Une confiance mise à mal

Publié le Lecture : 15 min

L’école laïque, obligatoire et gratuite, en partie construite « contre » les familles, a par la suite acquis une légitimité incontestée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Comment rétablir la nécessaire confiance entre parents et enseignants ? Une professeure des écoles dit sa perplexité et suggère des pistes.

Même si l’avis des parents est très teinté de subjectivité, il est important pour les enseignants. Ceux-ci sont des êtres humains, sujets à l’erreur et qui peuvent parfois se tromper dans l’arbitrage des conflits. Mais, trop souvent aujourd’hui, les parents font preuve d’une foi aveugle dans la version de leur enfant au lieu d’accorder une confiance même minimale dans le jugement du maître. Bien sûr, ce dernier n’attend plus que, comme à une certaine époque, quand le maître punit, les parents doublent la punition, mais juste l’attitude suivante : « Si ton maître a fait ou dit cela, c’est qu’il devait avoir une bonne raison. » Aujourd’hui, l’enseignant doit souvent justifier ses décisions devant des parents réprobateurs. Cela dans le cas où les parents se sont déplacés et lui laissent une chance de s’expliquer au lieu d’écrire sur le cahier de liaison un mot rageur et comminatoire.

De plus, l’hypersensibilité familiale à tout ce qui trouble la quiétude des enfants se manifeste aussi lors des disputes d’…

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