Point de vue de parents éclairés qui, parfois, n’y voient plus rien !
Point de vue de parents éclairés qui, parfois, n’y voient plus rien !
Relire 45 ans de Cahiers pédagogiques autour de la relation École-Famille, c’est d’abord se plonger dans l’évolution du système éducatif français pour ce qui concerne le premier et le second degrés. C’est ensuite mesurer l’importance accordée à cette relation dans la réflexion pédagogique dans la durée. C’est enfin se donner l’occasion d’esquisser les éléments d’une […]
On ne pourra sans doute pas améliorer réellement les relations entre l’école et les familles en multipliant simplement, parfois désespérément, incantations et initiatives ponctuelles qui disparaissent rapidement avec leurs porteurs. Il faut des changements plus profonds.
Banalités : « Ouvrir l’école sur la vie », « Partir du vécu des enfants », « Liaison lycées-entreprises », etc. Les mots et expressions ne manquent pas qui, régulièrement, viennent rappeler que l’école est un lieu séparé. Si l’école n’était pas une maison fermée, pourquoi invoquerait-on avec une telle insistance la nécessité de l’ouvrir ?
Savoir entretenir des relations avec les familles, cela s’apprend aussi. Philippe Aubry, dans ce texte de 1995, nous propose des jalons pour mettre en place de telles formations.
Depuis le milieu des années 80, on a vu se développer de la part des politiques publiques une curieuse attitude vis-à-vis des familles, marquée par le soupçon, la mise en accusation et, en même temps, le désir d’assister, de soutenir des parents présentés tour à tour comme déboussolés ou démissionnaires. Comment sortir de ces représentations figées ?
Malgré les discours convenus sur le nécessaire « rapprochement avec les parents », sommes-nous réellement entrés dans une culture du dialogue égalitaire avec les familles ? Pas sûr, nous dit J.-P Payet dans un texte qui sans nul doute provoquera des réactions, ce qui nous semble être une de ses vertus. Caricature de situations en fait bien plus complexes ou description amère, mais réaliste, de pratiques plus que contestables ? Le débat est ouvert et placé avant tout sous le signe des valeurs…
Les enseignants montrent une étrange réticence à expliquer leurs pratiques aux parents, pourtant partenaires de bonne volonté en maintes occasions. Michel Develay propose une lecture psychanalytique de cette situation et explore les relations complexes des enseignants à leur métier.
La rencontre entre les parents, leur enfant et les enseignants met en jeu des tensions fortes autour du rapport à la loi, à la règle, à la norme sociale et scolaire. Le sentiment de faute, la peur ou la colère ne sont jamais bien loin… Il faut pourtant faire de ces rencontres un moyen de faire progresser les élèves.
Nous présentons ici des extraits d’un article de 1986, où un responsable de la Confédération Syndicale du Cadre de Vie, association qui s’engage dans la relation entre l’école et la société, présentait son action.
Les ruptures scolaires de certains collégiens sont-elles à imputer à des déficiences familiales ? C’est ce que suppose la mise en place annoncée des « contrats de responsabilité parentale ». Pénaliser les familles, une façon tellement commode de ne pas analyser les causes sociales et scolaires de l’échec !
En institut thérapeutique, plus encore sans doute qu’en milieu ordinaire, les professionnels semblent démunis face à la problématique du lien avec les familles. Suppléer aux familles défaillantes ou créer du lien avec le contexte où vit l’enfant ? Les pratiques quotidiennes sont souvent bien hésitantes.
Le CRESAS travaille depuis de nombreuses années à trouver les moyens de réduire la distance qui sépare les parents de milieux populaires de l’école. Cela exige la mise en œuvre de certains principes qui vont sous-tendre des actions patientes mais décidées.
Dans ce bref, mais vigoureux texte extrait du dossier « La lutte contre l’exclusion » de 1994, l’auteure nous rappelle des principes essentiels pour que l’école soit vraiment démocratique.
Le témoignage d’une animatrice ZEP, chargée de mettre en place une instance de médiation pour améliorer, dans le cadre du projet de zone, le fonctionnement du triangle enfant-parents-enseignants.
La famille et l’école ont chacune leur vision des moyens nécessaires pour assurer le fonctionnement d’une bonne coéducation. Leurs stratégies ne sont pas toujours concordantes : on rencontre donc des conflits de pouvoir et de relation, chaque partie cherchant à influencer la situation donnée en faveur de la solution qui a sa préférence.
