Rencontrer la culture, rencontrer les autres
Revenir vers l’écrit quand on en a été exclu pendant de très longues années, c’est prendre le risque d’un nouvel échec et c’est accepter de déconstruire des habitudes auxquelles on est attaché.
La place de l’enseignement dans les prisons est confirmée depuis plus de quarante ans. La formation de plusieurs milliers de détenus chaque année montre que nombre de ces personnes illettrées peuvent, dans le temps de la détention, opérer un changement radical d’attitude à l’égard de l’écrit et réaliser des parcours de formation conséquents. Le changement d’attitude est l’objectif premier de l’action pédagogique, au sens où il faut permettre aux personnes de revenir vers des pratiques de lecture, d’écriture et de résolution de problèmes souvent associées dans leur histoire à des échecs douloureux, vers des pratiques qu’elles ont appris à contourner, à compenser et surtout des pratiques qu’elles ne pensent plus pouvoir s’approprier.
Là réside le principal handicap de ceux installés généralement dans un renoncement fataliste aux apprentissages fondamentaux. En un sens, venir en formation pour une personne en situation d’illettrisme est plus difficile que d’aller au travail qui peut être, en prison, une forme d’anesthésie.
Parce que l’entrée dans l’écrit touche fondamentalement des processu…