Réconcilier les fâchés de l’école avec le savoir

Lorsque la fréquentation d’exclus du système scolaire permet de comprendre leur réconciliation avec le savoir et le désir d’apprendre
Ma pratique de l’accompagnement de candidats, par la voie de la VAE, à des diplômes très divers (du niveau IV jusqu’au niveau I) m’a convaincu du caractère non fondé de la représentation simpliste et manichéenne qui sépare les vils savoir-faire d’expérience et les nobles savoirs théoriques et méthodologiques dispensés dans les écoles.
Cette conviction s’est nourrie du constat fait à de nombreuses reprises qu’ à l’issue du processus de préparation accompagnée de leur dossier de validation, et après obtention du diplôme ou du titre visé, des candidats en délicatesse avec le monde de l’école et ses modalités d’apprendre se sont engagés dans des processus universitaires de formation qu’ils se refusaient jusqu’alors. Non seulement ils se lançaient dans les études, mais manifestaient un vrai appétit d’apprendre, le plus souvent avec succès. D’où l’hypothèse qu’il se passe probablement quelque chose de particulier en validation des acquis de l’expérience qui, loin de séparer le sujet du savoir théorique, l’en rapproche et le réconcilie avec ce contre quoi il était fâché.
La VAE est une modalité d’analyse des pratiques. Elle témoigne du caractère hautement formateur du retour réflexif sur expérience. « On n’apprend jamais aux gens que ce qu’ils savent déjà ». Sous le paradoxe apparent de cette formule de Guy Jobert s’énoncent des choses essentielles.
Celui qui apprend part de ce qu’il sait. Mais parfois, ce que l’on sait empêche d’apprendre : des savoirs peuvent faire obstacle à la construction d’un nouveau savoir qui obligerait à abandonner l’ancien. Apprendre passe souvent par un désapprendre initial. À l’inverse, lorsque les savoirs initiaux et quotidiens dont part l’apprenant rencontrent de nouveaux savoirs (plus scientifiques) qui leur correspondent, les écl…