La double éducation des adolescents
Si ce qui compte pour les adolescents se joue ailleurs qu’à l’école, comment cette institution devrait-elle redéfinir son projet global pour retrouver toute sa place dans la formation, l’instruction et l’éducation des jeunes ?
Les élèves et les chercheurs en éducation n’ont pas le même usage du mot « apprendre ». Pour ces derniers, l’usage du verbe est très souvent intransitif : l’apprentissage, l’apprendre, ses théories n’ont guère besoin d’objet. Pour les élèves au contraire, le verbe est en général utilisé de manière transitive : apprendre ses leçons, apprendre le français ou les maths, apprendre le cours, apprendre ses notes de cours. Mais élèves et chercheurs en éducation se retrouvent pour considérer les apprentissages scolaires comme un continent parfois bien problématique, qu’il soit appréhendé, pour les premiers, au travers d’expériences, de doute, d’échec, de malaise ou de détachement feint, ou, pour les seconds, au travers de l’identification de problèmes cognitifs, de motivation, de rapport au savoir, de sens des études ou d’estime de soi. Aujourd’hui, aucun élève ne peut échapper aux défis et difficultés des apprentissages scolaires. Même les adolescents…