Au départ, un constat : dans cette école maternelle de la ZEP des Mureaux, les parents, et principalement les mamans, sont physiquement présents à l’école aux heures d’entrée et de sortie mais cette présence physique n’équivaut ni à une rencontre, ni à l’établissement d’un dialogue. Si, pour certains, ce constat peut rester en l’état, pour d’autres ; il est une des sources de l’échec scolaire, d’où l’essai de nouvelles stratégies, d’innovations comme celle des « femmes relais ».
Quelle vigueur dans ce texte sur les conseils de classe, écrit en juin 1981 ! Depuis 35 ans, cela a-t-il vraiment changé ?
Patrick Boumard avait publié Un conseil de classe très ordinaire (Stock) en 1978, à partir du récit d’un conseil de classe de terminale, où il était professeur de philosophie. Ce livre avait eu un profond retentissement chez les enseignants et les parents. En 1986, il écrivait le texte qui suit, du point de vue du parent cette fois.
Témoignage, en 1986, d’une mère d’élève : les incompréhensions ne naissent-elles pas de ce type de pratiques ?
Un père d’élève raconte comment il est devenu délégué pour comprendre l’institution scolaire, tellement opaque, et partager ce savoir avec les autres parents. L’entretien commencé en sa seule présence, s’est achevé avec toute la famille : on ne parle pas, ici, de l’école sans que chacun s’implique et se sente concerné !
Considérer les parents comme des interlocuteurs à part entière, à égalité de statut avec les enseignants, suppose que les informations qu’on leur donne sur le travail de leurs enfants soient l’objet d’une véritable communication. Il y va de la place de l’école dans la cité et d’une démarche éducative lisible et concertée. Tout un programme pour que le savoir ne soit plus ce qui distingue mais ce qui unit.
En Segpa, les élèves et leurs parents se sentent en échec, ayant dû renoncer à des projets scolaires plus valorisants. Pourtant, une politique de dialogue volontariste, menée collectivement, peut les rassurer et les convaincre de ne pas renoncer.
Être présent sans faire à la place, aider sans se laisser piéger, travailler sur les difficultés sans oublier ce qui valorise… Le rôle du parent est un exercice d’équilibre !
Avec les devoirs, l’école pénètre chaque jour au domicile des familles. Pour les familles populaires les plus éloignées de l’univers scolaire, les devoirs sont un des points de cristallisation de leurs relations problématiques avec l’école.
Quelques réflexions sur cette vieille lune toujours éclairante : la place des parents dans les écoles (nouvelles ou pas). Une équipe d’école qui veut vraiment aller vers la coéducation doit savoir agir sur le long terme et se former, car la tâche est complexe.
Une réflexion nuancée sur la parfois délicate cohabitation au sein de l’école entre les enseignants et les parents. Bien des approches sont possibles comme le propose l’auteur.
Un témoignage, paru à l’origine dans la rubrique Et chez toi ça va ?
L’école laïque, obligatoire et gratuite, en partie construite « contre » les familles, a par la suite acquis une légitimité incontestée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Comment rétablir la nécessaire confiance entre parents et enseignants ? Une professeure des écoles dit sa perplexité et suggère des pistes.
Aider les élèves à s’approprier des méthodes de travail pour pouvoir répondre de manière autonome aux demandes de l’institution, explicites et implicites ; décoder, avec eux, le sens de ce qui leur est demandé ; et amener les familles, en clarifiant les attentes de l’école, à prendre conscience que leur implication est un facteur important de la réussite de leurs enfants. Un beau programme mis en œuvre par toute une équipe.
Pour mettre fin à la machine à trier que constituent le lycée et l’enseignement secondaire français, un parent d’élèves militant dresse ici un plaidoyer pour un lycée polyvalent.
Le coenseignement apparait comme un réel levier à une démarche inclusive. Malgré tout, ça ne va pas de soi et nécessite un partenariat étroit de tous les acteurs éducatifs. Voici un bref témoignage d’une réussite en lycée professionnel.
Le professeur documentaliste, coacteur de l’inclusion : mutualisations du groupe « recherche intervention documentation et inclusion » de l’académie de Nancy-Metz.
Le partenariat entre la coordonnatrice de l’ULIS et l’enseignante repose sur un échange régulier et une complémentarité professionnelle. Cet article est écrit à quatre mains : celles d’une enseignante en cours de spécialisation et celles d’une enseignante de l’ordinaire.
Comment l’enseignant spécialisé travaille-t-il avec l’enseignement sans spécialité ? Quelles conditions sont nécessaires ?
