La lecture sollicite bien d’autres savoirs linguistiques que la capacité à décoder. Ce qui est fondamental, c’est d’en développer le besoin et le sens en même temps que la maitrise des techniques.
La lecture sollicite bien d’autres savoirs linguistiques que la capacité à décoder. Ce qui est fondamental, c’est d’en développer le besoin et le sens en même temps que la maitrise des techniques.
Les premières rencontres avec les mondes fictifs nés du langage sont décisives pour l’avenir de lecteur du jeune enfant. Ne pas minorer les difficultés auxquelles ce dernier est confronté doit être une exigence prioritaire chez l’enseignant de maternelle. Quelques pistes sont données pour « préparer » ces moments de lecture.
Qu’est-ce que lire ? Qu’est-ce qu’apprendre à lire ? Les auteurs nous parlent ici de la complexité du savoir-lire.
Le bras cassé de Ludovic est le point de départ d’une intense activité de lecture et de découvertes à partir d’une situation vraie exploitée immédiatement par l’institutrice bien inspirée.
Pour éviter de perdre des enfants avec les activités systématiques sur le code en début de cours préparatoire.
Notre très regretté ami, Jean-Pierre Astolfi, ancien rédacteur en chef des Cahiers, répliqua avec humour et pertinence à Gilles de Robien, ministre de l’Éducation nationale d’alors, qui voulait imposer une méthode unique aux maîtres d’école.
Nous sommes en 2006. Ignorance ou malveillance, bon nombre d’idées fausses sont véhiculées sur les méthodes d’enseignement de la lecture. L’auteur va en rectifier quelques-unes.
Oui, il est nécessaire de se centrer en priorité, encore et toujours, sur le premier des apprentissages fondamentaux : la lecture. Mais les difficultés et les ennuis commencent dès qu’on essaie de repérer précisément les fondamentaux de la lecture à travailler systématiquement au cycle 2 et notamment au CP.
L’éclairage des recherches en éducation : retour sur vingt ans d’enquêtes.
Réflexion sur l’apprentissage de la lecture. Une démarche intégrale.
Bien souvent, les enseignants de collège ne savent pas trop par quel biais et selon quelle logique aborder l’étude d’œuvres complètes avec leurs élèves, et en particulier des romans et autres textes narratifs. Voici une méthode possible déclinée par des procédures et des conseils concrets et pratiques.
La technique au service de la lecture, sans perdre la saveur des livres : c’est la « lecture experte » telle que la conçoivent les militants de l’Association française pour la lecture.
Un mercredi d’octobre 1988, Michel Tournier reçoit Bernard Defrance et Francis Imbert pour les Cahiers pédagogiques. L’auteur du best-seller des collèges, Vendredi ou la vie sauvage, répond à des questions sur la lecture.
Manuels, fiches, cahiers d’élèves contiennent de nombreux textes suivis de questions auxquelles doivent répondre les élèves, le maitre corrigeant ensuite. Comment aller plus loin que ce rituel, comment enseigner la compréhension, faire acquérir par les élèves des procédures de construction du sens ?
Les élèves de 6e, en fin d’année, disent qu’« en orthographe, en grammaire, en gros, on a continué sur la lancée de l’école primaire. Mais en lecture, ah là, c’est devenu beaucoup plus dur ! » Plus dur, mais pourquoi ? Qu’ont-ils fait avant ? Comment ont-ils travaillé ? Que leur apprend-on de plus au collège ?
Pour clôturer ce dossier sans clore les réflexions, nous avons demandé à une spécialiste des apprentissages de la lecture de nous donner un avis actualisé de ces questions. Eveline Charmeux propose ici d’expliquer la complexité de l’acte de lire et la nécessaire construction par chaque enseignant, à l’image de ce que l’on sait déjà, de sa propre méthode d’enseignement de la lecture.
