Comment attester d’un savoir ?
En quoi et comment ce qu’on appelle diplôme a-t-il été construit historiquement pour attester des savoirs ? En quoi ce processus est-il aujourd’hui remis en cause et, de ce fait, remet-il en cause le monopole de transmission des savoirs par l’école ?
Chaque année, en France, plus de deux millions de diplômes sont attribués par l’État. La corrélation entre formation et diplômation est telle que s’est instaurée une véritable injonction au diplôme. Celui-ci est présenté comme une condition nécessaire, quoique non suffisante, pour l’insertion professionnelle, et la catégorie des « sans diplômes » est désormais socialement stigmatisée.
Les débats sur les diplômes se concentrent souvent sur leur valeur d’échange sur le marché du travail. Mais cette perspective en réduit les enjeux. En effet, la valeur d’un diplôme ne se limite pas à l’emploi auquel il permet d’accéder : le diplôme a aussi une valeur d’usage, du fait de l’utilisation qui est faite des savoirs qu’il présuppose dans la vie de tous les jours ; il a aussi une valeur symbolique pour celui qui y accède, notamment en termes d’image de soi. De plus, ces débats occultent la fonction première des diplômes : attester des savoirs, pour la vie et individuellement. En effet, un diplôme, contrairement au permis de conduire, ne peut…