La coéducation désigne selon Sylvie Rayna, ce « processus de mutualisation entre les acteurs premiers que sont les parents et les acteurs professionnels qui interviennent auprès de l’enfant, simultanément et successivement ». Il s’agit donc d’un processus qui ne désigne pas uniquement les relations entre la famille et l’école. Mettre en œuvre et valoriser ce processus dans le système scolaire, c’est s’appuyer sur l’idée qu’une porosité entre école et famille est bénéfique pour l’enfant-élève. On trouve cette notion dans la circulaire de l’Education Nationale qui fait référence « Renforcer la coopération avec les parents dans les territoires » (BO 2013142). Selon cette idée, il incombe aux différents adultes qui accompagnent l’enfant dans son éducation de se coordonner et de dialoguer, chacun dans leur rôle, favorisant par cette démarche l’entrée dans les apprentissages scolaires.
L’entrée au collège pose problème aux parents pour aider leur enfant dans son travail à la maison. Eux aussi doivent s’adapter à des exigences différentes, et d’abord les comprendre… Difficulté particulièrement aigüe pour des familles peu au fait de la culture scolaire. Un exemple est présenté ici à propos d’exercices de français.
La période du confinement a instauré de nouvelles interactions entre l’institution scolaire et les familles, mais en générant des attitudes différentes selon les milieux sociaux. Avec la crise sanitaire du Covid-19, alors que les parents venaient rarement dans les établissements, ils ont communiqué plus fréquemment et spontanément avec les enseignants par la voie électronique et […]
Une remplaçante débarquant en maternelle en REP+ (réseau d’éducation prioritaire renforcé) pendant le confinement prend peu à peu contact avec les familles et met en place une vie de classe à distance dans laquelle chacun peut trouver sa place.
Quelles sont les questions éducatives les plus aigües pour les villes aujourd’hui ? École inclusive, « ville à hauteur d’enfant », Conseil national de la refondation et restauration scolaire ont été au programme des rencontres nationales du Réseau français des villes éducatrices (RFVE), organisées à Montpellier les 28 et 29 septembre. Bilan de ces deux journées avec Émilie Kuchel, présidente du RFVE et adjointe chargée de l’éducation à la mairie de Brest.
Comment associer les parents dès les premiers moments d’information sur l’orientation, pour que le choix de l’affectation finale corresponde au mieux à l’intérêt de l’élève, avec l’assentiment de tous ?
La bonne filière, le bon lycée, c’est aussi pour les parents la garantie de préserver une situation sociale, quelles que soient les capacités, les envies ou les résultats de sa progéniture.
De nombreuses filières postbac prévoient désormais un entretien de motivation dans leur dispositif de recrutement. Les élèves de terminale n’y sont pas ou peu préparés. Les associations de parents d’élèves, en coopération avec le lycée, ont décidé de proposer des entrainements pour se familiariser avec cette technique, par des entretiens menés dans des conditions proches […]
Pour éviter les réunions d’information improductives quand elles ne partent que de ce que pensent utile de dire les intervenants, il faut se soucier de préparer les bonnes questions à leur poser.
Les processus actuels de décision en matière d’orientation placent les équipes pédagogiques en situation de juge et partie, ce qui ne peut être que source d’insatisfaction et d’incompréhension. Laissons la responsabilité aux premiers concernés : les élèves et leurs parents.
Respecter ses professeurs, est-ce apprendre à se taire ? Un père s’interroge sur l’attitude à adopter face à des enseignants qui bafouent les règles les plus élémentaires de respect et de bienveillance.
Mathilde est une petite fille qui, arrivée en petite section de maternelle, ne parle pas. En moyenne section, le développement de son langage présente des troubles et provoque des séances d’orthophonie. Puis en grande section, une équipe de suivi se met en place. Lors de son redoublement, la prise en charge de Mathilde évolue vers […]
C’est la fin de l’année scolaire. Il ne reste que deux semaines avant les vacances, accrochées à ce très (trop) long trimestre finissant. Elles vont être bien occupées par les sorties et les diverses fêtes et spectacles scolaires ou périscolaires. On se préoccupe de la météo, qui pourrait venir gâcher tout ça : canicule, orages ? Finalement, […]
Une réunion parents-professeurs d’un lycée « de centre-ville », comme on dit, une classe de 1re S avec toutes les options de prestige comme le chinois. Des élèves bien encadrés familialement, qui bossent parce qu’ils sont motivés par des projets ambitieux. Les parents d’élèves commencent très diplomatiquement par remercier les enseignants d’être aussi exigeants avec leurs enfants, pour […]
« Nous sommes des parents pauvres », dirent-ils. La phrase, prononcée lors du dernier colloque de l’Association des groupes de soutien au soutien (Agsas), assomma ceux qui l’entendirent, enseignants, psychologues, rééducateurs, psychanalystes, etc. J’avais vu le jeune couple, depuis le matin, non loin de moi, visages anonymes et attentifs aux discours savants. Ils se présentaient maintenant devant l’assistance […]