La discussion à visée philosophique n’est pas un affrontement à qui imposera son point de vue, ou bien seulement un débat contradictoire où s’exerce la raison : encadrée par un dispositif élaboré, elle se fonde sur la coopération entre discutants.
La discussion à visée philosophique n’est pas un affrontement à qui imposera son point de vue, ou bien seulement un débat contradictoire où s’exerce la raison : encadrée par un dispositif élaboré, elle se fonde sur la coopération entre discutants.
De la coopération à tous les niveaux autour d’un projet pour que les élèves apprennent à écrire leur prénom : entre élèves bien sûrs, mais également entre élèves, enseignants et parents, entre enseignants et conseillers pédagogiques, y compris pour l’écriture de cet article.
Alors que la dictée traditionnelle est un exercice profondément individuel, il s’agit ici de chercher des façons coopératives de travailler l’orthographe. L’argumentation s’appuie sur des savoirs validés par l’enseignant.
En quoi les interactions verbales entre élèves en difficulté de compréhension en lecture leur permettent de mieux cerner leurs démarches face aux textes documentaires ?
Des images mentales aux images plastiques, analyse d’un dispositif qui fait entrer les lycéens professionnels dans la littérature et l’écriture.
Voilà quelques années, lorsqu’au 1er septembre j’ai découvert ceux qui composaient ma classe de 5e, j’y ai vu nos élèves d’ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire). Dans mon établissement, ce sont des élèves DYS (dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques, etc.), mais aussi déficients intellectuels et plus rarement trisomiques. Passée l’inquiétude de ne pas savoir adapter mes cours, grâce aux AVS (auxiliaire de vie scolaire) et aux professeurs ULIS, j’ai appris à travailler avec ces classes incluant d’autres enfants, que je prends désormais tous les ans sur le niveau 5e. C’est en général l’intégralité de la classe qui bénéficie de cette intégration : tolérance, respect, entraide ont dû faire sens dans l’esprit de chacun pour que nous puissions progresser ensemble. Pour cette rentrée, j’ai eu envie de vous parler de ces élèves d’ULIS, précoces, en échec, hyperactifs ou souffrant de phobie scolaire, pour qu’une fois encore, la littérature nous aide à mieux comprendre leurs difficultés.
Mai 1988. George Michael inonde les ondes « Teacher / There are things that I don’t want to learn » (« One more try »). Ce n’est qu’une chanson. Mais elle résonne comme un avertissement : peut-être une alerte sur le risque de noyer la parole des professeurs et, avec elle, la distinction entre croire et savoir, l’autorité des autorités, sous l’équivalence des discours ? Ou bien la revendication d’un peu d’autonomie de penser, d’un peu de silence et d’écoute de la part de ceux qui, même s’ils ont quitté l’estrade, parlent trop ? En voilà deux, de ces grands parleurs, Bernard Defrance et Michel Serres, philosophes qui, lors d’une conversation, en février 1988, ont envisagé la place de la parole des élèves dans la classe. Dans la rubrique « Faits et idées » des numéros 264-265 des Cahiers pédagogiques, le premier explique : « Ce qui devait être un entretien pour notre dossier sur la philosophie s’est progressivement transformé en une conversation que nous publions dans son entier, en feuilleton. » Six épisodes tiendront les lecteurs en haleine de mai 88 à janvier 89. La publication de cette conversation n’en restituait qu’une partie de la richesse. Bernard Defrance écrivait : « Michel Serres rit souvent, comment traduire ce rire dans la transcription ? La voix enfle parfois aussi. Il faudrait inventer un système pour noter, comme on le fait pour la musique ou la danse, les accents, l’accent, la musique du verbe. » Nous ajoutons un second appauvrissement. Dans la conversation, chacun digressait, revenait sur un sujet abordé plus tôt, commentait les propos de son interlocuteur. La lecture de l’intégralité de la conversation montrait une construction conjointe d’une pensée que la réduction en extraits gomme largement. C’est de cela qu’il s’agit dans le dossier des Cahiers pédagogiques que vous avez entre les mains. YANNICK MEVEL
Les programmes d’enseignement de 2015 ouvrent une large place aux activités réflexives, à la construction identitaire de l’élève. Le débat philosophique s’avère être l’un des outils préconisés. Comment arriver à impulser, conduire et fédérer une discussion dans une classe de CE1.
