BIEN DÉCODER POUR BIEN COMPRENDRE
Que nous disent les recherches sur les relations entre, d’une part, compréhension écrite et décodage en début d’apprentissage de la lecture et, d’autre part, décodage et capacités précoces de prélecture, d’analyse et de discrimination des sons du langage ? Ces recherches permettent-elles de justifier la nécessité d’évaluer et d’entrainer, dès la grande section, certaines capacités ? Sont-elles en phase avec le développement actuel des sciences cognitives de l’éducation et les travaux des fondateurs français des sciences de l’éducation ?
La finalité de la lecture est la compréhension de ce qui est lu. Cependant, une grande partie des difficultés d’apprentissage de la lecture ne provient pas de difficultés de compréhension, mais de difficultés de décodage, c’est-à-dire de difficultés à lire des mots réguliers sur le plan des correspondances graphème-phonème, ce qui est le cas de la plupart des mots du français. Lorsque le décodage se déroule de façon quasi-réflexe, la compréhension s’effectue sans effort cognitif apparent et, chez des adultes ayant des capacités de décodage rapides et précises, les corrélations entre compréhension orale et écrite sont très élevées (c’est-à-dire, ceux qui comprennent bien à l’oral comprennent également bien à l’écrit et vice versa). Par conséquent, l’objectif principal de l’enseignement doit être de permettre à l’enfant de parvenir à comprendre ce qu’il lit de la même façon qu’il comprend ce qu’il entend. Pour atteindre cet objectif, …