Les erreurs, des outils pour enseigner et se former
L’erreur au singulier est une erreur. C’est en la comprenant au pluriel qu’elle fait véritablement progresser de concert formateur, enseignants et élèves.Je rends visite à Cindy, professeure des écoles stagiaire, dans sa classe de CM1-CM2. Après quelques minutes de classe, elle dit à un élève avec un sourire chaleureux : « Tu as faux. » L’élève s’est immédiatement braqué, se repliant sur lui-même pour le reste de la séance, malgré la tentative de régulation qui a suivi : « Mais ce n’est pas grave de faire des erreurs, c’est normal quand on apprend. »
Mettre un sourire sur l’échec, c’est un peu comme mettre du chocolat sur des épinards : ça ne change rien au gout amer de l’erreur ainsi affichée. Le mal était fait, semble-t-il, et Cindy l’évoque spontanément dès le début de notre entretien. Par ailleurs, quand je lui demande quel est son propre rapport à l’erreur, elle rit en me disant : « L’erreur est utile, mais pas la mienne. »
Admettre que l’erreur est utile a donc peu d’effet, elle ne devient pas plus supportable. En revanche, Cindy reconnait que le même élève n’a pas la même réaction dans d’autres contextes. Voilà un constat qui bouscule une représentation et doit nous interroger : mal vivre une erreur ne tiendrait pas à qui nous sommes, mais aux contextes dans lesquels nous la percevons.
Don…