Les problématiques de logement entrent dans la définition de la « pauvreté absolue » et ont une incidence sur la scolarité. Un exemple dans le collège d’un des quartiers les plus défavorisés de France.
Les problématiques de logement entrent dans la définition de la « pauvreté absolue » et ont une incidence sur la scolarité. Un exemple dans le collège d’un des quartiers les plus défavorisés de France.
Pour enseigner à un public touché par la grande pauvreté, il n’y a sans doute pas de recette. Cela nécessite d’abord que les enseignants remettent en question leurs représentations de leur métier et leur regard sur les élèves pour adopter des postures d’accueil non jugeantes.
C’est un profil assez inhabituel : énarque et co-porte-parole d’un collectif militant, Nos services publics. Avec Arnaud Bontemps, nous avons parlé des objectifs assignés à l’école et du bienêtre des élèves.
Des travaux en microgéographie (étude des usages et interactions quotidiennes au sein de microespaces, par exemple les gares, les jardins, ou les salles de classe) montrent que la façon de concevoir différentes spatialités pédagogiques de l’espace-classe est une variable à considérer pour optimiser l’apprentissage.
À un moment où, dans notre école, après de timides tentatives de promouvoir d’autres façons d’évaluer les élèves, on assiste à un retour en force paresseux de la notation traditionnelle, ce petit livre tombe à point.
Utiliser les moments de vie ordinaires comme autant de situations d’apprentissage. Ce n’est pas nouveau – Freinet puis la pédagogie institutionnelle se sont appuyés sur ce principe – mais c’est toujours exaltant. C’est ce que les élèves de l’option raid multisports du collège d’Aspet (Haute-Garonne) expérimentent.
Cette année, la Journée de la laïcité de l’Inspé de Nantes n’a pas eu lieu. Les associations qui ont l’habitude d’y participer, dont le CRAP-Cahiers pédagogiques, avaient répondu à l’appel, les enseignants et les étudiants de master MEEF l’attendaient, le 10 décembre 2025. Mais voilà : l’institution en a décidé autrement, en n’autorisant pas un échange de service pour les membres de l’ICEM Pédagogie Freinet. Un refus qui ressemble fort à une sanction pour critique de l’institution.
Face à l’aggravation des inégalités sociales et à la montée du séparatisme scolaire, la FCPE avait consacré son colloque national de décembre 2024 à la pauvreté et à ses répercussions à l’école – colloque qui a inspiré notre dossier de janvier 2026, « École et pauvreté ». Entretien avec David Dumont, secrétaire général adjoint de la fédération, sur les enjeux politiques soulevés et les revendications des parents d’élèves pour une plus grande mixité sociale et scolaire, qui offrirait les mêmes chances à tous les enfants.
Pilar Carilla et Cécile Morzadec sont professeures d’espagnol dans le secondaire, en Belgique et en France, et mènent ensemble depuis plus d’une dizaine d’années des projets européens, avec l’intention de cultiver chez leurs élèves des valeurs d’engagement, de tolérance et de solidarité. Elles nous expliquent comment elles ont découvert l’apprentissage par service et comment cette méthodologie peut apporter de nouvelles pistes de travail avec les élèves.
Organiser la coopération en classe, c’est l’ambition pédagogique commune de quatre enseignants expérimentant les pédagogies coopératives.
Portées par le désir de dépasser les limites du tutorat traditionnel, des enseignantes formatrices explorent depuis 2023 de nouvelles formes d’accompagnement en classe du premier degré.
Alors que la pression évaluative ne cesse de croitre, les mouvements d’éducation nouvelle continuent d’explorer des voies alternatives : évaluation formative, évaluation par compétences, autoévaluation…
Lors d’une semaine de « vacances apprenantes » mises en place par l’école de Longueville, en Seine-et-Marne, l’association La nature des petits curieux a accueilli un groupe de dix enfants âgés de 6 à 11 ans pour un stage de quatre jours au sein de son écolieu pédagogique. Ils ont participé à un projet créatif et éducatif : la […]
Dans l’ouvrage collectif Premières classes : comment la reproduction sociale joue avant six ans (université Paris Cité éditions, 2025), Frédérique Giraud et Gaële Henri-Panabière, qui l’ont coordonné, montrent comment se construisent les inégalités sociales de façon précoce et comment les socialisations familiales sont plus ou moins en osmose et rentables sur le plan scolaire, ou au contraire très éloignées des attendus scolaires. Entretien avec les deux coordinatrices de l’ouvrage.
