Le « parent d’élève » au cœur des malentendus
On ne pourra sans doute pas améliorer réellement les relations entre l’école et les familles en multipliant simplement, parfois désespérément, incantations et initiatives ponctuelles qui disparaissent rapidement avec leurs porteurs. Il faut des changements plus profonds.
Jusque dans les années 1960, on ne parlait pas d’échec scolaire. Sur trente-cinq élèves de CM2 dans l’école d’une cité minière dans les années 1950, trois partaient en 6e au « cours complémentaire » qui n’était pas encore le collège, les autres allaient au certif ’ et, présentés ou pas, reçus ou pas, tous trouvaient du travail et s’inséraient donc dans la société par le travail. Une partie d’entre eux exploitait des possibilités de promotion interne, notamment dans les houillères de ma région, rétablissant ainsi un tout petit peu d’équité par rapport au déterminisme social implacable de l’époque. Quelques élèves de l’école du centre-ville, fils de médecins, d’ingénieurs et d’instituteurs, partaient eux directement en 6e au lycée de la ville voisine. Ils allaient devenir les « modernes » ayant fait deux langues vivantes et du latin, alors que l’élite des cours complémentaires qui pouvait entrer au lycée en 2de serait affublée de…