Dans deux classes de collège, en histoire-géographie, paradoxalement le confinement a été l’occasion d’oser des consignes nouvelles et de les mettre en œuvre en coopération, en famille, entre élèves. C’est déjà l’école d’après.
Dans deux classes de collège, en histoire-géographie, paradoxalement le confinement a été l’occasion d’oser des consignes nouvelles et de les mettre en œuvre en coopération, en famille, entre élèves. C’est déjà l’école d’après.
Témoignage d’une artiste plasticienne intervenant en milieu scolaire pour des projets de land art.
En arts appliqués au lycée, les élèves et l’enseignante sont confrontés à l’injonction contradictoire « soyez créatifs ! » dans le cadre contraint du lycée, du bac. Il leur faut prendre de la hauteur pour affronter ce dilemme.
Chaque année, le CRAP-Cahiers pédagogiques organise des Rencontres d’été qui sont l’occasion pour les participants d’explorer différentes facettes du métier. Exemple avec cet atelier « créativité » qui proposait aux participants d’explorer leur zone d’inconfort.
Le futur ne se prédit pas, mais se prépare. Du moins, il s’imagine, se rêve. Il nous semble donc important d’encourager la créativité dans le cadre scolaire en tant qu’outil essentiel pour les citoyens de demain.
PHOTOJOURNALISME. Très tôt passionné par la géographie et les voyages, Alain Keler a sillonné le monde durant cinquante ans avec son appareil photo. Une vie de reportages photo et de rencontres durant laquelle il s’intéresse en particulier aux minorités. Sa vision de l’école est à l’image de son travail : en nuances de gris.
Les tests PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) organisés par l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) ont contribué à la renommée de l’éducation finlandaise, que certains qualifient de « miracle éducatif ». Cependant, les flux d’immigration et l’accueil de refugiés, croissants au cours des dernières décennies, ont suscité des problématiques nouvelles et des débats dans la société finlandaise. Le taux de chômage massif parmi les immigrants et les inégalités de réussite scolaire touchant leurs enfants ont justifié des réformes qui interrogent et redessinent le modèle d’éducation multiculturel finlandais.
Christian Watthez interroge la double contrainte que rencontrent les enseignants en formation entre la nécessité de se conformer au modèle et l’incitation à la créativité. Les questions qu’il pose ne sont pas spécifiques au contexte belge.
Tout commence par un étonnement issu de la rencontre d’une professeure de créativité et se poursuit par cette question : professeure de quoi ? Partons à la recherche d’une définition de la créativité et des conditions de son apprentissage et de son enseignement.
À une époque saturée par les informations (vraies ou fausses) et par des études scientifiques qui n’en ont parfois que le nom, il est urgent d’armer chaque futur citoyen et citoyenne d’un esprit critique affuté. Le groupe de travail Développer l’esprit critique du Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN) a le souci d’outiller les enseignants pour éduquer à l’esprit critique et vient de publier un rapport intitulé « Éduquer à l’esprit critique : bases théoriques et indications pratiques pour l’enseignement et la formation ». Entretien avec Elena Pasquinelli, philosophe des sciences, coresponsable du rapport avec Gérald Bronner.
PRÉSENCE. Une réunion de militants de l’éducation nouvelle en présentiel, ça n’est plus si courant ! Le collectif Convergence(s) pour l’éducation nouvelle organisait les 26 et 27 mars une biennale régionale à Nantes. L’occasion d’apprendre à mieux se connaitre et de promouvoir les valeurs communes, de préférence en plein air !
Chaque année, la Fondation entreprise réussite scolaire organise un concours ouvert à toutes les écoles primaires de la métropole de Lyon : « Quand je serai grand, je serai… ». Belle occasion pour engager une classe de CM2 dans la thématique : « Quand je serai grand, je serai créatif ! » et dans la définition du terme.
Faire de l’histoire en bac pro, sur un sujet complexe dans le contexte du confinement : les contraintes sont fortes. La créativité de l’enseignant et des élèves en est décuplée !
Naïm, mon petit-fils d’à peine 2 ans, m’a fait découvrir T’choupi, un personnage de livres pour les tout-petits qui aurait été inspiré d’un manchot empereur. Il est tout en rondeur, avec des yeux et des sourcils mobiles, des couleurs franches et douces à la fois. Pour le moment, je ne connais que la saison (car […]
Quelques jalons dans l’histoire du concept, jusqu’à une définition de la créativité davantage porteuse de sens en éducation.
