Trente ans après sa création, après une longue alternance d’impulsions fortes et de périodes de silence institutionnel, où en est aujourd’hui l’éducation prioritaire ? Pour faire des propositions, il importe de revisiter son histoire.
Que peut l’administration pour accompagner les équipes des établissements de l’éducation prioritaire, en particulier au niveau des rectorats ? Comment encourager les évolutions pédagogiques, les relations avec le territoire ?
Pourquoi certains territoires ont-ils besoin d’un dispositif spécifique et pas seulement de moyens supplémentaires ?
Vous le devinez, le prochain numéro sera marquant. Cahiers pédagogiques, numéro 500. Nous avons souhaité le rendre unique par son contenu et que soient fêtés, à l’occasion de la sortie, tous ceux qui ont œuvré, depuis 1946, à la parution de la revue. Parmi les artisans des Cahiers, Cécile Delannoy, rédactrice en chef de 1972 à 1981, et Jacques Carbonnel, directeur de la publication entre 1978 et 1988.
Aux balbutiements d’un XXIe siècle angoissant, chaotique, échevelé, nous, parents, élèves, enseignants, citoyens en général, avons tendance à réclamer non pas un ralentissement, non pas du recul, non pas le temps de la réflexion nécessaire à la compréhension d’un monde d’une incroyable complexité, mais de l’ordre pour un monde que nous estimons en désordre. Une […]
Un texte pour provoquer la réflexion, qui ne confond pas les conditions de l’apprendre (l’enseignement) et l’apprendre lui-même. Le coeur de la démonstration : on enseigne aujourd’hui différemment d’hier, mais on apprend aujourd’hui comme hier.
Si ce qui compte pour les adolescents se joue ailleurs qu’à l’école, comment cette institution devrait-elle redéfinir son projet global pour retrouver toute sa place dans la formation, l’instruction et l’éducation des jeunes ?
L’école reste un lieu spécifique, indispensable pour apprendre, en dehors de la famille, en retrait de la vie sociale. Elle est dans le même temps pleinement incluse dans la société, à la fois victime et actrice de ces évolutions.
Si l’école ne veut pas devenir une organisation comme les autres ou un simple service des usagers, elle doit s’accorder sur des principes supérieurs définis par les parlementaires au lieu d’être confisqués par des corporations et des spécialistes ; une urgence si on tient toujours à ce que l’école forme des sujets et fasse œuvre d’éducation.
En quoi et comment ce qu’on appelle diplôme a-t-il été construit historiquement pour attester des savoirs ? En quoi ce processus est-il aujourd’hui remis en cause et, de ce fait, remet-il en cause le monopole de transmission des savoirs par l’école ?
Quels contenus enseigner ? Pour préparer à quelle vie ? Répondre à ces questions suppose de faire preuve de lucidité et de courage politique.
À défaut de rédiger la loi d’orientation pour l’école qui sera votée en 2048, prenons un peu de recul historique sur les savoirs enseignés et leur ancrage dans des causalités sociales, voire économiques.
Au moment où cet article sera publié, les conclusions de la concertation nationale engagée sur la refondation de l’école seront connues. L’un des membres actifs de ce chantier développe ici ses convictions sur le travail à effectuer quant aux contenus d’enseignement.
Ce qu’on doit apprendre, ce qu’on fait apprendre aux enfants est une question éminemment politique, et ce, depuis, au moins, Condorcet. Apprendre n’est pas un acte individuel, c’est un enjeu démocratique.
L’école de la IIIe République était fondée aussi sur le projet de former de « bons petits Français », imprégnés du « roman national ». Quels récits pour aider les citoyens du XXIe siècle à connaitre le monde et construire l’avenir ?
Mesure hautement symbolique du quinquennat Hollande et de la loi de refondation de l’école, la semaine de quatre jours et demi a été remise en cause dès l’élection d’Emmanuel Macron et la nomination de son ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Faisons le point en cette rentrée.
