Apprendre à lire et apprendre à enseigner la lecture
Réflexion sur l’apprentissage de la lecture. Une démarche intégrale.
Lire, faut-il le préciser, c’est être capable d’identifier et de comprendre de l’écrit que l’on n’a jamais rencontré auparavant. Ces capacités exigent, notamment, que l’on ait maîtrisé avec patience et parfois difficulté les mécanismes qui permettent au code écrit de fonctionner. Rien n’est plus dangereux que de faire croire à un enfant qu’il sait lire alors qu’il ne possède aucune autonomie de lecture. Il faut au contraire qu’il accepte le fait que le plaisir de lire est au bout du chemin d’un apprentissage, parfois aride, parfois répétitif, qui lui donnera le pouvoir de conquérir tout seul le sens d’un texte.
Plus particulièrement, ces trente dernières années, certains ont tenté de faire croire aux instituteurs du cours préparatoire que le grand ennemi de la lecture était devenu le déchiffrage. C’était, a-t-on dit, parce que l’on obligeait ces malheureux élèves à établir des liens entre les lettres qu’ils découvraient et les sons qui leur correspondaient que certains en restaient au stade d’un ânonnement besogneux privé de sens. Et même, en poussant cette logique jusqu’au bout, que c’est en différant le plaisir de « comprendre – tout – de – suite » en obligeant à dominer d’abord les mécanismes de la lectu…