Pour esquisser un portrait de l’apprentissage à l’heure du numérique, l’auteur suit trois contours : celui du rapport qu’un élève entretient aujourd’hui avec le savoir, celui des temps et des espaces éducatifs et enfin, celui l’importance du collectif dans l’apprentissage.
« Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance. Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. » (Michel Serres)
Enthousiasme, agacement, incrédulité, le numérique à l’école ou ailleurs ne laisse pas indifférent. Au-delà des réflexions, c’est aussi une question d’affinité. Nous avons donc tenté le micro-trottoir pour en savoir plus. Mais pas dans n’importe quelles rues : nous avons interrogé les passants sur les boulevards de Twitter, Facebook et de la liste de diffusion du CRAP. Florilège…
Cet article est issu d’une recherche menée dans une classe composite de 5e et 6e années primaire (onze et douze ans) en Communauté française de Belgique. Comment utiliser un logiciel d’écriture de manière à faire réellement progresser les élèves ?
En classe, les situations en langue étrangère sont avant tout jouées. Internet ouvre vers des situations authentiques de communication, permettant de travailler les compétences du cadre européen.
Cet article a été écrit à trente-quatre mains par un groupe d’élèves de terminales S, dans le cadre d’un travail d’éducation civique, juridique et sociale. De nos jours, le numérique est présent dans toutes nos poches, à nous, élèves, facilitant notre accès à l’information et notre sociabilité. Mais on peut se demander si cet […]
Une partie d’échecs à distance entre une classe et un professeur. Tout est fait collectivement grâce au vidéo projecteur et à l’échiquier mural. Drôle de jeu !
Faire écrire en anglais des élèves en difficulté scolaire ? Un défi relevé avec enthousiasme.
Cet article ne vous dira rien sur votre prochaine facture de vidange, mais vous apprendra beaucoup sur l’utilisation pertinente d’un logiciel de géométrie.
D’utilisations ponctuelles sur un projet en occasions de travail en équipe pour les enseignants, les tablettes dans ce lycée professionnel sont devenues des incontournables !
Oui les nouvelles technologies recèlent leurs dangers. Non les utilisateurs ne les utilisent pas sans réflexion. Pour témoin, cet échange par billets et commentaires interposés, extrait du blog de Bruno Devauchelle.
Mettre en relation des êtres qui diffèrent par leur lieu, leur culture, leur histoire, voilà qui les transforme. Porté par cette conviction, l’auteur s’est employé à bâtir une pédagogie reposant sur la logique du réseau et s’appuyant sur les outils numériques mobiles. Magie transformatrice.
Comment tenter d’éviter à des étudiants un échec ?
Un bilan de la célèbre expérience landaise « un collégien un ordinateur portable », financée et accompagnée par le conseil général.
La rengaine est aujourd’hui bien connue : les jeunes disposeraient d’une maitrise innée et inédite de l’environnement numérique, là où de nombreux enseignants peineraient à trouver leur place. Qu’en est-il vraiment ?
L’arrivée de l’ordinateur, puis d’internet, est en train de remettre en question la quasi-exclusivité de « l’école pour apprendre », en imposant l’idée que d’autres lieux, d’autres modalités sont désormais concurrents.
Présentation d’une école inspirée par l’éducation holistique, quelque part dans les montagnes, à la recherche d’une émancipation par les savoirs, d’une relation différente à l’environnement et aux autres.
En éducation prioritaire encore plus qu’ailleurs, il faut se poser la question de ce qui est essentiel dans les contenus et les activités d’apprentissage, en interrogeant des réponses trop simples du côté des exercices mécaniques ou de la mémorisation.
Un blog qui fonctionne depuis trois ans dans une classe de CM1-CM2. Qu’offre-t-il de plus ou de différent ? Et avec quels effets sur les apprentissages des élèves ?
C’est rarement une classe complète qui vient au CDI, c’est le plus souvent des fréquentations ponctuelles, mais c’est parfois tout de même difficile. Comment faire ?
Un texte pour provoquer la réflexion, qui ne confond pas les conditions de l’apprendre (l’enseignement) et l’apprendre lui-même. Le coeur de la démonstration : on enseigne aujourd’hui différemment d’hier, mais on apprend aujourd’hui comme hier.
Apprenons-nous aujourd’hui comme hier? Non, nous dit Françoise Clerc, parce que les savoirs, l’usage que nous en faisons et nos représentations de l’apprentissage ont changé.
Bruno Tardieu est délégué national du mouvement ATD Quart Monde. Il a accepté de nous parler de ce que signifie apprendre, et l’école, pour lui-même et pour ceux qu’il côtoie depuis si longtemps à ATD Quart Monde.
Yves Reuter est bien connu de nos lecteurs. Pour ses travaux de recherche, bien sûr. Mais aussi parce qu’il sait user de l’aiguillon patient que l’on réserve à ceux que l’on aime bien…
L’envie d’apprendre n’est pas spontanée, la relation au savoir comme à l’enseignant est complexe. Mais bien des marges et des espaces existent face aux enfants qui refusent, à condition de ne pas les enfermer dans le fatalisme.
Comment essayer d’atteindre ces moments de grâce où, enfin, des élèves résistants se mobilisent sur la tâche ? Une invitation à persévérer et ne jamais désespérer des élèves.
