Pratiques culturelles, paroles culturelles
À travers l’exemple de la découverte d’un livre de jeunesse, on voit qu’en construisant du sens en réseaux, les enfants deviennent capables de développer des interactions verbales denses, de différents types, qui sont autant de prises de parole culturelles.
Soit l’album Je suis revenu !, de Geoffroy de Pennart (chez Kaléidoscope). À partir de ce titre, comme de beaucoup d’autres, on trouve sur internet, en un condensé immédiatement accessible, tout ce qu’il ne faut pas faire, notamment la multiplication vertigineuse d’exercices sur fiches. Travailler sur l’album ? Plutôt l’exploiter jusqu’à la corde ! Sans surprise, on observe dans les classes, au fil des trimestres, comment ces formes de scolarisation intensive de la littérature de jeunesse réussissent à dissuader les initiatives de lecture plutôt qu’à les encourager. Il y a pourtant une manière radicalement différente d’envisager, à l’école maternelle et au-delà, l’approche et l’utilisation des livres de jeunesse : l’album n’acquiert son statut d’objet de culture qu’inscrit dans une logique d’apprentissages culturels.

La découverte d’une seule illustration de cet album jusqu’alors inconnu doit suggérer différents maillages chez les élèves. Pour obtenir une réelle recherche de la part de chacun d’eux, une telle situation suppose certains vécus culturels préalables, notamment une suffisante familiarité avec l’auteur-illustrateur et une bonne connaissance des contes traditionnels évoqués dans ses albums : c’est pourquoi je situe l’activité au cours des premiers mois de la grande section.
La consigne donnée aux élèves implique d’abord des recherches individuelles silencieuses : « Rapportez tous les livres auxquels cette double page vous fait pe…