ON VA LIRE TOUT ÇA ?
L’obligation de lecture d’œuvres intégrales dans les programmes est loin d’être pour les élèves, et pour les enseignants, une formalité. L’auteure donne ici les contours d’une entrée adoucie dans un tel travail.
« On va lire tout ça ? » Telle est l’interrogation entendue par nombre d’entre nous lorsque nous montrons aux élèves le ou les livres dont nous annonçons la lecture, voire, pire, l’étude ! Or, concernant ce même objet d’effroi et cette même activité écrasante, on peut lire dans les programmes officiels : « L’étude de l’œuvre intégrale s’appuie sur une lecture complète préalablement effectuée par l’élève1. » Le contraste entre les deux discours est saisissant et cette prescription a de quoi interroger, tant lire une œuvre dans son entièreté et en situation de solitude semble n’y être pas envisagé comme problématique, formalité dont l’élève s’acquitterait avant le vrai travail, celui de l’étude.
Quiconque a quelque peu fréquenté le métier sait que les choses sont en fait diablement moins aisées. Face au risque, supposé ou avéré, que ladite étude ne commence qu’avec plus ou moins un tiers de la classe ayant effectué ce préalable, qu’elle ne puisse donc jamais s’appuyer sur rien ni même avoir lieu, nous élaborons force dispositifs de parcours de lecture avec découpages, arrêts sur certains passages ou tout autre type de médiations aidant l’élève à entrer d…