L’introduction précoce et formalisée d’une évaluation par compétences à l’école maternelle pose la question des finalités de cette école et des risques de normalisation de l’apprentissage. Une position qui appelle la poursuite du débat.
Les langues étrangères sont une des disciplines scolaires où la question de l’évaluation des compétences suscite beaucoup d’interrogations. Ne serait-on pas en train d’oublier de faire apprendre avant d’évaluer ? Une réflexion à partir de l’introduction parfois brutale des groupes de compétences en langue au lycée.
En guise de conclusion provisoire, voici dans le débat sur les compétences un article qui nous propose une voie médiane. Un peu de dialectique pour travailler les contradictions.
Témoignages d’enseignants d’une école où de nouvelles modalités d’évaluation remettent en question les fondamentaux des apprentissages et du métier.
Une dynamique collective de travail autour de la maitrise de la langue associant enseignants, chercheurs et formateurs.
Et si on évaluait sans noter ? La mise en place de l’évaluation par compétences du socle commun donne des idées à une équipe d’enseignants de 6e.
Le « cahier de transfert » est un instrument de travail collectif inventé par des enseignants qui nous font suivre sa naissance, son exploitation et sa mise en sommeil au long d’une année d’essais.
Dans ce collège, la direction est partie prenante du projet, et favorise une dynamique de travail collectif.
Un collège tout entier qui, à partir du socle commun, change son organisation jusqu’à redistribuer en partie les disciplines par « pôles », plus adaptés au travail de compétences.
Pour conclure cette seconde exploration des effets de l’introduction des compétences dans le travail quotidien des enseignants et des élèves, quelques pistes de mise en perspective.
Quelques conseils pratiques, proposés par un praticien engagé depuis plusieurs années dans une démarche d’apprentissage avec les compétences.
Analyse d’une note et de diverses modalités d’appréciation qui l’accompagne sur la copie : que disent-elles, à différents niveaux de communication, à l’élève à qui elles sont destinées ?
Essai comparatif dans deux collèges. Le verdict de cet enseignant de mathématiques est sans appel : on travaille mieux sans notes.
Supprimer les notes, certes, mais surtout l’évaluation qui classe, qui paralyse, qui démolit au lieu de soutenir les apprentissages. Et corriger des copies devient intéressant !
L’auteur présente la méthode dite « d‘évaluation par contrat de confiance » pour lutter contre des pratiques de fait injustes. Est-elle compatible avec l’évaluation par compétences ?
Le livret de compétences peut-il être une base de travail ? Appuyé sur de fortes valeurs et une longue expérience, une prise de position pour en faire un usage intelligent et réfléchi qui en subvertisse les modalités d’usage.
Des propositions très concrètes pour faire avec le livret de compétences tel qu’il est, et même faire un peu mieux en termes de pertinence et d’efficacité. C’est possible, sans s’enfermer dans les polémiques réductrices, ni en faire des travaux d’Hercule.
Septembre 1987. Depuis plus d’un an, la droite est revenue au pouvoir et le vocabulaire politique français s’est enrichi du mot « cohabitation ». Le gouvernement Chirac mène une politique de rupture avec les années socialistes. Si la loi Devaquet met les universités en ébullition en 1986, dans le primaire et le secondaire, la rupture n’est pas aussi nette. Le ministre de l’Éducation, René Monory, s’inscrirait même plutôt dans la continuité de son prédécesseur, Jean-Pierre Chevènement, qui avait rompu avec la politique progressiste des années Savary. Dans ce contexte, où « changement » devient synonyme de « réaction », le numéro 256 des Cahiers pédagogiques interroge le rôle de l’évaluation dans le changement des pratiques. Jean-Pierre Astolfi ouvre le dossier en se demandant « l’évaluation, est-ce une bonne entrée en pédagogie ? », tandis que, dans le billet du mois, un rédacteur anonyme s’en prend à l’évaluation des enseignants dans des termes qui seraient tout aussi justes aujourd’hui.
Peut-on noter une compétence ? Doit-on le faire ? Alors que les professeurs de collège ont pour la première fois validé les compétences de leurs élèves pour le palier 3 du socle commun, il est temps que « le terrain » relève le nez, s’arrête, se retourne et regarde le chemin parcouru. Flash-back…
L’établissement scolaire est une création assez récente dans le système éducatif public. Lointains héritiers des collèges de jésuites, les lycées créés par Napoléon en 1802 (45 cette année-là) sont conçus pour une élite bourgeoise. Payants jusqu’en 1932, ils se distinguent de l’école de la république confiée aux communes (la « communale ») car ils abritent des « petites classes », comme le font encore les lycées français à l’étranger. Cet élitisme, qui facilite la « reproduction », disparait en deux étapes : le « collège unique » mis en place par René Haby en 1975 officialise la massification de l’enseignement secondaire puis les réformes du lycée, ainsi que l’alignement du lycée professionnel sur son aîné, marquent la fin du XXe siècle, même si les filières et les classes préparatoires aux grandes écoles perpétuent la ségrégation dans l’établissement secondaire. Ingouvernable depuis le sommet de l’État, il devient un Établissement Public Local d’Enseignement (EPLE), doté d’une (relative) autonomie et d’un conseil d’administration en 1983 dans le cadre des premières lois de décentralisation. À la tête de son exécutif se trouve un chef d’établissement, principal ou proviseur, appartenant au corps du personnel de direction.