Quel est le temps de travail réel des enseignants, au-delà des clichés ou des fantasmes sur le temps face à élèves et les vacances ? La journée organisée par l’IREA (Institut de recherche de la CFDT éducation), le 18 novembre dernier, a permis de recentrer les réflexions sur le travail réel des enseignants, bien plus exigeant que les seules heures de cours. Plusieurs pistes ont été proposées pour améliorer leurs conditions d’exercice et la reconnaissance du métier.
Ancienne professeure d’histoire-géographie, Guylaine Moreau est depuis peu personnel de direction. Elle nous raconte comment son engagement pour le service public d’éducation et l’école inclusive se vit et s’épanouit, quels que soient le lieu, le public et la fonction.
Le droit à l’erreur de l’élève est-il reconnu ? De la maternelle à l’université, l’erreur et son traitement continuent de susciter des débats profonds dans les pratiques pédagogiques quotidiennes. Dans un contexte où les évaluations institutionnelles se systématisent, où la pression pour réussir s’accentue, avec la constitution de « groupes de niveaux » au collège et l’omniprésence de Parcoursup au lycée, comment évolue ce droit fondamental ? Comment concilier droit à l’erreur et évaluation ? On en parle avec la coordinatrice et le coordonnateur de notre dossier « Pour un droit à l’erreur ».
Dans le cadre d’un stage d’observation, une principale adjointe a passé une semaine en Argentine, au sein d’une école privée ayant adopté la pédagogie Montessori pour les tout-petits comme pour les lycéens. Elle partage ses observations, des réussites pédagogiques – classes multiâges, évaluation par compétences, organisation de rattrapages en fin d’année – aux défis à relever, d’ailleurs pas très différents des nôtres, à l’instar de la place à accorder aux écrans.
Dans le Territoire de Belfort, trois collèges ont choisi de décloisonner l’enseignement adapté. Au sein des 6es inclusives, élèves de Segpa et de classes générales apprennent ensemble, avec des dispositifs conçus pour favoriser la réussite de toutes et tous, renforcer l’estime de soi et construire une véritable culture de la coopération entre les équipes pédagogiques et éducatives.
L’équipe pédagogique et les partenaires institutionnels d’un collège public situé en éducation prioritaire dans le Territoire de Belfort font vivre, depuis quelques années, un projet qui devrait et pourrait innerver l’ensemble de notre système éducatif : des classes de 6e inclusives. Elles regroupent au quotidien des élèves inscrits en Segpa et des élèves inscrits en 6e générale. Une hétérogénéité maitrisée par le coenseignement et l’expertise pédagogique construite au fil des années.
« Je préfère me tromper maintenant que le jour J. » Cette phrase d’élève, parmi d’autres que l’on retrouve dans les articles de ce dossier, dit beaucoup de ce que nous avons voulu interroger : la place, aujourd’hui, de l’erreur dans nos classes, et plus largement dans l’éducation.
Les sciences cognitives montrent comment se tromper restructure le cerveau, développe la résilience et renforce l’autonomie des apprenants.
L’erreur au singulier est une erreur. C’est en la comprenant au pluriel qu’elle fait véritablement progresser de concert formateur, enseignants et élèves.
En classe d’histoire, l’erreur peut être une information fausse, mais aussi une idée peu pertinente pour expliquer un fait.
La conception classique de l’erreur (ce qui est faux et doit être corrigé) ne suffit pas à penser utilement cette notion. Il s’agit donc de proposer des analyses plus fines des problèmes dans les travaux des élèves et d’éclairer les manières différentes de les gérer selon les pédagogie.
Connaitre une langue vivante étrangère, c’est savoir la parler, savoir interagir verbalement à travers elle, malgré des erreurs, avec d’autres locuteurs, natifs ou pas, car une langue est vivante aussi parce qu’elle peut accueillir des erreurs et même évoluer à travers celles-ci.
Les parents mettent parfois la pression sur leurs enfants en stigmatisant leurs erreurs : peut-on les aider à adopter une attitude plus utile ?
Jean-Pierre Astolfi et Daniel Favre sont deux chercheurs ayant largement contribué à la compréhension de la place de l’erreur pour apprendre. Pour l’un, une erreur apporte des informations essentielles à la compréhension. Pour l’autre, elle nécessite d’être farouchement distinguée de la faute.
