L’analyse de séances de grammaire permet d’identifier, à travers différents types de cadrages des aptitudes cognitives et langagières, ce qui facilite ou fait obstacle aux apprentissages des élèves.
L’analyse de séances de grammaire permet d’identifier, à travers différents types de cadrages des aptitudes cognitives et langagières, ce qui facilite ou fait obstacle aux apprentissages des élèves.
Une pratique qui s’attache à montrer, en s’appuyant sur certains acquis des neurosciences, l’intérêt d’apprendre aux élèves le fonctionnement de leur cerveau pour faciliter leurs apprentissages.
Une acculturation aux codes et aux règles propres à l’enseignement supérieur s’avère nécessaire pour faciliter le passage du secondaire à l’université.
Suffit-il d’expliciter pour que les élèves apprennent ? Les questionnements nécessaires à tout pédagogue soucieux d’explicitation ne doivent pas faire oublier l’impact de variables moins rationnelles.
Et si l’explicitation passait tout autant par le corps que par les mots ?
Comment accompagner les élèves à quitter le registre premier, qui leur est familier, pour entrer dans le registre second afin de ne pas être mis hors jeu des situations scolaires ? Un enjeu crucial pour certains élèves moins à l’aise avec les codes scolaires.
Durant deux années scolaires, Audrey Girard, professeure des écoles maitre formatrice, a ouvert sa classe de CE2 à Bruno Fondeville, enseignant chercheur, afin de réfléchir sur les apprentissages qui se jouent lors d’un moment particulier du conseil d’élèves : la résolution de conflits.
Différents témoignages d’acteurs du terrain rendent compte ici du rôle et de l’usage de l’explicitation dans le développement des capacités professionnelles des élèves et apprentis du CAP agricole, diplôme rénové et mis en œuvre à partir de la rentrée 2015.
Devenue familière dans les discours et les textes officiels, aux niveaux international comme national, la notion d’école inclusive implique une modification des systèmes éducatifs pour prendre en compte le mieux possible les besoins éducatifs particuliers de chaque élève accueilli dans la classe correspondant à son âge, quels que soient ses besoins. C’est la défense d’un droit à l’éducation qui s’applique ici, un droit individuel, mais qui doit être pris en charge collectivement. Que recouvre ce droit à l’éducation ? Dans quelle mesure les pratiques enseignantes sont-elles modifiées pour pouvoir accueillir de nouveaux publics d’élèves et apporter une réponse adaptée à chaque élève ?
Automne 1534. « Vous convient être sages, pour fleurer sentir et estimer ces beaux livres de haute graisse, légers au pourchas et hardis à la rencontre. Puis, par curieuse leçon et méditation fréquente, rompre l’os et sucer la substantifique moelle. » Rabelais s’attaque aux savoirs figés de la Sorbonne et vante dans Gargantua une éducation dont, depuis le temps, tous ceux qui cherchent les voies d’une pédagogie de l’émancipation se réclament. Jamais cette rubrique n’était remontée aussi loin dans le temps. Le lecteur attentif, voire tatillon, pourrait objecter que Rabelais n’a jamais écrit dans les Cahiers pédagogiques. Je ne cherche pas à le nier. C’est Jacques Drouet qui, en mars 1974, en proposait un pastiche à l’occasion d’une mini rencontre qui eut lieu au siège de l’association en octobre 1973 sur le thème « Autonomie des jeunes dans l’acquisition du savoir ». Pour comprendre quelque chose au propos, il faut décrypter constamment l’implicite : celui des références à l’abbaye de Thélème, celui du contexte de l’automne 73, celui de la réflexion pédagogique de ces années post68. Exercice difficile, sans doute, pour le lecteur d’aujourd’hui. Fallait-il alors retraduire ce texte dans une langue d’aujourd’hui, fallait-il signaler chaque référence, chaque allusion par une note explicative, fallait-il donner au lecteur, avant qu’il entre dans ce texte, les clés de la transcription dans « la langue de Rabelais » (du moins telle que notre auteur l’avait adaptée), pour éviter que tous ces implicites l’empêchent d’accéder à la « substantifique moelle » de la pensée de Jacques Drouet ? Les tenants d’une certaine pédagogie explicite auraient sans doute procédé ainsi. D’autres auraient choisi de faire confiance au lecteur, de l’autoriser à découvrir par lui-même quelques clés de lecture (« rompre l’os »), et même de lui permettre de renoncer à « tout comprendre » pour le plaisir de « fleurer, sentir et estimer » ce texte « de haute graisse ». Ai-je suffisamment explicité mon choix ? YANNICK MÉVEL
Mettre les élèves en recherche ou apporter des savoirs ? L’auteur de cet article propose de ne pas adopter de position dogmatique, mais de décider plutôt en fonction de chaque projet d’enseignement.
Entre Rousseau et Don Milani : quand l’épaisseur du réel fabrique l’utopie la plus forte.
