Contenus d’enseignement : ce que refondation voudrait dire
Au moment où cet article sera publié, les conclusions de la concertation nationale engagée sur la refondation de l’école seront connues. L’un des membres actifs de ce chantier développe ici ses convictions sur le travail à effectuer quant aux contenus d’enseignement.
La question des contenus d’enseignement, nous l’avons nous-mêmes souvent remarqué, est une question que les responsables délaissent souvent, ou remettent au lendemain, sans qu’on sache trop si c’est parce qu’elle est trop simple (on prépare dans le détail de son organisation et de son financement la réforme de tel niveau d’enseignement puis, quand approche la date de son entrée en vigueur, on commande à la hâte des « programmes » à quelques experts ad hoc) ou parce qu’elle est trop complexe, au croisement de questions redoutables sur les savoirs et des intérêts d’intransigeants lobbys disciplinaires.
Notre point de vue est inverse : l’école n’a pas d’autre justification que la réalisation en son sein d’un certain nombre d’apprentissages. Si « ce qu’on y apprend » est indifférent, alors on voit mal comment on peut, à l’échelle de la communauté nationale, soutenir le moindre projet d’école. Sans avoir ici le temps de le démontrer, pourtant, disons que le système scolaire français présente un certain nombre de symptômes (l’obsession de la sélection, l’acceptation d’une situation de désordre dans les contenus enseignés, l’évaluation des élèves aux examens comme dans les conseils de classes par calcul de « moyennes », faiblesse de la recherche sur ces sujets, etc.) qui montrent un état…