Faire vivre l’expérience d’apprendre

L’envie d’apprendre n’est pas spontanée, la relation au savoir comme à l’enseignant est complexe. Mais bien des marges et des espaces existent face aux enfants qui refusent, à condition de ne pas les enfermer dans le fatalisme.
Tel ou tel enfant se détourne du savoir, résiste, utilise des mécanismes pour fuir, se soustraire à l’apprendre scolaire, alors que parfois, hors école, il développe des talents et des manières d’apprendre qui étonnent celui ou celle qui le découvre autrement que comme l’élève passif, buté, indifférent, faisant le pitre, parfois même agressif et destructeur qu’il connait. Autrement qu’en échec. Une fois mises de côté les explications qui font porter cet échec au compte d’un manque d’intelligence, d’un développement cognitif défectueux, et celles qui pointent l’origine sociale, la disqualification parentale, les heurts avec la culture de l’école, qui ont chacune leur validité théorique, mais qui peinent à répondre à la question singulière que pose cet élève-là, une fois mises aussi de côté les explications qui justifient, rejettent, inscrivent un élève dans la courbe des statistiques (il en faut toujours quelques-uns en échec), alors cet élève-là ne cesse d’interroger l’enseignant qui le rencontre, de l’interroger sur son métier, sur lui-même qui échoue à permettre d’apprendre, sur cet élève si étrange dans son indifférence.
Aujourd’hui comme hier, il y a de mauvais élèves qui ont réussi dans la vie, de mauvais élèves qui ont été broyés de n’avoir pas pu se faire une place à l’école. Les thérapeutes ont pu clamer qu’il n’y a pas d’enfant idiot, interroger l’école, montrer les mécanismes psychiques qui font que le savoir peut…