Faire son temps au quartier des mineurs

Publié le Lecture : 21 min

Pour apprendre, l’élève doit être capable de distribuer les évènements dans le temps à venir, de gérer l’instabilité du temps présent, d’effectuer des retours dans le temps passé et relier toutes ces dimensions. Un axe de travail s’impose alors : permettre à l’élève incarcéré de passer d’un temps contraint et morcelé à un temps linéaire et construit, vecteur d’apprentissage.

L’action pédagogique en milieu carcéral est rendue difficile pa le fonctionnement institutionnel lui-même : à l’extrême hétérogénéité des niveaux scolaires et aux parasitages liés à la situation carcérale. Ni l’enseignant ni les élèves ne maitrisent complètement le déroulement du temps. Nous sommes confrontés à un mouvement permanent, chaque jeune étant pris en charge pour une durée prévisible mais non définitive. La grande majorité des mineurs incarcérés le sont sur la base d’un mandat de dépôt, ils sont en attente de jugement. Les extractions pour des actes de procédure ou pour d’autres motifs sont souvent annoncées tardivement. D’autres évènements sont imprévisibles.

Il existe donc un flux continu d’entrées et de sorties. Les jeunes, qui n’ont souvent connu que l’immédiateté et l’impulsivité, attendent. Ils vivent plusieurs temps : temps de détention en journée, temps de détention nocturne, temps de parloir, temps d’école avec les « profs », temps d’école avec les enseignants de lycée, etc. Chaque temps est déconnecté des autres. Ce morcèlement ne permet ni la mise en projet ni la construction d’une identité. Il n’est pas rare de constater chez nos élèves des troubles de la symbolisation du temps et de la durée, de l’espace et des représentations mentales.

Afin de construire le temps, nous utilisons une organisation pédagogiqu…

Déjà abonné ? Connectez-vous

Ce contenu est réservé aux abonnés.

Vous avez pu lire gratuitement 15% de cet article, créez un compte et nous vous offrons sa lecture.
Abonnez-vous pour pouvoir lire tous nos articles !

À lire sur "Enseignant"

De belles planches pour la science au féminin De belles planches pour la science au féminin

Redonner visibilité à des femmes scientifiques qui en ont été privées tout en mettant la science à l’honneur, l’ambition d’Arnaud Leroc, enseignant de sciences de la vie et de la Terre en Provence, se concrétise par la réalisation d’un album de bande dessinée, qui paraitra fin 2026. S’il se charge de l’écriture, il a choisi de travailler avec une dessinatrice pour la partie graphique, tandis que des scientifiques apportent leur caution pour ce qui concerne le fond. Une BD destinée au grand public, qui offre également de nombreuses possibilités pédagogiques.

Publié le 8 octobre 2026 Par Monique Royer 10 min
De belles planches pour la science au féminin

À lire sur "Ecole inclusive"