Pour une rééducation collective de la parole
Récit d’une expérience de slam à l’école, qui commence par l’écriture, pour débloquer la parole d’élèves souffrant de troubles psychologiques divers.Professeurs de lettres et d’anglais, nous enseignons en soins-études à l’annexe du lycée Lakanal, au sein de la clinique Dupré, à Sceaux. Souvent, nos petites classes sont constituées d’individualités enfermées dans un mutisme douloureux. À l’inverse, certains élèves gèrent leur angoisse face à l’apprentissage avec une surexcitation de la parole envahissante. Leur parole n’est alors qu’une parole réflexe dans sa fonction interruptive. Le professeur peut mettre en place des situations de communication, mais il arrive que ce qu’il essaye de transmettre lui revienne en écho, créant des situations à la limite d’une théâtralité de l’absurde. L’une de nos gageüres est donc d’aider ces élèves phobiques, inhibés ou isolés par leur maladie à retrouver une confiance cognitive suffisante pour que la parole devienne une issue pour sortir de leur solitude. La force d’opposition et la souffra…