Un savoir pédagogique naît à l’articulation de la théorie et de la pratique éducatives par l’acteur lui-même dans sa propre pratique. À ce titre, la tradition pédagogique s’est construite historiquement en lien avec et à côté des savoirs philosophiques, théologiques puis scientifiques de l’éducation. La pédagogie n’est pas aveugle, mais elle articule dans le même mouvement actions, conceptions scientifiques de référence et convictions. Prenons quelques exemples au fil des siècles : la maïeutique de Socrate (pédagogue) n’est pas du même ordre que le livre 7 de La République de Platon (philosophe). Les Lettres de Stans de Pestalozzi (pédagogue, 1799) ne sont pas du même ordre que Émile, ou De l’éducation de Rousseau (philosophe, 1762). L’imprimerie à l’école de Freinet (pédagogue, 1927) n’est pas du même ordre que Le langage et la pensée chez l’enfant de Piaget (psychologue, 1923). Qui c’est l’Conseil ? de Oury (pédagogue, 1979) n’est pas du même ordre que La reproduction : Éléments d’une théorie du système d’enseignement de Bourdieu et Passeron (sociologues, 1970). Les deux types de savoirs, savoirs pédagogiques pour les premiers, savoirs sur l’éducation pour les seconds, sont respectables, mais ils ne sont pas identiques et ils n’ont pas la même origine ni la même fonction. D’où l’impossibilité, en termes de respect des statuts des savoirs, de réduire les uns aux autres, que ce soit dans un sens ou dans un autre.
Pour le dictionnaire, le terme « savoir » désigne tantôt un verbe et tantôt un nom. Comme verbe, il renvoie à cinq significations liées, mais distinctes : 1) la conscience : mesurer les enjeux, les conséquences de quelque chose (je sais ce que je fais !) ; 2) l’information : être au courant de ceci ou de cela (je sais qu’il est venu hier) ; 3) la connaissance ou l’expérience (je sais que Paris est la capitale de la France ; je sais m’y prendre dans cette situation) ; 4) la capacité : pouvoir ou savoir faire quelque chose (je peux marcher, je sais conduire) ; 5) le jugement, l’évaluation : savoir la valeur, le prix d’une chose, d’un acte (je sais ce qu’il en coûte de lui désobéir).
Après avoir écrit « Mon fils est un martien » (à lire dans le n° 562 des Cahiers pédagogiques), un épisode difficile de notre vie, j’ai proposé à notre fils de présenter son point de vue. Il est trop difficile pour lui d’écrire, mais voilà ce qu’il m’a dit : « Je ne me suis jamais senti différent […]
Les Cahiers pédagogiques consacrent leur dossier au corps de l’enseignant. C’est la dernière partie d’un quadriptyque intitulé « Le corps et l’école » dont la publication a commencé en 1976. Comme toujours, le contenu du dossier est passionnant et varié, des articles de fond alternent avec des témoignages d’une grande vérité, dont l’essentiel, après trente ans, demeure d’actualité. Cependant, le patrimoine des Cahiers Pédagogiques ne se réduit pas aux textes : il y a aussi des images. C’est à l’une de ces images que cette rubrique est en grande partie consacrée : un regard rétrospectif et interrogateur qui, espérons-le, incitera le lecteur à regarder les Cahiers autant qu’à les lire. Et puis, incomparable plaisir des archives, l’exemplaire du dossier que j’ai utilisé recélait une autre pépite : sur une feuille collée à l’intérieur de la couverture, un texte dactylographié, rédigé par Pierre-Jean Galtayries, alors membre du comité de rédaction.
Peut-on faire en sorte que l’évaluation, domaine réservé du professeur, soit aussi l’affaire des élèves et serve davantage aux apprentissages qu’à la sélection ? Une expérience conduite concrètement en histoire-géographie au collège et où on utilise des outils formatifs : des grilles de réussite par compétences et le portfolio.
Marie Rivoire, professeur d’anglais, a en effet mis au point une méthode pédagogique fondée sur le travail de groupe et l’utilisation sans état d’âme de la stimulation et de la motivation que procurent les notes aux élèves.
Écrit en mai 68 dans le Hall du Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, Les murs ont la parole, éditions Tchou, 1968. Je note, tu notes, nous notons. Des chiffres, des lettres, des gommettes… Est-ce donc un jeu sénile ou puéril, depuis longtemps collé aux murs et criblé d’éclats de rires par Mai 68 ? Si l’auteur inspiré […]
Le bac, le moins mauvais des systèmes d’évaluation des connaissances ? Peut-être. Par rapport au contrôle continu qui désavantage les élèves les plus faibles et renforce presque fatalement « l’effet-établissement ». Par rapport à un système plus décentralisé qui ne peut que renforcer des tendances particularistes et concurrentielles dans le système éducatif. Commençons par former les enseignants à la notation et les présidents de jury à la décision.
