Professeur en prison : un hasard ?
Octobre 2000. Un courrier affiché dans la salle des professeurs attire l’attention de l’auteur. On cherche un professeur de lettres pour intervenir auprès des détenus de la maison d’arrêt d’Angers. Et un lundi, s’ouvre la grande porte bleue à la peinture écaillée.
Je devais me munir d’une pièce d’identité. Naïvement, je pensais que c’était pour le dossier administratif. Eh bien non ! Le personnel pénitentiaire vous donne en échange de votre carte un badge à agrafer sur votre vêtement. Première découverte, pour empêcher les gens de sortir, on surveille de très près tous ceux qui entrent. Impression d’être une intruse. Sentiment fort peu agréable, qui ne m’a jamais quittée, même au bout de dix ans de fréquentation régulière.
Impressionnant, les onze portes et grilles à franchir pour arriver à la salle de cours. Les premières semaines, je les compt…