Ce qui se gagne, ce qui se perd
L’observation de ce qui se passe et se joue concrètement dans les temps et les lieux d’apprentissage autour des outils et des ressources numériques oblige à sortir des envolées lyriques ou catastrophistes : machine, que ferons-nous de toi ?
Les technologies numériques se sont installées dans l’école, de façon inégale, mais irréversible. Les débats en « pour » ou « contre » sont donc dépassés. La question est plutôt de réfléchir à ce que ces nouveaux outils de travail sont en train de modifier la vie des classes, à la fois dans ce qu’ils apportent et dans ce qu’ils font disparaitre. Toute innovation technologique est toujours ambivalente. Je me souviens de la joie provoquée par l’arrivée des photocopieuses dans les écoles. Les enseignants étaient ravis de pouvoir élargir sans peine le corpus de textes imposés par le manuel, de raccourcir le temps des recopiages fastidieux (énoncés de problèmes, résumés d’histoire et de sciences, textes à trous, etc.). Sans parler de l’économie d’énergie faite en abandonnant la machine à écrire et la Ronéo pour éditer et diffuser auprès des familles des journaux de classe plus authentiques, puisqu’on pouvait y voir les écritures enfantines des auteurs. Des années plus tard, on s’est rendu compte des dommages collatéraux : la quantité impressionnante de photocopies gonflant les cahiers témoignait d’activités aussi vite oubliées que faites, les copies (jugées mécaniques et inutiles) entrainaient les élèves à se relire, à fixer des textes en mémoire et bien des acquisitions orthographiques se consolidaient. Finalement, tous étaient entrainés à écr…