Le complexe de l’évaluation
Parmi les nombreux dossiers des Cahiers que Jean-Pierre Astolfi a coordonnés, celui sur l’évaluation a été marquant (il a ensuite été augmenté dans un épais hors-série, dont on peut retrouver les meilleures contributions dans le hors-série numérique sur l’évaluation, une belle continuité d’une réflexion toujours vivante).
L’évaluation semble bien se porter. Les publications récentes se succèdent à son propos et, au fond, elle constitue un assez bon révélateur des pratiques pédagogiques et des modèles d’apprentissages auxquels nous nous référons, au moins implicitement. Mais le sujet n’est-il pas encore épuisé ? Et que peut-il encore y avoir de neuf à en dire ?
Si, apparemment, il y a toujours à dire, c’est qu’il s’agit d’un de ces thèmes complexes (ce qui ne veut pas seulement dire compliqués), pour lesquels plusieurs points de vue d’apparence contradictoire doivent, d’une manière ou d’une autre, coexister et s’imbriquer. Chaque point de vue défendu, chaque outil construit, en oublie ou en minore nécessairement d’autres, lesquels reviennent au premier plan dans les publications suivantes. C’est ce qu’a montré André de Peretti dans un chapitre de Pour une école plurielle