Le Rapport annuel 2015 des inspections générales de l’Éducation nationale et de la Recherche, paru en décembre 2016, est consacré à l’innovation et l’expérimentation et leur incidence sur l’évolution du système éducatif. Se voulant à la fois état des lieux et outil de réflexion, ce rapport s’attache à définir ce que sont l’innovation et l’expérimentation, rend compte d’exemples d’innovations et d’expérimentations observées sur le terrain et cherche à déterminer leur incidence sur l’évolution du système éducatif.
Depuis l’introduction des démarches d’investigation dans les enseignements scientifiques, des manuels scolaires de sciences physiques et chimiques proposent des exercices d’application du cours labellisés « démarche d’investigation » ou « situation problème ». L’auteur nous montre comment les auteurs de ces ouvrages utilisent ces labels et nous invite à une réflexion sur leurs définitions.
Une relecture du dossier qui vise à établir les invariants reliant les articles : développer une attitude soucieuse de problématisation, accorder toute son importance à la confrontation des idées, interroger ce qui est découvert, s’enrichir de l’interdisciplinaire, référer ce qui est investigué et découvert en classe.
Au Chili, la liberté d’enseignement est un droit. L’État est le garant de la liberté de l’offre éducative et de la liberté des parents de choisir une école pour leur enfant. Mais cela ne favorise pas pour autant une diversification de l’offre pédagogique.
La question de la justice interroge l’école de manière plus insistante depuis que les enquêtes internationales ont pointé le système scolaire français comme particulièrement inégalitaire. L’auteur de ce texte, personnel de direction, questionne les responsabilités de l’école dans la fabrication de l’injustice et propose des pistes aux acteurs.
Au XVe siècle, Rabelais dénonçait un modèle d’enseignement scolastique, cherchant à faire des têtes bien pleines, mais incapables de réflexion. Gargantua, fils de roi, apprend si bien les livres qu’il étudie qu’il est capable de les réciter par cœur et même à l’envers. Mais ces exercices surchargent la mémoire d’une érudition inutile et qui n’a […]
Impulser, dans une visée démocratique et non de sélection méritocratique, révéler et accompagner l’ambition : un dispositif permet à des élèves motivés et de condition modeste, grâce à une préparation exigeante, de valoriser l’engagement pour que l’effort prenne sens, au-delà de la discrimination positive. Le programme d’études intégrées (PEI), cogéré par sept instituts d’études politiques […]
Il n’y a pas qu’en France qu’il est question de bienveillance, même si les mots peuvent changer d’un pays à l’autre. Un regard européen et des exemples de formations et de pratiques pour construire, au-delà de la seule amélioration du climat scolaire, un vivre ensemble harmonieux à l’école.
Celui qui parle de bienveillance, en salle des maitres et, pire encore, en salle des professeurs, s’en tire bien quand il récolte juste un haussement d’épaules. Être lucide sur ce qui engendre de telles attitudes permet de mieux comprendre les réticences au changement des enseignants.
Au-delà des idées reçues, les pratiques effectives des enseignants remettent en cause la traditionnelle opposition entre exigence et bienveillance.
Comment définir au mieux la notion de bienveillance ? Tentative de caractérisation d’un concept en vogue, mais flou et polysémique.
Y aurait-il un sentiment de bienveillance qui se propagerait dans les différents corps de la société : l’école, la formation et le monde du travail ? L’appel à la bienveillance comme nouveau code devant présider à la communication n’est pas sans poser problème. Limites d’une notion très présente, à la fois dans le milieu scolaire et le monde professionnel, et pourtant non dénuée de menaces de normalisation et de nouveaux conformismes.
« Il faut prendre soin les uns des autres. » C’est ce qui ressortait de ce conseil coopératif du début d’année scolaire de la classe de 6e dont j’étais professeur principal. Le « soin » incluait évidemment l’aide, la solidarité, le regard sur l’autre, et tant d’autres choses. La classe sentait que c’était important, mais ne comprenait peut-être pas encore […]
À travers l’exemple du cycle 3 qui impose le nécessaire dialogue entre le premier et le second degrés, on voit quels sont les enjeux d’une collaboration effective et efficace des enseignants pour faire équipe, et ceci, sans oublier les principaux intéressés, les élèves.