Quand les enseignants en formation exercent leur propre créativité, ils le font aussi en exerçant celle de leurs élèves. Un bel exemple dans le master éducation enseignement et formation (MEEF) à l’Inspé de Nice.
En maternelle, les arts plastiques sont les disciplines de la créativité. Et si l’on interrogeait cette évidence ?
L’école est prise entre des contraintes externes, les normes des disciplines à enseigner, et des contraintes internes, les prescriptions institutionnelles. Comment la créativité peut-elle trouver une place dans ce double carcan ?
Un exemple d’atelier basé sur l’expression artistique et la créativité en institution spécialisée : il est possible d’influer sur la motivation, la mémorisation et la flexibilité mentale de jeunes déficients visuels pour favoriser l’inclusion.
Le sketchnoting est une technique qui mélange texte et dessins. Sketchnoter, c’est créer des liens pour apprendre. Cette technique pédagogique, utilisable à tous les niveaux de classe, est présentée ici en histoire-géographie avec des lycéens.
Un lycée avec des classes coopératives pendant le confinement : belle occasion pour proposer une situation de créativité. L’autonomie serait-elle une condition de l’émergence de la créativité, ou un objectif associé à son développement ?
Quand une spécialiste de la création artistique intervient dans l’école, la négociation du cadre fait partie du projet créatif. Exemple à l’école élémentaire. Bulles d’art est un projet d’accompagnement individuel et en groupe utilisant la créativité libre et le jeu spontané, pour tous les âges, en atelier et en déplacement. Mes ateliers sont organisés dans […]
Vos élèves manquent d’idées, d’inspiration ? Ils se contentent du premier jet ? Quand vous leur offrez la liberté de créer, ils n’en font rien d’intéressant ou d’original ? Et si, pour faire bouillonner le fleuve de la créativité, on choisissait de le canaliser par la contrainte ?
Des projets d’écriture poétique à l’école, ou comment faire dialoguer créativité et forme fixe.
Dans les classes de maternelle, une place importante est accordée aux jeux. Ceux-ci sont omniprésents dans les apprentissages, ainsi que dans l’espace de la classe. On y trouve des coins jeux, lieux destinés à un ou plusieurs jeux. L’étude des conflits qui s’y déroulent permet de souligner l’importance des jeux pour le développement des enfants, ainsi que pour la mise en place de compétences spécifiques à la résolution collaborative de problèmes.
Dans le cadre scolaire, les enseignants ont parfois la crainte de perdre le contrôle, les élèves n’osent pas. Quelques pistes pour déplacer les bornes.
Un dispositif d’atelier d’écriture pour les lycéens en séances d’accompagnement personnalisé : le groupe y est fondamental, et l’atelier instaure un espace de jeu et de prise de risque.
En éducation musicale, quelques pistes, de l’exploration individuelle à la création collective. Dans le cadre du projet « Une approche de l’écologie sonore adaptée à l’école »que je mène depuis trois ans, je développe des activités mettant en corrélation l’éducation musicale (EM) et l’éducation relative à l’environnement. Il s’agit de sensibiliser les élèves à leur […]
Quand deux enseignantes d’espagnol langue étrangère en Belgique et en France se rencontrent par l’intermédiaire de leurs blogs, les projets et les élèves se croisent. La créativité a besoin de temps pour explorer et exploser. Cette crise sanitaire, qui a effacé d’un coup nos emplois du temps surchargés, s’est révélée être un terrain propice pour […]
C’est en guidant pas à pas l’imagination et la réflexion des élèves qu’on les conduit à lâcher la bride à leur créativité. Fiche pratique pour le cycle 2.
Une fiche pédagogique, niveau collège, mais transposable avant et après, pour une séquence interdisciplinaire en baie de Somme pour découvrir, écrire et se souvenir.
Translator Il aura fallu l’expérience collective du confinement strict de 2020 pour qu’une dimension de notre quotidien, « infraordinaire », écrirait Georges Perec, fasse unanimement l’objet d’égards renouvelés : le dehors ! Tout à coup, les oiseaux étaient audibles et des mammifères sauvages visibles jusqu’au cœur des villes. L’extérieur inaccessible se transmutait sous nos yeux pendant que parents, […]
La nature, c’est ici ! Proche de l’école, même en plein XIXe arrondissement parisien, un terrain de découverte de la personnalité profonde des élèves de maternelle.