Un président est chargé de donner la parole. M : « Pourquoi ton rôle est-il important ? P : — Parce que je donne la parole aux autres. M : — Comme règles, tu donnes la parole aux élèves quand ils lèvent la main, tu les inscris dans l’ordre, priorité à celui qui ne s’est pas encore exprimé, tu tends la […]
Les paroles d’élèves de ce dossier sont issues d’ateliers de discussion à visée philosophique. Animateur : « Le sujet abordé, c’est « Qu’est-ce que grandir, avantages et inconvénients ». Alice : — Les avantages, c’est qu’on va avoir une famille, des enfants et c’est bien. Guillaume : — C’est bien de grandir, parce que quand on est petit, on peut pas […]
Récit d’une expérience de slam à l’école, qui commence par l’écriture, pour débloquer la parole d’élèves souffrant de troubles psychologiques divers.
« Monsieur, c’est possible que le réel soit contradictoire sans être paradoxal ? » C’est cette question, posée il y a quelques années à la sortie d’un de mes cours par une demoiselle de 16 ans, qui m’a donné l’envie d’en proposer plus et autrement à des élèves qui ne trouveraient par leur compte dans le déroulement normal […]
Claude Ponti est auteur et illustrateur de livres pour enfants. Il préfère cela à la « littérature jeunesse », parce que « sinon, cela veut dire qu’il y aurait une littérature vieillesse ». Parler avec lui, c’est discuter avec un défenseur passionné des intérêts des enfants.
Cette sélection d’ouvrages sur l’art dans la littérature jeunesse se veut haute en couleur, diverse tant dans les genres présentés que dans les arts évoqués. J’ai ainsi choisi des ouvrages dont la plus grande qualité est de rendre le lecteur actif dans la construction d’un savoir, dans sa compréhension d’une œuvre et des techniques utilisées.
Présentation d’une activité avec des élèves de 4e s’appuyant sur une démarche artistique qui contribue à aider ces jeunes en difficultés à reprendre le chemin de l’école et du cours de français.
Des enseignants d’un collège singulier prennent appui sur l’arbre menacé et fragile pour donner du sens à un projet culturel interdisciplinaire ambitieux et enthousiaste.
Des BIP dans le collège : Les Brigades d’intervention poétiques dans un collège de Gironde.
Muriel Lacour utilise la danse avec ses élèves adolescents comme métaphore d’écriture, tiers d’apprentissage. Le corps en mouvement permet l’émergence d’un langage, de sujets pensants et apprenants.
Tout en soulignant les dimensions complémentaires et interdisciplinaires entre arts et sciences, l’auteur, s’appuyant sur sa pratique d’enseignant, nous donne des pistes d’interaction pour contribuer à leur rapprochement.
Dans ce collège REP (réseau d’éducation prioritaire) riche en projets, une équipe utilise le dispositif de la discussion philosophique de manière transversale et cherche à en faire une composante de l’accompagnement personnalisé, qui permet un grand champ de possibles, pas toujours assez exploité.
À travers la démarche d’investigation, l’auteur nous montre la difficulté des élèves pour mener à bien une activité de raisonnement, alors qu’ils ont du mal avec le vocabulaire de la cause et de la conséquence, mais aussi que la maitrise du vocabulaire du raisonnement est aussi importante que le raisonnement lui-même.
Faire des sciences commence tout petit dans le cadre familial ou scolaire, autour d’un bon album de fiction scientifique. Voilà une bonne occasion d’initier le raisonnement scientifique et d’éviter les fausses représentations.
