Des erreurs « en boucles »
Comment les élèves peuvent-ils apprendre en revenant sur leurs erreurs ? Quels dispositifs favorisent ces allers-retours constructifs ? Une exploration en sciences autour des conditions nécessaires pour en faire un véritable levier de progression.«Monsieur, je préfère encore m’entrainer pour être sûr. » Qui n’a jamais entendu cette réponse d’un ou d’une élève à l’invitation de se tester dans une organisation de l’évaluation sur demande ? Je constate, année après année, que cette réplique m’est régulièrement adressée par des élèves préférant différer l’échéance que de s’y confronter, prenant le risque de retarder la prise de conscience de leurs erreurs et d’acter une absence de maitrise très (trop) vite interprétée comme un manque de capacité ou d’intelligence.
Au fil des rencontres, des échanges, des remises en question, du manque d’intérêt de quelques élèves et étudiants, mes préoccupations se sont déportées, quittant l’unique objectif de partager des savoirs scientifiques spécifiques. Quel sens donner à ces savoirs ? Comment pouvais-je les rendre désirables pour mes élèves ? J’ai, de fait, redécouvert le statut de l’erreur, mes séquences d’enseignement ont évolué dans le sens du caractère dynamique en lui ménageant une place particulière, à son analyse au cœur des séances.
Si le rôle et la nature de l’erreur au sein des enseignements avaient évolué, qu’en était-il de la perception de l’erreur par les élèves dans leurs propres apprentissages ? J’ai assez rapidement constaté que la représentation de celle-ci restait problématique pour la grande majorité d’entre eux. Je les voyais employer mille stratégies pour éviter de s’y confronter et préférer camper sur la représentation binaire savoir/ne pas savoir plutôt que d’adhérer à ce que j’attendais : apprendre, c’est prendre le risque de se tromper pour produire de la pensée et des connaissances.
Apprendre impliquerait de construi…