Mars 1994. La jeunesse est dans la rue. Contre le CIP (contrat d’insertion professionnelle). Le Premier ministre Édouard Balladur n’y voit que le retour cyclique des manifs de printemps. À la fin mars, il sera contraint de renoncer au projet. Mais la droite y reviendra, c’est cyclique. Il aurait pu s’en douter : en cherchant dans le dictionnaire un synonyme de cycle, il aurait trouvé « révolution » ! Jean-Claude Fontaine, le coordonnateur du dossier des Cahiers pédagogiques du mois, « Enseigner par cycles à l’école primaire », présente ainsi la question : « L’école vit à l’heure des cycles. “Encore une réforme ? Non, une révolution.” Mettre l’enfant au centre du système éducatif dans le cadre d’un projet d’école qui tend à réaliser les objectifs nationaux en tenant compte des circonstances locales, quel programme ! » Voilà trois ans que l’école élémentaire a été réorganisée en cycles, c’est le moment de faire le point et d’engager des perspectives et des débats : à quelles conditions les cycles donnent-ils le temps d’apprendre aux élèves ? Le temps de différencier aux enseignants ? Claude Thélot, alors responsable de la Direction de l’évaluation et de la prospective, est interrogé dans le dossier : « Faut-il consacrer le maximum de temps aux connaissances de base dans la pratique de la classe ? » Il répond : « Je crois qu’il y a un aspect temps consacré à tel ou tel apprentissage, mais ce qui compte surtout, c’est la texture de ce temps. » Le premier article du dossier, que nous reproduisons ici, situe la mise en place des cycles dans la longue durée d’un siècle d’innovation pédagogique et se termine par un rendez-vous fixé « dans trente ans ». Son auteur nous pardonnera d’être un peu en avance : nous sommes entrés dans un nouveau cycle ! YANNICK MÉVEL
HSn n° 48, coordonné par Nadine Coussy-Clavaud et Cathy Marret. L’aménagement architectural de l’établissement et de ses abords engage une double réflexion qui inclut à la fois la question du lieu de vie (associé au climat scolaire) et celle de l’établissement scolaire comme espace d’apprentissage. Cette double question suscite de plus en plus d’intérêt et mobilise des équipes de recherche.
Respecter les rythmes d’apprentissage individuels, tout en maintenant l’exigence de la progression de tous, et en prenant en compte les échéances des examens. Personnalisation du suivi, responsabilisation des élèves et approche par compétences sont autant de réponses à ces objectifs.
Deux ans durant, deux cohortes successives d’élèves de 3e du collège Condorcet de Nailloux, en Haute-Garonne, ont travaillé en histoire et en arts plastiques sur le parcours d’une famille juive, les Niederman, pendant la Seconde Guerre mondiale. L’occasion de revenir sur l’utilisation des témoignages en histoire et sur les enjeux de l’interdisciplinarité. Le projet « L’écho […]
Des enseignantes de maternelle s’essaient au décloisonnement par domaines d’apprentissage pour restaurer la confiance et faire progresser tous les élèves sur les trois années du cycle 1.
À l’heure de l’évaluation positive prônée par les instructions officielles pour l’école maternelle depuis 2015, qu’en est-il de la coéducation entre parents et enseignants du premier cycle ? La mise en place d’un nouveau carnet de suivi des apprentissages dans une classe d’école maternelle contribue-t-elle à l’encouragement et au développement d’une plus grande coéducation, ou vient-elle au contraire l’interroger, la limiter ou l’empêcher ?
Quand l’ensemble d’une équipe pense de concert les modalités d’évaluation qui doivent présider à la validation du socle commun, cela donne une vraie réflexion sur la pédagogie des cycles : coconstruction de grilles, coévaluation, coopération.
Où l’on voit comment, sous l’impulsion d’un enseignant motivé par la pédagogie des cycles, une spirale vertueuse se crée puis s’installe au sein de toute une équipe.
Grâce à la modification des relations sociales au sein et hors de la classe induite par le multiâge, et aussi par la mise en place d’outils facilitant la personnalisation des apprentissages et le développement de la coopération, les relations entre élèves s’améliorent, pour le plus grand bénéfice de chacun.
