Un conseil de classe très ordinaire (version parent d’élèves)

Publié le Lecture : 19 min

Patrick Boumard avait publié Un conseil de classe très ordinaire (Stock) en 1978, à partir du récit d’un conseil de classe de terminale, où il était professeur de philosophie. Ce livre avait eu un profond retentissement chez les enseignants et les parents. En 1986, il écrivait le texte qui suit, du point de vue du parent cette fois.

Quand j’écrivais, il y a déjà dix ans, le « Conseil de classe », il n’a pas manqué de bons esprits pour me dire que j’avais choisi une caricature, et que, maintenant, les choses ne se passent plus ainsi…

Les hasards de la réalité et le rude outrage des ans m’amènent, cette année, à participer, comme délégué des parents d’élèves, aux conseils de classe de mes enfants (3e et 5e, les classes d’orientation, les plus décisives).

Les concepts que je développais à l’époque, en tant que prof, tournaient autour du pouvoir institutionnel, de la fonction des analyseurs, des pesanteurs de l’institué, et de l’autorité comme intériorisation de la dépendance.

Aujourd’hui, j’ai quitté le secondaire. Je ne vois plus d’élèves depuis huit ans. Eh bien, je prétends, non seulement qu’il ne s’agissait pas d’une caricature (mais bien d’une description de la réalité structurelle de ce moment-clé de la survie de l’institution qu’est le conseil de classe), mais même j’aurais pu m’apercevoir, cette année de « l’autre côté de la barrière » en quelque sorte, que, dix ans après, rien n’a changé.

« La logique de l’institution, c’est la paix des cimetières »

Et pour cause : le système est exactement le même, dans tous ses éléments de sens. Aucune faille, aucune brèc…

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