Marie Freland a fait des études en psychologie et en philosophie avant d’obtenir le Capes de lettres modernes. Un croisement qui a peut-être renforcé cette conviction : l’apprentissage de la langue est pour Marie Freland le vecteur premier du développement d’une pensée personnelle et citoyenne chez les élèves, et l’enseignement de la langue et de la culture littéraire, en ce qu’il contribue à favoriser l’expression des sentiments et des idées, permet de construire une société d’individus responsables et sachant dialoguer. Jusque dans leur usage des réseaux sociaux.
Marianne Molander Beyer est maitre de conférences à l’université de Göteborg. Elle répond à quelques questions sur le système éducatif suédois, traversé lui aussi par des interrogations sur les compétences, la formation des enseignants notamment.
Nul ne prétend que ce soit une panacée, et bien rares doivent être ceux qui la boycottent complètement. Où en est-on des usages de l’encyclopédie en ligne, notamment pour les recherches documentaires en lien avec le travail scolaire ?
Quelle est la place des documents dans la cohérence du cours d’histoire ? Et comment s’articulent-ils avec les conceptions des élèves, qu’il faut prendre en compte ? Comment placer au cœur du cours la recherche et le tri d’informations ?
Travailler sur la presse écrite, imprimée devrait-on dire, reste d’actualité dans les classes, mais c’est aussi dans l’océan des informations disponibles sur internet qu’il faut apprendre à se repérer.
Comment utiliser des documents pour mieux apprendre une langue vivante ? Différentes logiques se sont succédé dans les pratiques et coexistent encore, avec une certaine confusion quand arrive l’examen final.
D’abord l’ordinateur, ou plutôt les dictionnaires ? Tout de suite Google, ou bien BCDI ? Dans tous les cas, le mieux est de commencer par se demander ce que l’on cherche.
À la maison aussi, la bascule du papier vers le numérique n’est pas simple à gérer pour les parents.
Rechercher une information est une activité cognitive complexe. Qu’en est-il de la lecture sur écran, quand la diversité des formats de présentation des contenus exige des efforts de compréhension particuliers ?
La posture du lecteur et celle du scientifique en herbe ont à voir. Il s’agit dans les deux cas de problématiser ce que l’on perçoit et ce qu’on lit à l’aune de ce que l’on sait et de ce que l’on cherche. Lire en contexte est alors un outil pour apprendre, apprendre en sciences comme apprendre à comprendre.
Rechercher et traiter des informations, vaste programme. Pour les professeurs de français, reste à préciser les compétences à développer chez les élèves, en particulier en matière de lecture.
S’il n’est pas de recettes pour apprendre à lire, il peut être bien utile d’apprendre à lire des recettes. Lire, c’est bien d’abord rechercher une information dans un ensemble de signes.
Internet entretient l’illusion d’informations facilement accessibles, à profusion. Il faut montrer aux élèves la nécessité de dépasser les premiers réflexes, et de se coltiner, progressivement, un travail intellectuel exigeant.
Comment apprendre l’art du filtrage des ressources numériques ? Comment évaluer l’information trouvée sur internet plus finement que par « J’aime-Je n’aime pas » ? C’est une vieille ambition de l’école qui est en jeu : apprendre l’autonomie de pensée.
On les oublie parfois, mais les parents sont bien partie prenante des recherches demandées aux élèves, et parfois aussi démunis qu’eux devant des consignes qui semblaient pourtant claires à l’enseignant.
Comment permettre à l’élève de se déplacer dans l’océan des informations, de ne pas faire naufrage ? Il faut d’abord bien comprendre des spécificités du média internet comme l’hypertextualité et, de plus en plus, la diversité des supports d’information disponibles sur la Toile.
Pour des élèves en grande difficulté d’apprentissage, la recherche sur internet est un plus formidable et ils sont heureux de rendre des travaux bien présentés et justes, puisqu’ils l’ont « trouvé sur internet ». Mais combien de fois le contenu n’est-il pas vraiment lu, combien de fois le copier-coller fonctionne-t-il à plein régime ?
Quand la pêche aux infos sur l’océan Google est devenue un réflexe, n’est-il pas temps d’apprendre à nos élèves à trier ce qu’ils ramènent dans leurs filets ?
Pour bien comprendre la façon dont est réalisée une encyclopédie, et le meilleur usage à en faire, on peut essayer de passer du côté des rédacteurs. Pas simple !
Les compétences documentaires ont pour principal avantage de nous plonger immédiatement dans l’action : fouiller, lire, observer, rechercher, comparer, trier, utiliser, exploiter des documents. Mais comment dépasser ce stade de l’activité pour aller vers la connaissance et la maitrise des savoirs ?
Un ensemble de textes présentant un outil et des démarches en classe y recourant : le document de collecte.
Mettre les élèves en recherche, c’est leur donner l’occasion de faire des trouvailles inattendues : des rencontres avec des personnes exemplaires, des débats sur des conflits de valeur, ou simplement de bonnes raisons de venir étudier au lycée.
Des enseignants feront-ils forcément mieux que leurs élèves en matière de recherche documentaire ? Dans ce collège, des collègues investissent le CDI le temps d’une formation, pour voir.