L’évaluation du travail des enseignants fait la une de l’actualité. Mais à quoi sert-elle ? Des enjeux à débattre, d’abord entre enseignants
Cet article date de 2007. Bien des travaux ont creusé depuis lors le sillon de l’évaluation, mais la question de la différenciation au moment des contrôles reste une difficulté pour les enseignants.
Il y a bien des manières de prendre en compte les différences entre élèves lorsqu’on les évalue. Il suffit de rompre avec une logique pseudo-égalitaire. Et faire confiance à l’ingéniosité des pédagogues.
Peut-on faire en sorte que l’évaluation, domaine réservé du professeur, soit aussi l’affaire des élèves et serve davantage aux apprentissages qu’à la sélection ? Une expérience conduite concrètement en histoire-géographie au collège et où on utilise des outils formatifs : des grilles de réussite par compétences et le portfolio.
Le bac, le moins mauvais des systèmes d’évaluation des connaissances ? Peut-être. Par rapport au contrôle continu qui désavantage les élèves les plus faibles et renforce presque fatalement « l’effet-établissement ». Par rapport à un système plus décentralisé qui ne peut que renforcer des tendances particularistes et concurrentielles dans le système éducatif. Commençons par former les enseignants à la notation et les présidents de jury à la décision.
Depuis dix ans, j’ai fait le choix d’abord audacieux puis tranquillement assumé, de ne plus mettre de notes à mes élèves, y compris sur leurs bulletins scolaires. Ils sont très régulièrement évalués, mais tous les travaux (devoir à la maison, contrôle, interrogation, travail de groupe, etc.) sont appréciés sur une grille de compétences annuelle avec trois […]
Marie Rivoire, professeur d’anglais, a en effet mis au point une méthode pédagogique fondée sur le travail de groupe et l’utilisation sans état d’âme de la stimulation et de la motivation que procurent les notes aux élèves.
Écrit en mai 68 dans le Hall du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, Les murs ont la parole, éditions Tchou, 1968. Je note, tu notes, nous notons. Des chiffres, des lettres, des gommettes… Est-ce donc un jeu sénile ou puéril, depuis longtemps collé aux murs et criblé d’éclats de rires par Mai 68 ? Si l’auteur inspiré […]
Parce que l’école sélectionne, fait réussir ou échouer, et donc exclut, les parents s’angoissent pour l’avenir scolaire de leurs enfants. Ils ont en permanence les yeux fixés sur les notes obtenues, sans remettre en cause la validité même de cette façon de mesurer les acquis. Faut-il alors supprimer les notes ? Comment utiliser autrement l’évaluation ?
Le modèle évaluatif de l’école reproductrice des structures sociales n’est pas satisfaisant et repose sur la fiction de représentations et d’attentes qui seraient partagées dans tout le système éducatif. L’auteur propose ici le modèle de l’évaluation comme « arrangement » qui rend mieux compte de l’extrême diversité des pratiques évaluatrices des enseignants et du grand nombre de variables qui l’expliquent.
Dans les années soixante-dix, pour « piloter les apprentissages » par l’évaluation, comme le souhaite ci-dessus Philippe Perrenoud, on s’inspira fortement de la pédagogie par objectifs (PPO). Plus qu’un objectif à proprement parler, cette théorie entend déterminer très précisément ce qui est attendu comme résultat en partant d’un comportement observable, des conditions dans lesquelles le comportement souhaité doit se manifester, du niveau auquel doit se situer l’activité terminale de l’apprenant et des critères qui serviront à évaluer le résultat.
On connaît maintenant le concept d’évaluation formative introduit par Scriven en 1967. Fille aînée de la pédagogie par objectifs, l’évaluation dite « formative », se proposait : D’affiner les outils de mesure pour mieux évaluer la maîtrise des objectifs plus soigneusement définis. […] D’apporter des informations sur la démarche de production de l’élève, et non […]
Quelques conseils pratiques, proposés par un praticien engagé depuis plusieurs années dans une démarche d’apprentissage avec les compétences.
C’est un jeune quasi centenaire dont la pensée pédagogique a irrigué l’école… André de Peretti, poète et scientifique, ingénieur et dramaturge, écrivain et professeur, parlementaire et diplomate, psychosociologue et « formateur de formateurs », internationalement reconnu : un homme aux multiples savoirs. André de Peretti, né en 1916, est diplômé de l’École polytechnique et docteur ès lettres et sciences humaines. […]
Ouvrages généraux Astolfi (J.-P.), 1997, L’erreur, un outil pour enseigner, Paris, ESF. Cet ancien rédacteur en chef des Cahiers avait su trouver la formule heureuse pour accorder à l’erreur toute son importance dans l’apprentissage. Maubant (Ph.), Groux, (D.), Roger (L.) (dir.), 2014, Cultures de l’évaluation et dérives évaluatives, Paris, L’Harmattan, collection éducation comparée. Fait le […]
L’évaluation semble bien se porter. Les publications récentes se succèdent à son propos et, au fond, elle constitue un assez bon révélateur des pratiques pédagogiques et des modèles d’apprentissages auxquels nous nous référons, au moins implicitement. Mais le sujet n’est-il pas encore épuisé ? Et que peut-il encore y avoir de neuf à en dire ?
