lycée, en section professionnelle « secrétariat audiovisuel ». Cette enseignante ne maitrisant pas complètement le vocabulaire propre à l’analyse d’images, je l’ai accompagnée tout au long d’une expérience pédagogique liée à la projection d’un film en classe.

Connaissant ces expériences…

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