Le bibliothécaire est avant tout un médiateur qui doit offrir à tous les publics, et en particulier aux publics scolaires très présents, de nombreuses ressources sur de multiples supports. Mais qu’en est-il de la formation des élèves, que prend-il en charge lorsqu’il collabore avec les enseignants ou conduit des projets culturels avec eux ?
Au Québec aussi, on forme aux compétences info-documentaires, et en passant d’abord par les nouvelles technologies. Une formation qui repose principalement sur les épaules des enseignants et des bibliothécaires, du primaire au lycée. Pas de paradis québecois, les choses sont difficiles aussi outre-Atlantique.
Face au flux d’informations, le pédagogue a un rôle essentiel de guidage à assurer. Médiateur et accompagnateur des savoirs, il organise des parcours pluriels progressifs, il insiste sur les procédures, dans un espace scolaire élargi où les bornes disciplinaires s’estompent.
Une proposition pour préparer de façon progressive et structurée la validation des compétences documentaires du B2i au lycée.
Comment passer de la science-fiction aux sciences et de la littérature à la radio ? Comment lutter contre la désinformation scientifique en touchant le public le plus large possible ? Entretien avec Nicolas Martin, producteur de l’émission La méthode scientifique sur France Culture.
« Je suis stupéfait par le holdup opéré par un certain “monde associatif” sur la formation continue des enseignants. Et je m’interroge… », ainsi commence le thread (fil de messages) d’Eul’Gringo sur Twitter. Twitto anonyme au profil Sergio Leonesque, derrière la moustache et le sombréro, ce despérado des réseaux ne consent à livrer que son […]
Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé une large formation des enseignants à la laïcité. Quoi de mieux, si on veut que ce ne soit pas un nouveau catéchisme descendant, que de s’appuyer sur l’expérience éprouvée de formateurs devenus experts par leur pratique ? L’ouvrage Vivre Libres ! se veut une boîte à outils pour tous les éducateurs, avec des fiches et séquences thématiques. Entretien avec ses coordonnateurs, Évelyne Bechtold, inspectrice pédagogique régionale de philosophie, et Rodrigue Coutouly, principal de collège.
Si le jugement de plausibilité fait partie des mécanismes naturels, il reste que l’esprit critique nécessite d’être éduqué et aiguisé. Les élèves doivent pouvoir évaluer la qualité des informations et la pertinence du processus de production scientifique. C’est ce que défend un rapport du groupe de travail « Développer l’esprit critique » du Conseil scientifique de l’Éducation nationale, publié en mars 2021, qui prodigue des conseils pour parvenir à cet objectif.
Dans un article que nous publions sur notre site, Olivier Vincent réagit à l’audition de Jean-Pierre Obin devant le Sénat en mars dernier. Au cours de cette audition, Jean-Pierre Obin a estimé, sur la question de la formation des enseignants autour du thème de la laïcité, que c’est à l’Etat de dire quels sont les auteurs et les références acceptables dans la formation des enseignants, écartant du coup des personnalités pourtant appréciées et compétentes sur le sujet et la possibilité de débats. C’est une position que nous ne partageons pas aux Cahiers pédagogiques, mais il nous a paru équitable et respectueux du débat démocratique de donner un droit de réponse à Jean Pierre Obin.
Le mercredi 10 mars 2021, la commission de l’éducation, de la culture et de la communication du Sénat auditionnait Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, dans le cadre de l’examen de la « loi séparatisme ». Olivier Vincent réagit ici aux propos tenus pendant cette audition, et notamment à son postulat que ce serait à l’État de dire quels sont les auteurs et les références acceptables dans la formation des enseignants en matière de laïcité.
En période de pandémie, où circulent fausses informations et rumeurs, où tout un chacun est témoin des tâtonnements de la recherche scientifique quasiment en direct, Étienne Klein, physicien au CEA et philosophe des sciences, nous rappelle l’importance de l’esprit critique et le rôle des sciences dans sa construction.
Nous vivons à l’ère de la postvérité, sans aucune distinction entre les faits et les opinions. L’autorité du maitre se fonde alors sur sa capacité à développer le jugement et la pensée critique des élèves.
Comment mieux enseigner et mettre en œuvre les meilleures conditions pour permettre aux élèves d’apprendre ? Question ancienne réactualisée par l’enjeu de l’explicitation dans la culture scolaire et dans les situations d’apprentissage. Aujourd’hui, nous portons notre attention sur l’explicitation de la part de l’enseignant, mais aussi de la part de l’élève, voire entre élèves, une explicitation […]
En même temps que nous lançons une lettre ouverte au ministre pour que les questions liées au climat soient davantage présentes dans notre école, nous avons recueilli l’avis d’une éminente spécialiste en climatologie, qui a, de son côté, lancé une pétition pour leur prise en compte dans les programmes de lycée.
À l’initiative de l’association Inversons la classe !, les académies d’Aix-Marseille, de Paris, de Lille et de Nice ont organisé, le 30 janvier, une conférence virtuelle inversée sur le thème « Enseigner autrement ». Un format interactif au cours duquel les intervenants ont partagé leurs différentes pratiques : salle ouverte, classe mutuelle et classe renversée. Tour d’horizon.