Depuis dix ans, j’ai fait le choix d’abord audacieux puis tranquillement assumé, de ne plus mettre de notes à mes élèves, y compris sur leurs bulletins scolaires. Ils sont très régulièrement évalués, mais tous les travaux (devoir à la maison, contrôle, interrogation, travail de groupe, etc.) sont appréciés sur une grille de compétences annuelle avec trois […]
Parce que l’école sélectionne, fait réussir ou échouer, et donc exclut, les parents s’angoissent pour l’avenir scolaire de leurs enfants. Ils ont en permanence les yeux fixés sur les notes obtenues, sans remettre en cause la validité même de cette façon de mesurer les acquis. Faut-il alors supprimer les notes ? Comment utiliser autrement l’évaluation ?
Le modèle évaluatif de l’école reproductrice des structures sociales n’est pas satisfaisant et repose sur la fiction de représentations et d’attentes qui seraient partagées dans tout le système éducatif. L’auteur propose ici le modèle de l’évaluation comme « arrangement » qui rend mieux compte de l’extrême diversité des pratiques évaluatrices des enseignants et du grand nombre de variables qui l’expliquent.
Dans les années soixante-dix, pour « piloter les apprentissages » par l’évaluation, comme le souhaite ci-dessus Philippe Perrenoud, on s’inspira fortement de la pédagogie par objectifs (PPO). Plus qu’un objectif à proprement parler, cette théorie entend déterminer très précisément ce qui est attendu comme résultat en partant d’un comportement observable, des conditions dans lesquelles le comportement souhaité doit se manifester, du niveau auquel doit se situer l’activité terminale de l’apprenant et des critères qui serviront à évaluer le résultat.
On connaît maintenant le concept d’évaluation formative introduit par Scriven en 1967. Fille aînée de la pédagogie par objectifs, l’évaluation dite « formative », se proposait : D’affiner les outils de mesure pour mieux évaluer la maîtrise des objectifs plus soigneusement définis. […] D’apporter des informations sur la démarche de production de l’élève, et non […]
C’est un jeune quasi centenaire dont la pensée pédagogique a irrigué l’école… André de Peretti, poète et scientifique, ingénieur et dramaturge, écrivain et professeur, parlementaire et diplomate, psychosociologue et « formateur de formateurs », internationalement reconnu : un homme aux multiples savoirs. André de Peretti, né en 1916, est diplômé de l’École polytechnique et docteur ès lettres et sciences humaines. […]
Ouvrages généraux Astolfi (J.-P.), 1997, L’erreur, un outil pour enseigner, Paris, ESF. Cet ancien rédacteur en chef des Cahiers avait su trouver la formule heureuse pour accorder à l’erreur toute son importance dans l’apprentissage. Maubant (Ph.), Groux, (D.), Roger (L.) (dir.), 2014, Cultures de l’évaluation et dérives évaluatives, Paris, L’Harmattan, collection éducation comparée. Fait le […]
L’évaluation semble bien se porter. Les publications récentes se succèdent à son propos et, au fond, elle constitue un assez bon révélateur des pratiques pédagogiques et des modèles d’apprentissages auxquels nous nous référons, au moins implicitement. Mais le sujet n’est-il pas encore épuisé ? Et que peut-il encore y avoir de neuf à en dire ?
Quelques conseils pratiques, proposés par un praticien engagé depuis plusieurs années dans une démarche d’apprentissage avec les compétences.
e ministre Benoît Hamon, le 24 juin 2014, lançait une « conférence nationale sur l’évaluation des élèves ». Il déclarait : « L’évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir. Il faut qu’elle soit plus exigeante, qu’elle en dise plus, qu’elle soit bienveillante et […]
Chapo Critères évalués (1) Être capable de… Échelle d’évaluation (2) Appréciations verbales (positives et négatives) (3) Oui Non A (15 à 20) B (10 à 14) C (5 à 9) D (0 à 4) A. Communiquer (4) 1. Présence 2. Audibilité 3. Oralité B. Exposer avec méthode (5) 1. Présentation du sujet 2. Annonce du plan 3. Développement : – argumentation – démonstration – discussion […]
Avant d’aborder l’actualité récente de la notation (conférence nationale de décembre 2014) et les débats qu’elle provoque encore, il nous faut regarder dans le rétroviseur du temps pour voir que ce n’est pas d’aujourd’hui qu’elle a été observée, étudiée et critiquée comme outil de communication de l’évaluation.