En 1998, je travaille sur Hamlet, avec mes élèves de Créteil. Ils ont lu à la maison la scène des fossoyeurs, qui ne leur a fait ni chaud ni froid ! Après mon premier dépit, je m’avise qu’il faut qu’ils ressentent le lieu concret où elle se passe, pour « être » au-dessus et dans la terre […]
Dans l’enseignement, les domaines littéraires et scientifiques sont régulièrement opposés, comme si une frontière imperméable séparait ces différentes disciplines (à fortiori au lycée où le choix des filières L, ES et S concrétise cette opposition). Heureusement, conscients des passerelles qui existent entre sciences et littérature, pédagogues, éditeurs, auteurs publient des ouvrages où propos scientifiques côtoient une forme littéraire de qualité. Voici une sélection de textes jeunesse où se mêlent sciences et littérature, pour le plus grand plaisir des lecteurs !
Comment passer du risque de galérer au désir d’embarquer ? Le cursus ALO, qui doit son nom à un module hebdomadaire d’une heure en demi-classe (atelier langue et orientation), semble y parvenir. Après une année, les sortants ont massivement voulu poursuivre l’expérience en 4e, imités par des élèves d’autres classes !
Description d’une séance d’écriture longue d’une durée de cinq semaines avec une classe de 6e autour de la rédaction d’un conte illustré en arts plastiques.
La complexité peut aussi être comprise comme la richesse des situations que l’on permet aux élèves de vivre collectivement dans la classe.
Combien de fois un enseignant constate-t-il, dépité, que les élèves n’ont pas compris la consigne comme il fallait ! Mésaventure qui nous arrive à tous, quels que soient notre expérience et l’âge des élèves. Tirons-en plutôt des enseignements sur la différence entre la tâche prescrite et l’activité qu’elle déclenche chez les élèves.
Même en lettres, les programmes préconisent de problématiser les contenus enseignés. Si l’on peut choisir de traiter cette recommandation comme un artifice qui passe au-dessus de la tête des élèves, on peut aussi la prendre au sérieux et en faire un travail partagé avec eux.
Un après-midi oisif d’été, je découvre à la radio les conférences de Michel Onfray pour l’université populaire de Caen. Je n’ai pas lu de philosophie depuis quinze ans. Je suis séduite par l’habileté du discours, l’abondance des références, la portée de la réflexion, l’ironie provocatrice. J’enchaine les épisodes. À la fin de l’été, Onfray répond […]
L’immigration fait partie intégrante de notre société ; or, cette thématique d’actualité provoque des réactions très diverses, chacun ayant un avis sur le sujet, sans parler des informations véhiculées par les médias. Pour comprendre ce qu’est l’immigration et la réalité qui se cache derrière les chiffres, il est essentiel de la replacer dans son contexte : qui sont les immigrés ? Pourquoi quittent-ils leur pays pour vivre à l’étranger ? Dans quelles conditions se déroulent leur voyage, leur intégration ? Parce que la France se veut le pays des droits de l’homme et a ratifié en 1954 la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, voici des ouvrages jeunesse qui permettent de comprendre l’immigration de l’intérieur.
Consigne : « Répondez à la question “Qui suis-je ?”, en vous interrogeant sur votre identité, vos gouts, vos peurs, vos origines, etc. » Élève 1 : « Madame, je peux écrire “j’aime pas les homosexuels” ? Professeur : — Tu peux écrire “je suis intolérant” dans tes défauts. Élève 1 : Mais non, je suis pas intolérant […]
Derrière la porte de la classe de CE1, je m’apprête à accueillir mon petit groupe. Lorsque la maitresse ouvre la porte, elle a une bonne nouvelle : « Salima, depuis la veille, fait de gros efforts pour se taire en classe », elle l’a donc félicitée. Je me prépare à accueillir mon petit groupe avec cette bonne […]
La philo pour les enfants, lubie pédagogiste illusoire ou, au contraire, première étape de l’apprentissage de la rigueur du raisonnement et de la pensée complexe ? Confrontation dialoguée des deux points de vue.
