On s’inscrit aux cours par intérêt, avec un projet pour la sortie, ou pour obtenir une réduction de peine.
On s’inscrit aux cours par intérêt, avec un projet pour la sortie, ou pour obtenir une réduction de peine.
Je n’avais aucune des expériences et qualités requises pour rédiger la préface d’un ouvrage portant sur l’enseignement en prison. Pourtant, de façon imprudente, voire présomptueuse, j’ai accepté de le faire : la demande me venait de Christian Frin (nos routes se sont croisées plusieurs fois) et le CRAP m’apportait à priori la garantie de l’intérêt du travail. J’avais la conviction qu’il serait innovateur et la quasi-certitude de pénétrer un texte porté par des valeurs proches des miennes.
Le mouvement révolutionnaire, au cours duquel la prison devient une peine et la privation de liberté la règle, place l’instruction au rang des priorités. Le code de procédure pénale va inscrire un premier contour de l’intervention des enseignants en prison. Cette prise en charge des « classes d’inadaptés sociaux » par des instituteurs va préfigurer de la réalité d’aujourd’hui.
Étudiante en lettres et sciences politiques à l’université de Poitiers, l’auteure de cet article a effectué un stage d’un mois à l’unité pédagogique interrégionale (UPR) de Rennes. Elle nous livre ses impressions.
Qu’est-ce qui crée le désir de devenir proviseur d’une unité pédagogique régionale, un chef pas vraiment comme un autre ?
Une approche pluridisciplinaire : enseignants, éducateurs et conseillère d’orientation inspirée de l’option « découverte professionnelle trois heures » de collège .
La situation des mineurs. Comment met-on en place l’obligation scolaire des plus jeunes détenus ?
Ni trop loin, ni trop près. La question de la bonne distance est valable dans toute situation d’enseignement. Elle est sans doute plus brulante dans le cadre pénitentiaire.
Pour apprendre, l’élève doit être capable de distribuer les évènements dans le temps à venir, de gérer l’instabilité du temps présent, d’effectuer des retours dans le temps passé et relier toutes ces dimensions. Un axe de travail s’impose alors : permettre à l’élève incarcéré de passer d’un temps contraint et morcelé à un temps linéaire et construit, vecteur d’apprentissage.
« Sur la route de ma vie j’ai pris le mauvais chemin ; le chemin de la prison, c’est un sentier long et pénible. » B., seize ans
Réussites. Oxygène, fraicheur, passeur : à Rennes ou Angers, on se réjouit des réussites par l’apprentissage.
Si le socle commun crée partout les remous que l’on sait, en revanche dans l’enseignement pénitentiaire, il est posé comme un préalable, une pierre d’angle.
Revenir vers l’écrit quand on en a été exclu pendant de très longues années, c’est prendre le risque d’un nouvel échec et c’est accepter de déconstruire des habitudes auxquelles on est attaché.
L’illettrisme est un des phénomènes massifs d’exclusion dans notre société. Il est encore aggravé par les conditions de vie en prison. Mais la prison constitue aussi une occasion supplémentaire de le prendre en main.
Tout enseignant connait dans ses classes la difficulté à conjuguer lecture avec intérêt et gout. Cette gageüre existe grandement en prison également.
Le responsable local de l’enseignement (RLE) est un des enseignants à temps complet de la prison. Il fait office d’animateur et de coordonnateur du service scolaire. Quelles sont ses conditions de travail ?
« Un cours de philosophie en pénitentiaire, c’est toujours un morceau d’enfer qu’on ramène avec soi. » Penser l’enfer alors en atelier de philosophie. De Dante à Jean-Paul Sartre.
Quelle image globale garder après lecture de ce kaléidoscope, qui amène parfois bien loin de ce à quoi l’on s’attendait ?
Octobre 2000. Un courrier affiché dans la salle des professeurs attire l’attention de l’auteur. On cherche un professeur de lettres pour intervenir auprès des détenus de la maison d’arrêt d’Angers. Et un lundi, s’ouvre la grande porte bleue à la peinture écaillée.
Être une femme dans ce milieu masculin et y trouver sa place peut paraitre surprenant. C’est pourtant ici le cas.
Lectures à voix haute, rencontres avec des écrivains, tout a été mis en place pour rendre familier le livre. Il était une fois…
Loin des murs de la prison, six détenus de la maison d’arrêt de Coutances et quatre accompagnateurs se sont lancés dans un périple de 150 kilomètre à pied. Prêts, au-delà de tout ce qui les séparait, à partager l’effort.
L’écrit dans l’univers carcéral occupe une place très importante. En effet, pour les détenus, toute demande d’activité (sport, soins, enseignement, formation, travail, etc.) doit être écrite. De ce fait, l’écrit et les connotations dont il est porteur par le biais de l’orthographe, du vocabulaire, de la présentation, jouent un rôle considérable. Mais passer à la réalisation d’un journal va beaucoup plus loin.
Au centre de détention de Riom, dans le Puy-de-Dôme, deux personnes ont proposé, en plus des matières typiquement scolaires (français, mathématiques, langues, comptabilité, etc.), un enseignement moins habituel : l’initiation à la psychologie. Une drôle d’idée ? Réponses à deux voix.
Une cellule de 9 m2, une table de mixage son, un animateur, et voilà venir sur les ondes un fil tendu entre les détenus, et entre les détenus et l’extérieur.
Pierre Courtois-Boutet est assistant d’éducation au lycée pilote innovant de Poitiers. Il apprécie son travail « d’intermédiaire entre élèves et adultes », dont il enrichit l’approche de son propre cheminement associatif et personnel. Après un bac économique et social, il entreprend des études dans la filière artistique à Rouen jusqu’à un master en direction d’établissements […]
Portrait d’un élève pour lequel sans humour l’école serait insupportable.