L’historienne Suzanne Citron est décédée le 22 janvier dernier. Elle est connue pour ses travaux sur l’enseignement de l’histoire en France et a été membre du comité de rédaction des Cahiers pédagogiques de 1971 à 1979. Plusieurs militants de l’association lui rendent ici hommage.
C’est assez rare pour être souligné : six évènements forts auront marqué la vie éducative et culturelle de Saint-Denis de La Réunion du 4 au 9 décembre dernier. La venue de deux militants du CRAP-Cahiers pédagogiques, Jean-Michel Zakhartchouk et Florence Castincaud, a permis de mettre un coup de projecteur sur le mouvement et sur la capacité d’animation de ses militants.
Le Sénégal a mis en place une réforme de l’éducation, reposant sur une approche par compétences et l’évaluation formative. Mais les enseignants, dans leur majorité, sont peu ou pas formés. Cela les amène à trouver des réponses par leurs propres moyens aux difficultés que leur posent ces nouveautés. Et cela interroge l’État sénégalais sur ce qu’il met en œuvre pour combler les lacunes.
Comment mettre en œuvre concrètement une pédagogie des cycles : par quels moyens, dans quels buts ? Revoir le statut de l’évaluation et ses modalités, et repenser la distinction entre progression et programmation, pour s’adapter au mieux aux compétences et besoins des élèves.
L’élaboration puis la mise en place des programmes de cycle ont pour vocation la réussite de tous les élèves et l’amélioration de la qualité des enseignements. Organisés de façon plus cohérente et plus progressive, ces programmes sont articulés au socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et définis selon une continuité adaptée aux apprentissages des enfants.
Dans le dispositif Enfants conférenciers, les élèves d’une classe viennent au musée travailler autour d’une dizaine d’œuvres. Ils y reviennent deux mois plus tard pour guider leurs pairs, des élèves d’une autre classe, au cours d’une visite en autonomie. Récit d’une expérimentation qui bouscule la notion de cycle, pour mieux la dépasser.
« Les cycles ? C’est une belle idée, mais sur le terrain ça ne marche pas. » Combien de fois avons-nous entendu et prononcé cette formule qui sonne comme une sentence depuis 1991 ? Les programmes de cycle, tout justes publiés, sont découpés en objectifs annuels par des manuels, par des équipes qui, faute d’outils, faute de […]
Quels objectifs ont présidé à la rédaction des programmes de cycle 4 ? Si, bien sûr, il s’agit de les articuler au mieux avec ceux du cycle 3, d’éviter les redites, il faut aussi prendre en compte les bouleversements qui sont à l’œuvre chez les élèves à cette période charnière de l’adolescence, pour les mener vers la complexité et l’abstraction, mais aussi les outiller sur le chemin de l’autonomie et de l’esprit d’analyse.
De la programmation des enseignements à la progressivité des apprentissages, quels sont les leviers qui ont permis d’opérer les changements des pratiques des professionnels, afin de mieux articuler cycles et parcours ?
L’année 2017-2018 a été marquée par de nombreuses réformes (ou effets d’annonce) dans l’Éducation nationale. Dans le désordre : dispositif Devoirs faits, rentrée en musique, interdiction des téléphones portables dans les établissements, réforme du bac et du lycée, dédoublement des classes de CP en REP+, aménagements des programmes des cycles 2 et 3, etc. Gageons que 2018-2019 ne sera pas en reste de ce rythme effréné et voyons ce que le ministre pourrait bien avoir dans sa besace.
L’année 2017-2018 a été marquée par de nombreuses réformes (ou effets d’annonce) dans l’Éducation nationale. Dans le désordre : dispositif Devoirs faits, rentrée en musique, interdiction des téléphones portables dans les établissements, réforme du bac et du lycée, dédoublement des classes de CP en REP+, aménagements des programmes des cycles 2 et 3, etc. Gageons que 2018-2019 ne sera pas en reste de ce rythme effréné et voyons ce que le ministre pourrait bien avoir dans sa besace.