L’art du récit cinématographique

Publié le Lecture : 16 min

L’image ne parle pas : il ne faut pas tant éduquer à l’image qu’éduquer aux récits, à leur lecture et leur écriture. Quant au cinéma, le considérer comme un art, porteurs d’expériences esthétiques.

Quel cinéma ? Quel cinéma ! C’est par cette double interpellation que je suis invité à faire un état des lieux de la présence du cinéma à l’école. Vaste ambition, trop vaste sans doute et qui sera nécessairement subjective.

Quel cinéma ! Le point d’exclamation sous-entend, pour moi, que le cinéma à l’école est un sujet de polémiques, comme en témoigne l’accès de fièvre médiatique récent, à partir de la programmation du film Tomboy de Céline Sciamma dans le cadre du dispositif École et cinéma. Ou comment la mobilisation contre le mariage homosexuel et la volonté de l’école de lutter contre les stéréotypes sexués ricochent, par le cinéma, jusque dans l’école.

Plus que ces polémiques, ce qu’évoque pour moi ce point d’exclamation, c’est la multiplication des écrans qui envahissent notre intimité, l’espace public et, de plus en plus, l’école. Les industries qui les produisent et leurs actions de marketing sont parmi les plus puissantes du monde. Leurs marques, par leurs guerres des formats et des systèmes d’exploitations, nous rendent captifs de leurs enjeux commerciaux. Les enfants les trimballent dans leurs têtes et dans leurs poches.

Aujourd’hui, les écrans s’imposent dans l’espace de la classe. Le vieux téléviseur, qui a remplacé depuis longtemps le projecteur de cinéma, disparait maintenant au profit des ordinateurs, des appareils photos et vidéos numériques, des tableaux interactifs, des tablettes avec leur panoplie d’applicati…

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