Chapo Critères évalués (1) Être capable de… Échelle d’évaluation (2) Appréciations verbales (positives et négatives) (3) Oui Non A (15 à 20) B (10 à 14) C (5 à 9) D (0 à 4) A. Communiquer (4) 1. Présence 2. Audibilité 3. Oralité B. Exposer avec méthode (5) 1. Présentation du sujet 2. Annonce du plan 3. Développement : – argumentation – démonstration – discussion […]
e ministre Benoît Hamon, le 24 juin 2014, lançait une « conférence nationale sur l’évaluation des élèves ». Il déclarait : « L’évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir. Il faut qu’elle soit plus exigeante, qu’elle en dise plus, qu’elle soit bienveillante et […]
Évaluer ne va pas sans se former ! Le QQOQCP pour remplir la besace de tout enseignant
Avant d’aborder l’actualité récente de la notation (conférence nationale de décembre 2014) et les débats qu’elle provoque encore, il nous faut regarder dans le rétroviseur du temps pour voir que ce n’est pas d’aujourd’hui qu’elle a été observée, étudiée et critiquée comme outil de communication de l’évaluation.
L’apprentissage du philosopher s’inscrit dans un processus qui doit prévoir l’évaluation d’exercices spécifiques sur chacun des objectifs-noyaux : définir une notion (conceptualiser), poser un problème (problématiser), soutenir une thèse (argumenter)…
Évaluer la créativité, la validité de l’émotion, l’investissement personnel dans l’écriture d’invention du baccalauréat de français ne va pas sans poser quelques problèmes. Les grilles critériées suffisent-elles à réduire l’incertitude évaluatrice du professeur de lettres ?
L’apprentissage du débat en seconde : comment, grâce à une évaluation personnelle bien pensée, définir des repères pour aider les élèves à progresser.
De nombreuses recherches, notamment sur la motivation, montrent qu’il faut distinguer au moins deux grandes catégories d’évaluation : – l’évaluation contrôlante, ou normative, – l’évaluation informative. Leurs mécanismes et leurs effets sont divergents quand on utilise la note. Et les résultats scolaires pour ces deux types d’évaluation dépendent encore du climat de la classe et de l’établissement, comme nous le montre ici Alain Lieury, chercheur en psychologie cognitive, dans les extraits de deux de ses articles.
1987… Les interrogations existentielles d’un professeur devant l’idée même d’évaluation… Elle poussait ses questions à leurs limites même car elle savait, d’expérience sûre, qu’elles n’avaient pas de réponses univoques et totalement assurées… La seule chose dont elle était certaine, c’est que la vie déborde toujours des cadres et des grilles de nos évaluations scolaires pour s’échapper et s’en aller ailleurs ! Les questions que se pose ici Chantal Cambronne-Desvignes n’ont rien perdu de leur acuité et de leur vitalité. On sent passer encore dans sa voix le souffle puissant des remises en cause radicales que Mai 68 a soulevées…
Le baccalauréat n’explique pas tout. Les enseignants de lycée sont marqués par la responsabilité de faire réussir les élèves à l’examen. Le barème du bac règne en maître, mais pourquoi devrait-il être présent dès le premier trimestre de la classe de 2de ? Comment s’y prendre autrement avec les dispositifs d’évaluation ?
Dans plusieurs classes uniques d’une école en ZEP d’un quartier populaire de la ville de Montpellier, les enfants, de 5 à 12 ans, proviennent en grande majorité de familles maghrébines. L’équipe des maîtres s’appuie sur les pédagogies Freinet et institutionnelle. Les méthodes d’évaluation aussi n’y sont pas traditionnelles…
Les ceintures de la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury sont un outil particulièrement efficace dans une approche par compétences. Un exemple très élaboré pour la compétence « intervenir à l’oral devant un public » en classe de 1re, en cours d’histoire-géographie. La classe travaille la compétence « intervenir à l’oral devant un public ». Le thème est la place […]
Pour lutter contre des pratiques injustes induites par les dérives de la courbe « en cloche » de Gauss, André Antibi présente la méthode dite « d’évaluation par contrat de confiance » : EPCC. Cette méthode est-elle compatible avec l’évaluation par compétences ?, lui a-t-on demandé en 2011 Voici sa réponse.
L’évaluation est devenue la star des méthodes pour juger de la réussite, de l’efficacité ou des échecs des hommes, de leurs actions et de leurs projets. Au point qu’on parle désormais d’une « culture » de l’évaluation qui procède même à l’évaluation de sa propre « culture »… En 2011, sur le site de la revue Sciences Humaines, on […]