Proposition pour apprendre à rire avec ses camarades et non rire d’eux.
Pour un jeune, décrocher n’est pas seulement rompre la relation à l’institution scolaire, c’est renoncer à divers liens sociaux établis dans le cadre de la scolarité. Aider à raccrocher n’a de sens que si l’on cherche à les reconstruire, et surtout à les tisser ensemble.
Du cousu main pour maintenir les liens : présentation d’une option pour des élèves de 3e à qui deux enseignants proposent stages, projets et modalités différentes d’évaluation pour finir au mieux leur parcours au collège. Comment prendre en charge des élèves très difficiles à mettre au travail, perturbateurs, renvoyés de cours pour maintenir le calme, […]
Cet article aborde la question délicate de ce qui peut se dire à l’école d’un parcours familial, en l’occurrence dans une trajectoire migratoire. Des questions intimes, mais qui mettent aussi en jeu le vivre ensemble, dans la classe, dans la société.
Hélène Limat, coordonnatrice d’un dispositif ULIS dans un collège de Calais et membre du comité de rédaction des Cahiers pédagogiques, fait de l’adaptation la clé de voute de sa pratique professionnelle. Rencontre avec une enseignante qui vit à plein la liberté pédagogique pour favoriser l’accessibilité des apprentissages.
Une classe d’UPE2A participe à un projet littéraire particulièrement ambitieux, facilité par des outils et supports numériques. Une expérience qui s’avère aussi positive pour les élèves que pour les enseignants.
La place des technologies de l’information et de la communication (TIC) a été massivement renforcée ces dernières années, mais l’accès aux supports et aux activités par les élèves ayant des difficultés demeure problématique. Quel peut être l’apport des outils numériques pour concevoir et mettre en œuvre une pédagogie inclusive ?
Comment bien accueillir en classe les enfants allophones, et en particulier ceux qui arrivent d’Ukraine ? Entretien avec Catherine Mendonça Dias, enseignante-chercheuse en sciences du langage et didactique du français langue seconde.
Confrontés à des élèves en grande difficulté, les enseignants sont parfois tentés par une différenciation quantitative qui risque d’être une impasse. En s’appuyant sur des acquis de la recherche, il est possible d’aborder la question autrement.
Les droits des enfants concernent bien sûr les migrants, quel que soit leur statut. Une équipe de chercheurs nous propose ici des pistes pour que ces droits soient effectivement respectés.
En institut thérapeutique, plus encore sans doute qu’en milieu ordinaire, les professionnels semblent démunis face à la problématique du lien avec les familles. Suppléer aux familles défaillantes ou créer du lien avec le contexte où vit l’enfant ? Les pratiques quotidiennes sont souvent bien hésitantes.
La famille et l’école ont chacune leur vision des moyens nécessaires pour assurer le fonctionnement d’une bonne coéducation. Leurs stratégies ne sont pas toujours concordantes : on rencontre donc des conflits de pouvoir et de relation, chaque partie cherchant à influencer la situation donnée en faveur de la solution qui a sa préférence.
En Segpa, les élèves et leurs parents se sentent en échec, ayant dû renoncer à des projets scolaires plus valorisants. Pourtant, une politique de dialogue volontariste, menée collectivement, peut les rassurer et les convaincre de ne pas renoncer.
Au sein d’un dispositif ULIS, les élèves sont tous très différents. L’enjeu est bien de partir du besoin spécifique, pour permettre une inclusion qui n’est jamais gagnée d’avance. Comment faire de ce dispositif complexe le champ des possibles ?
Comment tout un collège se modifie en même temps que des dispositifs d’inclusion s’y implantent.
« Les ULIS ». Sous une petite phrase anodine en apparence, derrière un simple déterminant, peut se dessiner le spectre d’une certaine stigmatisation. Appréhension de l’enseignante qui se situe au cœur d’une mission inclusive ? Le ressenti des élèves est peut-être tout autre.
Toutes les personnes qui ont contribué à ce dossier s’accordent sur le fait qu’une école de la République devrait accueillir toutes les différences. Mais afin de ne pas en rester aux bonnes intentions, nous souhaitions que ce numéro s’intéresse principalement à la manière, ou plutôt aux manières de le faire dans le cadre d’une unité […]
En guise d’introduction, le récit de la mise en place d’une ULIS pose les questions qui seront au centre des différentes parties du dossier.
L’accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH), désigné auparavant sous le terme d’« auxiliaire de vie scolaire » (AVS), est un partenaire éducatif essentiel dans le processus inclusif. Mais il n’est pas toujours simple pour lui de trouver sa place dans la classe ou l’établissement. Comment travailler ensemble ? Depuis 2005, l’école doit s’adapter […]
L’Italie est considérée en Europe comme pionnière en matière d’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap. C’est le résultat d’une histoire de quarante ans de politique volontariste, faisant actuellement l’objet d’une particulière attention aux niveaux français et européen.
Les enseignants spécialisés ou non manifestent une volonté partagée concernant l’accueil des élèves à besoins éducatifs particuliers au sein de l’école, mais les approches dévoilées vont parfois à l’encontre même de l’école inclusive. Pourquoi ?
Le coenseignement apparait comme un réel levier à une démarche inclusive. Malgré tout, ça ne va pas de soi et nécessite un partenariat étroit de tous les acteurs éducatifs. Voici un bref témoignage d’une réussite en lycée professionnel.
Le professeur documentaliste, coacteur de l’inclusion : mutualisations du groupe « recherche intervention documentation et inclusion » de l’académie de Nancy-Metz.