Lorsque la fréquentation d’exclus du système scolaire permet de comprendre leur réconciliation avec le savoir et le désir d’apprendre
Apprendre, comprendre : comment mieux saisir le je-ne-sais-quoi qui change tout dans la situation pédagogique et permet qu’intention d’enseigner et volonté de comprendre se rejoignent ? Une invitation à redonner, par le risque assumé de penser, toute sa dimension intellectuelle au métier d’enseignant pour « défossiliser » le savoir et donner envie d’apprendre et de comprendre.
Annie Ernaux est sans doute un des auteurs majeurs de notre temps. La lecture de son œuvre ne manque pas d’être éclairante pour les enseignants qui voudraient notamment réfléchir à ce que peuvent être les fractures sociales et culturelles. Et son livre Les Années (Folio, 2010), évoqué ici, est une chronique passionnante qui nous mène au XXIe siècle dont il est question dans ce dossier.
Le mouvement permanent de nos sociétés met l’adulte en situation d’apprentissage tout au long de sa vie. Des conditions sont cependant requises pour que ces apprentissages prennent sens et contribuent à son développement.
Cette question faussement irrévérencieuse, posée notamment par les acteurs éducatifs qui s’inscrivaient dans le courant de la pédagogie institutionnelle, procédait d’une prise de conscience qu’il ne suffit pas de mettre des enfants ensemble dans une classe avec des enseignants pour qu’il y ait éducation. En 2012, cette même interrogation nous revient.
Si ce qui compte pour les adolescents se joue ailleurs qu’à l’école, comment cette institution devrait-elle redéfinir son projet global pour retrouver toute sa place dans la formation, l’instruction et l’éducation des jeunes ?
Quelques anecdotes familiales empruntées à des moments vécus par un père et sa fille permettent de mieux comprendre le tissage permanent qui s’effectue entre apprentissages formels et informels. Un tissage facilité par les médiations qui aident à la construction des liens.
L’école reste un lieu spécifique, indispensable pour apprendre, en dehors de la famille, en retrait de la vie sociale. Elle est dans le même temps pleinement incluse dans la société, à la fois victime et actrice de ces évolutions.
Des extraits d’une discussion à visée philosophique avec Michel Tozzi (M.T.), dans une classe unique d’école primaire de ZEP à Montpellier, nous donnent un aperçu de ce qu’est « apprendre » pour ces jeunes enfants. Traces d’une pensée qui se cherche.
« Tous les apprentissages sont informels ou ne peuvent pas être », nous dit l’auteure : de quoi bousculer la forme scolaire et ceux qui en sont les gardiens.
En quoi et comment ce qu’on appelle diplôme a-t-il été construit historiquement pour attester des savoirs ? En quoi ce processus est-il aujourd’hui remis en cause et, de ce fait, remet-il en cause le monopole de transmission des savoirs par l’école ?
Une thèse de doctorat en 2010 a conduit l’auteure à s’intéresser plus particulièrement à ce que l’Éducation nationale en France dénomme « vie scolaire », en articulant l’idée d’une vie quotidienne au sein des établissements à la nécessité d’aménager des espaces pour penser, prérequis à tout apprentissage.
Ils sont en 3e. Ils ne savent ni se taire, ni obéir, ni rester attentifs. Et pourtant, là, pendant douze minutes suspendues…
On peut changer des conditions pour qu’un élève, ou un enseignant même, puissent apprendre. Mais qu’en est-il d’un établissement ?
Sceptiques invétérés et adeptes enthousiastes s’accorderont-ils, à l’issue de la concertation pour un nouveau projet pour l’école, sur l’indispensable place du numérique à l’école ? C’est le souhait de l’auteur.
Comment l’école se laisse-t-elle interpeler par les transformations engendrées par internet ? Comment anticipe-t-elle les effets d’internet sur la manière d’apprendre et donc d’enseigner ? Comment met-elle en chantier d’autres façons de penser l’école ?
L’observation de ce qui se passe et se joue concrètement dans les temps et les lieux d’apprentissage autour des outils et des ressources numériques oblige à sortir des envolées lyriques ou catastrophistes : machine, que ferons-nous de toi ?
En examinant les lignes de force qui traversent les évolutions liées au numérique, on peut imaginer les transformations qui s’esquissent du côté du rapport aux savoirs, de l’apprentissage et, plus globalement, du système scolaire.
Quels contenus enseigner ? Pour préparer à quelle vie ? Répondre à ces questions suppose de faire preuve de lucidité et de courage politique.
Lire, écrire, compter, c’est entendu. Et quoi d’autre ? Apprendre à projeter, à évaluer et à communiquer, nous suggère l’auteur.
Au moment où cet article sera publié, les conclusions de la concertation nationale engagée sur la refondation de l’école seront connues. L’un des membres actifs de ce chantier développe ici ses convictions sur le travail à effectuer quant aux contenus d’enseignement.
Former à l’exercice d’un métier, certes, mais encore ? Dans un contexte économique incertain, il faut définir les compétences générales nécessaires à l’insertion professionnelle, être capable de montrer leur pertinence à des jeunes entrant dans « la vraie vie ».
Ce qu’on doit apprendre, ce qu’on fait apprendre aux enfants est une question éminemment politique, et ce, depuis, au moins, Condorcet. Apprendre n’est pas un acte individuel, c’est un enjeu démocratique.
À défaut de rédiger la loi d’orientation pour l’école qui sera votée en 2048, prenons un peu de recul historique sur les savoirs enseignés et leur ancrage dans des causalités sociales, voire économiques.