Un dispositif de lecture à voix haute en petite section prend en compte les réactions des élèves face aux illustrations et aux intonations de l’enseignant. Comment concilier exigence d’accès à la compréhension et recueil de la parole, dans un contexte affectif rassurant ?
Où l’on voit que la dictée peut être un exercice formateur, à condition de la transformer en vraie activité d’apprentissage, avec des perspectives de progrès. Motiver en luttant contre le découragement, concilier confiance retrouvée et exigence, et changer d’état d’esprit, afin de faire acquérir à tous les élèves l’habitude de la réflexion.
Par l’écriture, l’élève effectue un travail cognitif sur des contenus, qui ne peut être isolé d’une élaboration et d’un contrôle des codes linguistiques et discursifs : en même temps qu’il utilise la langue, l’élève écrivant est en train d’apprendre à s’en servir.
Mettre à mal des conceptions erronées et persistantes côté élève : on écrit d’un seul jet, écrire c’est naturel, l’écrit doit être exempt de toute faute. Pour ne plus confondre tâche et apprentissage.
Les enseignants ont beaucoup à apprendre des ratures et des biffures, parce que celles-ci sont la trace d’activités métacognitives chez leurs élèves. Les observer et les analyser devrait permettre de mieux réguler l’étayage et les tâches qu’ils leur proposent.
Comment enseigner vraiment les valeurs de la République ? Ce peut être de laisser l’émotion s’exprimer, de dire des vécus parfois difficiles, pour qu’une communauté se crée, pour que la solidarité naisse.
Former les professeurs de toutes disciplines à la production d’écrit suppose de lever des résistances encore présentes afin de modifier les gestes professionnels.
Donner aux élèves la possibilité de revenir sur leur travail, c’est organiser les modalités pratiques de cette possibilité : analyse des différents supports et de leurs modalités d’utilisation pour que l’écrit intermédiaire soit réellement au service des apprentissages.
La mise en place, en sciences économiques et sociales, de situations d’écriture variées, permet de lever les inhibitions et de dépasser les blocages, pour faire écrire et, par là même, faire apprendre.
Tout à la fois ébauche, document de travail et de réflexion, mais aussi matériau préparatoire, l’écrit de travail est un outil didactique, pédagogique et psychologique fort pour accéder à la réflexivité, source nécessaire d’apprentissages féconds.
Au départ destiné à recueillir la parole et les interrogations des élèves, le carnet de questions a créé un espace où la pensée et l’écrit se libèrent.
Comprendre les processus à l’œuvre dans l’acte d’écriture grâce aux fonctionnalités du traitement de texte : commenter, ajouter, barrer, s’insérer dans un texte littéraire pour finalement développer, chez l’élève, une posture d’auteur.
En ce qu’il mêle des mots, des symboles mais aussi des dessins figuratifs représentant la réalité, le schéma est un outil et un levier efficace. Encore faut-il avoir conscience qu’il relève d’une forme spécifique de langage, qui nécessite un apprentissage.
Dans cette tâche complexe, la conception mentale, sa verbalisation par écrit et sa discussion provoquent l’appropriation des notions mathématiques nécessaires et le vocabulaire adéquat, sans sous estimer la fabrication de l’objet technique.
Prendre des notes pour prendre de la distance : comment se préparer à une épreuve orale grâce au détour par l’écrit ? Enseigner les stratégies spécifiques à cet écrit intermédiaire facilite l’acquisition de compétences… verbales !
Le cahier de vie de classe, outil individuel tout autant que collectif, met les élèves en réflexion. Ce travail de mise à distance engendre à la fois une analyse de soi, de ses relations aux autres, de ses modes d’apprentissage, pour plus de coopération et d’autonomie.