Entre pressions institutionnelles et pratiques innovantes, l’école cherche encore comment donner du sens à l’évaluation.
Une spécialiste de l’histoire de l’islam pré-moderne à l’Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM) tire les leçons de son expérience de formation pour les EAFC (écoles académiques de la formation continue) de plusieurs académies métropolitaines.
La fonction de direction d’établissement du second degré émerge au début du XIXe siècle en parallèle de la création et de l’organisation de l’enseignement secondaire public.
Comment apprendre à discuter de ses choix orthographiques ? Quand la méthode des zones de doute chasse la peur de l’erreur, et ouvre un espace de dialogue entre pairs.
Une proposition pour amener les élèves à accepter de se confronter à la difficulté et à l’erreur, en dépassant ses propres obstacles.
Quand l’erreur devient un outil pédagogique en physique expérimentale.
Les arts appliqués et cultures artistiques initient au design tous les élèves de lycée professionnel. Cette discipline est structurée autour de démarches de projets et offre un cadre au sein duquel l’erreur peut être requalifiée, non plus comme un obstacle, mais comme une étape constructive favorisant exploration et ajustement.
L’IA peut encourager la paresse cognitive ou, au contraire, nourrir la métacognition. Tout dépend de l’usage qu’on en fait : guidée par l’enseignant, elle devient un appui pour valoriser la réflexion, l’autonomie et la progression.
L’observation du travail des élèves sur leur brouillon révèle des stratégies dans leur choix de suppressions et de réécriture.
Mars 1996. « Au bar de l’Atlantique palace, un meurtre vient d’être commis. L’exécuteur était un as, car on ne l’a pas vu pas pris. Par les gros titres des journaux j’ai appris mon erreur fatale. Je peux les lire quand ils sont gros et imprimés en capitales. J’ai tué mon tonton, dommage, sincèrement je le regrette. Va […]
Évaluer des progrès en cours d’apprentissage, ou évaluer les attendus de fin de séquence ? Des suggestions, en LP, pour articuler ces deux exigences.
Comment les élèves peuvent-ils apprendre en revenant sur leurs erreurs ? Quels dispositifs favorisent ces allers-retours constructifs ? Une exploration en sciences autour des conditions nécessaires pour en faire un véritable levier de progression.
Entre autonomie largement construite de l’étudiant et accompagnement par les enseignants, utiliser l’erreur pour préparer un concours.
Les adolescents peuvent apprendre de leurs erreurs comportementales à l’aide d’un dispositif qui leur permet d’endosser la responsabilité de leurs actes tout en préservant leur dignité.
Progresser en grammaire implique de comprendre et classer les erreurs pour y remédier.
Comment expliquer les difficultés en français que les jeunes Marocains rencontrent à la fin de leur scolarité alors qu’ils ont suivi un nombre très conséquent de 2 000 heures de français tout au long de leur scolarité ?
Parcoursup a redéfini les modalités d’orientation postbaccalauréat, touchant tout particulièrement les élèves de la voie professionnelle. Si la plateforme vise à simplifier les inscriptions dans l’enseignement supérieur, elle soulève aussi des interrogations sur l’évaluation des élèves.
Alors que le débat sur les groupes de niveaux reprend en France, l’auteure plaide pour des groupes ponctuels de besoins fondés sur l’analyse des erreurs et propose un exemple de dispositif.
En STMG, l’erreur est valorisée comme levier d’apprentissage. Mais au moment de produire à la maison, les élèves préfèrent la déléguer à l’intelligence artificielle. Ce témoignage interroge ce que l’école autorise… ou pas.
À 4 ans, l’erreur n’est ni une faute ni un échec : elle est le déclencheur d’une prise de conscience, le levier d’un apprentissage profond. Voici une pratique exigeante, joyeuse et respectueuse du rythme de chacun, où se tromper, c’est déjà apprendre.
La gestion de l’erreur dans un contexte de pression de la performance est un défi de taille pour les jeunes enseignants. Parcoursup et les attentes des familles forcent à des compromis constants, et il devient difficile de valoriser l’erreur sans compromettre les objectifs de réussite des élèves. Les stratégies d’adaptation des enseignants montrent néanmoins que l’erreur peut trouver sa place.