ET APRÈS ? QUE POURRAIT-IL BIEN SE PASSER ?

Publié le Lecture : 25 min

Lorsque l’émission d’hypothèses tourne à la répétition du bonnet qui éclate, qui éclate, qui éclate, on craint à juste titre que le texte ne soit guère compris. Et pourquoi donc cela tourne-t-il ainsi soudain en rond ?

Observer la couverture d’un album pour émettre des hypothèses sur son contenu ; s’arrêter en cours de lecture et s’interroger sur ce qui pourrait bien se passer ensuite : voilà deux pratiques largement répandues dans nos salles de classes, pratiques qui invitent l’élève à émettre des hypothèses afin d’anticiper le déroulement ou le dénouement d’un récit.

Cette stratégie d’anticipation est censée favoriser l’implication active des élèves dans la lecture et susciter leur intérêt ; les programmes d’enseignement français recommandent d’ailleurs la pratique régulière de l’anticipation des évènements et du dénouement d’un texte à l’école élémentaire. La pratique en question nécessite néanmoins que l’élève mette en œuvre un processus complexe de réajustement, car certaines de ses hypothèses vont s’avérer erronées. Au fur et à mesure de la lecture, l’élève doit alors modifier la représentation qu’il s’était construite du récit.

En analysant une séquence en CP, nous avons pu constater combien ce processus était loin d’être automatique, à fortiori dans le cas d’un album complexe étudié dans une classe de milieu défavorisé.

UNE SÉQUENCE AUTOUR DU BONNET ROUGE

La séquence porte sur Le Bonnet rouge, un récit en randonnée au cours duquel un lutin perd son bonnet. Une grenouille s’y installe, bientôt rejointe par une souris, un lapin, un hérisson, un oiseau, un renard, un sanglier, un loup, un ours. À chaque étape est répétée la même ritournelle, dont le charme repose sur des effets de rythme et de rimes : « Tiens, tiens, on dirait que ça bouge, au fond du bonnet rouge… Il y a quelqu’un ? Aussitôt la grenouille, la souris, etc. pointèrent le bout du nez : Oui ! Oui !… On est ici. Viens donc aussi ! » À la fin, ils sont serrés au fond du bonnet, « très très serrés ». Et quand survient une puce, tous les animaux quittent le bonnet en s’écriant « Non ! Non ! ». Et la puce s’installe dans le bonnet. Au-delà de l’apparente simplicité du texte, les raisons du re…

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