Du jeu pour penser, des enjeux pour apprendre
Une thèse de doctorat en 2010 a conduit l’auteure à s’intéresser plus particulièrement à ce que l’Éducation nationale en France dénomme « vie scolaire », en articulant l’idée d’une vie quotidienne au sein des établissements à la nécessité d’aménager des espaces pour penser, prérequis à tout apprentissage.
La vie quotidienne, qui se déroule, pour une grande partie, dans des espaces publics ou semi-publics, ne souffre pas de se laisser réduire à une norme comportementale décrétée, elle est toujours évènementielle, nécessairement soumise à une part irréductible d’inattendu et de spontanéité. C’est ce que nous enseignent philosophes, sociologues, psychanalystes qui se sont intéressés aux rapports entre individus et espaces ou encore entre sujets et institutions, autrement dit aux lieux d’exercice du politique et de la subjectivité, lieux de vie et d’apprentissage du vivre ensemble, s’il en est. Ainsi, élèves, enseignants, personnels vivent une partie de leur vie quotidienne à l’intérieur de ce que l’institution a établi et qu’ils ont le pouvoir de transformer.
Ce sont dans les entités localisées de l’institution Éducation nationale que se tisse la vie scolaire, elle-même soumise à l’exigence de l’autoconservation (ou encore de l’institué) mais aussi aux forces de renouvèlement (d…