Le procès de la note

Depuis dix ans, j’ai fait le choix d’abord audacieux puis tranquillement assumé, de ne plus mettre de notes à mes élèves, y compris sur leurs bulletins scolaires. Ils sont très régulièrement évalués, mais tous les travaux (devoir à la maison, contrôle, interrogation, travail de groupe, etc.) sont appréciés sur une grille de compétences annuelle avec trois codes : acquis, en cours d’acquisition ou non acquis. Cette initiative m’a sans doute conduit plus loin que je ne l’imaginais au départ, en rejaillissant sur tous mes gestes professionnels, bousculant ma relation aux élèves, aux équipes d’enseignants ou au système éducatif.
Entendre l’élève qui a fait peu d’efforts se réjouir d’avoir obtenu « la moyenne » me semble toujours aussi pénible. Je commence donc chaque année scolaire, calculs à l’appui, par un sabordage en règle de la notation à destination de mes élèves. Elle est inadéquate, non scien…