L’essentiel : l’évaluation formative
Le livret de compétences peut-il être une base de travail ? Appuyé sur de fortes valeurs et une longue expérience, une prise de position pour en faire un usage intelligent et réfléchi qui en subvertisse les modalités d’usage.
Je viens de recevoir deux messages qui s’élèvent contre le livret personnel de compétences mis en place dans les collèges. L’un émane d’un professeur de l’académie de Créteil qui refuse, entre autres « d’être cantonné dans le rôle d’un cocheur de cases, d’un valideur d’improbables compétences et de leur plus improbable livret. Faut-il que nos enfants se promènent désormais avec un livret recensant leurs compétences ? Un passeport pour déambuler de poste précaire en emploi à durée déterminée ? Il s’agit bien de compétences, là où nous travaillons laborieusement à éveiller les appétences de ces adolescents gavés de publicité et acquis à toutes les immédiates facilités de la technologie et du commerce ! »
Le second est signé par le collectif de résistance à la base élèves, pour lequel ce livret prend place dans la « chaine » du dispositif de contrôle des élèves en traçant une trajectoire depuis le « livret ouvrier » de Jean Valjean pour aboutir à « pire que le livret ouvrier, le livret de compétences » : « l’État français préparerait un fichier informatisé de compétences qui concernera tout individu dès sa petite enfance ».
Tous deux mettent en évidence les risques réels de perversion d’un système qui visait, à l’origine, à rendre l’apprenant acteur de son apprentissage par une évaluation dont il est lui-même acteur. Mais que reste-t-il à ces enseignants qui refusent le livret …