Rectifier des idées fausses sur les méthodes
Nous sommes en 2006. Ignorance ou malveillance, bon nombre d’idées fausses sont véhiculées sur les méthodes d’enseignement de la lecture. L’auteur va en rectifier quelques-unes.
Contrairement à ce que le ministre de l’Éducation nationale a affirmé à l’Assemblée nationale, aucune étude de neurosciences n’a porté sur les relations entre les pratiques pédagogiques des maîtres de cours préparatoire et le fonctionnement du cerveau. Il y a entre ces deux objets un nombre considérable de niveaux intermédiaires dont les relations n’ont jamais été examinées. Évoquer l’importance de l’hémisphère cérébral gauche dans la lecture pour légitimer la méthode syllabique relève du charlatanisme. Même les scientifiques sollicités par Le Figaro le reconnaissent : « À l’heure actuelle, les recherches en neurosciences ne sont pas assez avancées pour valider ou invalider telle ou telle pratique » (Franck Ramus, le 9.12.05).
Les neurosciences et les sciences cognitives ont pourtant des choses à apprendre aux enseignants. De manière plus modeste mais plus rigoureuse, elles leur indiquent les composantes de la lecture qu’ils n’ont pas le droit de négliger s’ils ne veulent pas pénaliser leurs élèves. Elles mettent surtout en évidence l’importance des traitements phonologiques, en particulier pour les langues écrites qui, comme le français, reposent sur une forte ossature alphabétique. On sait en effet avec certitude que les compétences phonologiques des jeunes enfants influencent positivement la réussite de leur apprentissage de la lecture et qu’elles peuvent être stimulées par l’enseignement. Le rôle de la grande section de maternelle, grande absente de la réflexion ministérielle, est décisif sur ce point.
En d’autres termes, il est souhaitable que les méthodes d’enseignement de la lecture…