Les directeurs et directrices exercent une fonction indispensable à la bonne marche de 50 130 écoles maternelles et élémentaires. Mais au quotidien, tenir en même temps la classe (sauf pour les 10 % d’entre eux déchargés à temps plein), la gestion administrative et l’animation des équipes relève du « choix cornélien » et pose la […]
Autre exemple de projet de « classe dehors » proposant une courte sortie dans un lieu proche de l’école, accessible à pied, une fois par mois. Un projet en plein Lyon, d’apparence modeste et facilement réalisable, impliquant les parents.
Et si les sorties pouvaient être une occasion, à tous les niveaux d’enseignement, de découvrir autrement l’environnement, en écoutant en relief une géographie sonore ?
Partage des tâches avec l’Atsem, lâcher prise, regard qui change, l’école dehors fait changer l’enseignant en particulier, l’adulte en général. L’expérience d’une classe d’école maternelle.
L’institut Agro de Montpellier SupAgro, à Florac, emmène en début d’année une partie de ses élèves en itinérance de cinq jours. Retour et bilan sur un dispositif pédagogique.
Où l’on aborde la question de la formation et des bienfaits d’un écostage immersif de cinq mois pour devenir un enseignant extramuros.
Il est important de situer dans le temps long les enjeux d’un enseignement des sciences qui ne se passe pas uniquement dans l’espace de la salle de classe, en revisitant les leçons de choses et les disciplines d’éveil.
Il existe beaucoup d’idées reçues sur le scoutisme. Celui-ci, et en particulier le très laïque mouvement des Éclaireurs, peut être considéré comme un précurseur de l’école en plein air et a toujours des enseignements à nous apporter. Pour parler de nature éducatrice, rien ne vaut un détour par la littérature de jeunesse. L’école de la […]
L’oïkos, « l’habitat » en grec, est un lieu où se passe une large part de l’éducation informelle des enfants. L’expérience de la nature, tellement appauvrie dans notre société moderne, participe à la formation sensorielle et corporelle du sujet, à son rapport à l’altérité.
Et si le CDI (cenre de documentation et d’information) s’évadait des cours de la classe pour , par exemple, écrire des Haitus?
L’école de plein air s’inscrit dans une histoire longue et complexe qui mêle la pédagogie, l’action sanitaire et l’architecture.
Enseigner dehors comporte des risques qu’il convient d’identifier afin de les dépasser et de comprendre ce qui fait aussi la richesse de l’école dedans.
On ne fait pas cours dehors comme dedans ! Quelques réponses aux critiques de l’école en extérieur pointées par Sylvain Connac. Pouvez-vous vous présenter et dire ce qui vous a amenée à vous intéresser à l’école en plein air ? J’ai d’abord été enseignante de primaire et j’ai très vite senti le besoin de mener des études en psychologie, et particulièrement avec une spécialisation dans la promotion de la santé. J’ai commencé dans la pratique à faire sortir dans la nature les enfants de 3 à 5 ans une fois par semaine, quel que soit le temps. J’ai voulu voir quels étaient les effets de ces sorties sur leur santé, leur comportement. J’ai fait des recherches, commencé à donner des formations sur la reconnexion avec la nature. Il n’y avait, en Suisse romande, aucun ouvrage sur ce sujet, alors qu’on s’interrogeait de plus en plus sur la question. Actuellement, je forme des adultes sur « comment enseigner à l’extérieur ». En 2008, j’ai publié Les enfants des bois, et en 2019, en collaboration avec un collectif, L’école à ciel ouvert, doublement édité en allemand et en français. L’écriture simultanée de ces deux éditions nous a permis de nous rendre compte des différences entre les deux pays quant à l’imposition bien plus grande de règles en France, qui peuvent entraver les sorties. En Suisse, quels que soient les cantons, c’est beaucoup plus facile. Dans le texte de Sylvain Connac, on trouve pointées des critiques qui pourraient être faites à l’école en plein air. Être dehors nuirait à la concentration des élèves, en dispersant leur attention ? Il peut y avoir des difficultés, sans doute, pour les enfants, à se concentrer sur ce que l’enseignant souhaite viser dehors. Celui-ci a au départ un objectif, mais ensuite il va se saisir de ce que propose l’environnement. Il ne s’agit pas simplement de changer de cadre matériel, mais d’enseigner « par l’environnement », bien entendu en lien avec les contenus, les