EST-CE BIEN UTILE ?
La rentrée fut morose. La droite au pouvoir, confortée par son succès électoral aux législatives de mars, renforce la politique économique d’austérité (gouvernement Barre). Le ministre de l’Éducation nationale réformateur Haby a cédé la place à Christian Beullac, dont l’ambition principale sera d’ouvrir l’école sur l’entreprise, ce qui apparait alors à la grande majorité des enseignants comme une remise en cause de la fonction sociale de l’école. Le numéro 167 des Cahiers pédagogiques se fait l’écho de menaces sur les instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques qui étaient alors l’un des fers de lance de la réflexion sur les apprentissages et les rencontres entre les disciplines. Le dossier consacré à « la géographie, carrefour des disciplines » vient en écho à cette préoccupation de décloisonnement de disciplines qui avait été valorisée par la réforme Haby et qui semble désormais marginalisée. La question du sens des apprentissages y tient une place centrale. Le débat va prendre une tournure politique lorsque le ministère de l’Éducation nationale imposera des stages en entreprise aux lycéens de lycée d’enseignement professionnel (1979). Pour l’heure, l’ouverture de l’école à la vie est d’abord une question pédagogique. Liliane Lurçat expose, dans la rubrique « Chronique de la classe », les résultats d’une enquête sur le sens de l’école auprès d’enfants de deux écoles maternelles (d’une banlieue aisée et d’un quartier populaire de Paris). Dix ans avant la publication des travaux de Bautier, Charlot et Rochex, cette petite enquête se préoccupe sans le nommer du rapport au savoir. Ses conclusions, marquées par leur époque, contribuent au débat toujours bien vivant sur l’utilité des apprentissages.
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Publié le 27 août 2022
11 min