Apprentissages in-formels et métiers in-possibles
« Tous les apprentissages sont informels ou ne peuvent pas être », nous dit l’auteure : de quoi bousculer la forme scolaire et ceux qui en sont les gardiens.
La littérature spécialisée a coutume de différencier les apprentissages entre trois catégories : les apprentissages formels (institutionnels, intentionnels, programmés, finalisés, dont les dispositifs sont explicites et normés, à visée certificative) ; les apprentissages non formels (qui ont lieu dans des structures identifiables mais non scolaires, avec une intention formative sans visée certificative) ; et les apprentissages informels (non intentionnels, qui s’opèrent, en quelque sorte, à l’insu des personnes, dans les activités quotidiennes, imprévisibles, peu explicitables, même dans l’après-coup, échappant à toute forme de contrôle, ante ou post).
S’il est aisé de rapporter à l’école des prérogatives concernant les apprentissages formels aux structures familiales, de loisirs ou professionnelles celles des apprentissages non formels, et à la vie, dans ce qu’elle a d’aléatoire, celles des apprentissages informels, ce n’est bien sûr pas aussi simple que cela ! Cet article des Cahiers pédagogiques pose la question de l’intrusion des apprentissages informels dans une sphère qui n’est pas la leur, reconnaissant ainsi que des prérogatives instituées n’épuisent jamais l‘autonomie des personnes.
Dire qu’on apprend aussi à l’école autre chose que des savoirs scolaires est une façon de reconnaitre les apprentissages informels qui s’y jouent, par exemple dans les interstices du temps de classe comme la récréation…