programmes et les compétences que l’on veut transmettre ou construire. On ne fait pas cours dehors comme on fait dedans ! On utilise l’expérience directe, ce qui demande un changement de posture de l’enseignant. Concernant la concentration, des études américaines ont montré que les expériences d’école dans la nature la renforçaient au final, et en particulier concernant les enfants à tendance hyperactive. Cependant, une phase d’adaptation est nécessaire. Au début, les enfants peuvent se sentir en récréation, peu habitués à l’enseignement dehors. Aussi faut-il instaurer des rituels, des règles de fonctionnement, créer des habitudes. L’enseignant doit aussi apprendre à restreindre ses objectifs. « Dehors » nécessite plus de temps. Autre limite : l’école dehors laisserait de côté des apprentissages cognitifs au profit du bienêtre du moment. L’école dehors développe des compétences qui sont considérées comme essentielles au XXIe siècle : la créativité, la coopération, l’autonomie, la motivation, la confiance en soi et en l’autre, la conscience de soi, de l’autre et de l’environnement, etc. Dehors, on trouve beaucoup de bénéfices tirés de l’expérience directe, mais j’insisterai sur le transfert. Dedans, en amont, on va apporter des connaissances, mais dehors on va tester pour voir si ça marche. Bien sûr la mémorisation, l’automatisation se feront davantage dedans, mais les allers-retours dedans-dehors sont essentiels. Mais sans doute faut-il revoir la notion d’apprentissage. Les définitions qu’on peut trouver dans les dictionnaires insistent sur l’expérience, le contexte. C’est cela qui va donner du sens et renforce la motivation. Les études que j’ai citées montrent des progrès des élèves dans divers domaines, aussi bien la lecture que les maths. L’enquête : ne risque-t-elle pas d’aller dans tous les sens et manquer d’un accompagnement qui oriente les élèves ? Il faudrait sans doute un peu moins orienter et proposer des situations ouvertes, l’enquête n’étant qu’une possibilité. Un collègue qui a des élèves âgés de 6 à 9 ans travaille en géométrie et donne des consignes très simples comme « faites le plus de carrés possible ». Les enfants se posent alors beaucoup de questions, en coopérant entre eux, et vont s’approprier des savoirs peu à peu, mais cela demande aussi une accoutumance à ce genre d’activités. C’est une clé pour la compréhension du monde d’aujourd’hui et cela permet aussi de développer à la fois l’imagination et l’esprit critique des élèves. Une autre question est celle des inégalités territoriales ou sociales. On peut aller dehors sans avoir une forêt à proximité, on peut partir du bâtiment scolaire et sa proximité, même en ville. L’école dehors peut réduire les inégalités scolaires, car certains mettent en œuvre des compétences habituellement peu mises en valeur. L’enseignant voit aussi ces enfants autrement, avec un comportement différent dans la nature : cela permet d’en avoir une image plus globale, moins stéréotypée. De plus, on constate davantage de coopération et d’entraide entre les élèves pour franchir des obstacles, parfois très concrets. Finalement, comment répondez-vous à l’objection que faire l’école dehors ne peut pas garantir à soi seul les apprentissages ? L’environnement, par lui-même, alimente les apprentissages. Certes, dans le cadre de l’enseignement, l’immersion n’est pas suffisante. L’enseignant est là pour créer une atmosphère propice aux apprentissages. Il doit être bien présent pour que tout le monde progresse, savoir rebondir sur ce qui intéresse les enfants, s’ouvrir à d’autres compétences et accepter l’imprévu, l’inattendu. Sarah Wauquiez Propos recueillis par Jean-Michel Zakhartchouk et Aurélie Zwang
Une enquête menée auprès de 511 professeurs révèle des objectifs communs, mais des motivations différentes aux apprentissages en extérieur.
On attribue à l’école dehors de nombreux bienfaits, désormais étayés par de nombreuses études : un bilan et une bibliographie de la recherche au travers des sources scientifiques.
Une déclinaison québécoise de prépositions pour rendre compte des activités de, en, par, pour le plein-air, un modèle qui peut nous éclairer au-delà des spécificités nationales.
Au Québec, l’enseignement à l’extérieur connait un engouement depuis quelques années à travers des mouvements comme la forest school, l’école dans la forêt. Les effets produits commencent à être précisément étudiés.