Jean-Pierre Astolfi
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Notre très regretté ami, Jean-Pierre Astolfi, ancien rédacteur en chef des Cahiers, répliqua avec humour et pertinence à Gilles de Robien, ministre de l’Éducation nationale d’alors, qui voulait imposer une méthode unique aux maîtres d’école.
L’évaluation semble bien se porter. Les publications récentes se succèdent à son propos et, au fond, elle constitue un assez bon révélateur des pratiques pédagogiques et des modèles d’apprentissages auxquels nous nous référons, au moins implicitement. Mais le sujet n’est-il pas encore épuisé ? Et que peut-il encore y avoir de neuf à en dire ?
Les élèves passent une fraction non négligeable de leur temps scolaire à essayer de comprendre ce que l’on attend d’eux, à ajuster leurs comportements et réponses à ce qu’ils croient décoder dans la situation. Une critique d’une pédagogie qui se dit « active », mais qui ne se pose pas suffisamment la question de l’explicitation. […]
Parmi les nombreux dossiers des Cahiers que Jean-Pierre Astolfi a coordonnés, celui sur l’évaluation a été marquant (il a ensuite été augmenté dans un épais hors-série, dont on peut retrouver les meilleures contributions dans le hors-série numérique sur l’évaluation, une belle continuité d’une réflexion toujours vivante).
Plus souvent qu’on ne le croit, certains cours fonctionnent comme si l’on tournait autour d’un contenu à enseigner, mais sans s’y attaquer véritablement. Comme si l’on pratiquait ce qu’on pourrait appeler une « esquive didactique ».
Il est ici question du ratage de ministères se voulant progressistes concernant l’évolution des contenus scolaires. On n’en a pas fini avec les querelles autour des programmes, les frilosités, les détricotages. Il est bon de s’appuyer sur ce genre d’articles pour y voir plus clair sur le « quoi enseigner », souvent mis au second plan.
Une lumineuse préface à l’ouvrage de Rolande Hatem Écrire et réécrire dans toutes les disciplines, paru à l’ex-CRDP d’Amiens en 2006, où l’on peut lire en creux la conception qu’avait Jean-Pierre Astolfi de l’écriture, comme dit plus haut dans ce dossier.
Dans un dossier des Cahiers en plusieurs volets, intitulé « Apprendre », Jean-Pierre Astolfi montrait en quoi il ne fallait pas éliminer ou contourner l’obstacle, mais au contraire l’affronter, condition pour apprendre « vraiment ».
Qui pose le problème ? Quand c’est le professeur seul, cela pose problème. Souci constant chez Jean-Pierre Astolfi de se centrer sur l’élève qui apprend et qui doit apprendre à poser les problèmes justement.
Expérimenter en sciences, oui, bien sûr ! Mais pour quoi faire ? Et toujours l’inlassable question : à quelles conditions cela permet-il d’apprendre sur le long terme ? S’il est un secteur des apprentissages où la place de l’expérience parait s’imposer de la façon la plus naturelle et la plus légitime qui soit, c’est bien […]