Évaluer ne va pas sans se former ! Le QQOQCP pour remplir la besace de tout enseignant
De nombreuses recherches, notamment sur la motivation, montrent qu’il faut distinguer au moins deux grandes catégories d’évaluation : – l’évaluation contrôlante, ou normative, – l’évaluation informative. Leurs mécanismes et leurs effets sont divergents quand on utilise la note. Et les résultats scolaires pour ces deux types d’évaluation dépendent encore du climat de la classe et de l’établissement, comme nous le montre ici Alain Lieury, chercheur en psychologie cognitive, dans les extraits de deux de ses articles.
1987… Les interrogations existentielles d’un professeur devant l’idée même d’évaluation… Elle poussait ses questions à leurs limites même car elle savait, d’expérience sûre, qu’elles n’avaient pas de réponses univoques et totalement assurées… La seule chose dont elle était certaine, c’est que la vie déborde toujours des cadres et des grilles de nos évaluations scolaires pour s’échapper et s’en aller ailleurs ! Les questions que se pose ici Chantal Cambronne-Desvignes n’ont rien perdu de leur acuité et de leur vitalité. On sent passer encore dans sa voix le souffle puissant des remises en cause radicales que Mai 68 a soulevées…
L’apprentissage du philosopher s’inscrit dans un processus qui doit prévoir l’évaluation d’exercices spécifiques sur chacun des objectifs-noyaux : définir une notion (conceptualiser), poser un problème (problématiser), soutenir une thèse (argumenter)…
Évaluer la créativité, la validité de l’émotion, l’investissement personnel dans l’écriture d’invention du baccalauréat de français ne va pas sans poser quelques problèmes. Les grilles critériées suffisent-elles à réduire l’incertitude évaluatrice du professeur de lettres ?
L’apprentissage du débat en seconde : comment, grâce à une évaluation personnelle bien pensée, définir des repères pour aider les élèves à progresser.
Le baccalauréat n’explique pas tout. Les enseignants de lycée sont marqués par la responsabilité de faire réussir les élèves à l’examen. Le barème du bac règne en maître, mais pourquoi devrait-il être présent dès le premier trimestre de la classe de 2de ? Comment s’y prendre autrement avec les dispositifs d’évaluation ?
Dans plusieurs classes uniques d’une école en ZEP d’un quartier populaire de la ville de Montpellier, les enfants, de 5 à 12 ans, proviennent en grande majorité de familles maghrébines. L’équipe des maîtres s’appuie sur les pédagogies Freinet et institutionnelle. Les méthodes d’évaluation aussi n’y sont pas traditionnelles…
Les ceintures de la pédagogie institutionnelle de Fernand Oury sont un outil particulièrement efficace dans une approche par compétences. Un exemple très élaboré pour la compétence « intervenir à l’oral devant un public » en classe de 1re, en cours d’histoire-géographie. La classe travaille la compétence « intervenir à l’oral devant un public ». Le thème est la place […]
Pour lutter contre des pratiques injustes induites par les dérives de la courbe « en cloche » de Gauss, André Antibi présente la méthode dite « d’évaluation par contrat de confiance » : EPCC. Cette méthode est-elle compatible avec l’évaluation par compétences ?, lui a-t-on demandé en 2011 Voici sa réponse.
L’évaluation est devenue la star des méthodes pour juger de la réussite, de l’efficacité ou des échecs des hommes, de leurs actions et de leurs projets. Au point qu’on parle désormais d’une « culture » de l’évaluation qui procède même à l’évaluation de sa propre « culture »… En 2011, sur le site de la revue Sciences Humaines, on […]
Avec les devoirs, l’école pénètre chaque jour au domicile des familles. Pour les familles populaires les plus éloignées de l’univers scolaire, les devoirs sont un des points de cristallisation de leurs relations problématiques avec l’école.
Le professeur documentaliste, coacteur de l’inclusion : mutualisations du groupe « recherche intervention documentation et inclusion » de l’académie de Nancy-Metz.
L’auteur de cette contribution a travaillé étroitement avec Jean-Pierre Astolfi et revient sur des concepts essentiels qui vont au-delà de la didactique des sciences qui les a fait émerger.