Ambigüités autour des savoirs
Il est ici question du ratage de ministères se voulant progressistes concernant l’évolution des contenus scolaires. On n’en a pas fini avec les querelles autour des programmes, les frilosités, les détricotages. Il est bon de s’appuyer sur ce genre d’articles pour y voir plus clair sur le « quoi enseigner », souvent mis au second plan.
L’une des choses qui, probablement, aura marqué le passage de la gauche au pouvoir, dans le domaine de l’éducation, c’est bien le décalage formidable entre les réflexions de fond auxquelles ont procédé les différentes commissions (Soubré, de Peretti, Legrand, Prost, Favret, etc.) et la modestie des transformations concrètes qu’elles auront inspirées. Cela apparait nettement dans le domaine de la rénovation des contenus d’enseignement qui se traduit actuellement par la publication de nouveaux programmes. Ce qui a été ici raté, c’est l’embrayage des « commissions horizontales » par niveaux (héritières des commissions ministérielles citées) et des « commissions verticales » par disciplines. Il était absolument nécessaire que le travail des secondes soit cadré, orienté, régulé par celui des premières, afin de parvenir à une cohérence satisfaisante. On peut toujours traduire cela comme la volonté d’un diktat de la pédagogie ou de la méthodologie sur la spécificité des disciplines (ah ! la spécificité des disciplines…), mais c’est là une belle façon d’éluder les vrais problèmes.
Le vrai problème, c’est que s’il revient à des instances de type politique de définir clairement le projet d’éducation (et les grandes commissions se sont honorablement acquittées de cette tâche), l’important est, ensuite, d’en rendre opérationnels les résultats. Il fallait s’efforcer de traduire, discipline par discipl…