Entre nécessité et limites
Suffit-il d’expliciter pour que les élèves apprennent ? Les questionnements nécessaires à tout pédagogue soucieux d’explicitation ne doivent pas faire oublier l’impact de variables moins rationnelles.On connait le reproche fait aux pédagogues de déconsidérer les contenus de savoir. Tout en admettant la légitimité de la critique et le risque de dérive pédagogiste, Guy Avanzini en avait pointé deux limites : ne considérer que la logique de la connaissance au détriment de la complexité des démarches d’apprentissage, oublier que c’est précisément la pédagogie qui permet la diffusion du savoir.
Plus près de nous, des chercheurs ont soutenu que la pédagogie participerait à la construction des inégalités scolaires. Ainsi, Élisabeth Bautier et Patrick RayouÉlisabeth Bautier, Patrick Rayou, Les inégalités d’apprentissage. Programmes, pratiques et malentendus scolaires, PUF, 2009. ont popularisé la notion de « malentendus », qui désigne les écarts entre les situations d’apprentissages mises en place par les enseignants et les interprétations ou détournements qu’en font les élèves sur les plans cognitif, langagier, relationnel d’une part, quant à ce qu’ils comprennent de ce que signifie travailler à l’école d’autre part. Élisabeth Bautier, Jacques Crinon et Jean-Yves RochexÉlisabeth Bautier, Jacques Crinon et Jean-Yves Rochex, La construction des inégalités scolaires, Presses universitaires de Rennes, 2011. ont ajouté que le fonctionnement du système éducatif, les pratiques des professionnels, les attentes de l’école en termes d’apprentissages, de modalités de travail mises en œuvre ou exigées des élèves demeuraient largement opaques et implicitesIl est fait référence à la fois à la notion de « pédagogie implicite » (…