Au lycée professionnel André-Boulloche de Saint-Nazaire, l’Europe n’est plus une simple institution un peu lointaine. À travers le projet Jean Monnet « Ces femmes qui ont fait l’Europe », les élèves des métiers du bâtiment redonnent vie aux femmes qui ont façonné l’Union.
Les filles ne sont pas moins douées en sciences que les garçons. Pourtant, elles se détournent massivement des filières scientifiques. En s’appuyant sur plusieurs études récentes, Ange Ansour, directrice de l’Association française pour l’éducation par la recherche (Afper), analyse les mécanismes sociaux et scolaires qui fabriquent ces écarts d’orientation et interroge la responsabilité du système plus que celle des élèves.
Dans les établissements scolaires, les équipes éducatives observent aujourd’hui l’émergence de discours adolescents qu’on peut qualifier de « masculinistes » et qui renvoient à des représentations genrées diffusées en ligne. Comprendre ces influences et les contrecarrer constitue un enjeu éducatif pour accompagner les élèves dans la construction de relations respectueuses.
Un jeu conçu pour faire vivre aux élèves l’expérience des inégalités les aide à penser le vivre-ensemble dans le cadre du programme d’enseignement moral et civique.
La question de l’égalité femme-homme a ceci de particulier que l’on a tiré la couverture d’un seul côté pendant tellement longtemps qu’il parait inévitable, même nécessaire, que, dans la recherche de l’équilibre encore loin d’être atteint, la voie de la cause doive prendre le dessus sur la voie du débat.
Françoise Combes est titulaire de la chaire Galaxies et cosmologie au Collège de France et présidente de l’Académie des sciences pour 2025-2026. Un très bon poste d’observation de la diffusion des sciences à l’école et en dehors, et de la place grandissante des femmes dans les milieux scientifiques.
Alors même que, dans le débat public, on met en avant le nécessaire respect de la laïcité, il semble exister en même temps la tentation de retours en arrière de la part de l’enseignement privé catholique, exprimée par son secrétaire général, au nom du « caractère propre », notion fourre-tout analysée ici.
Comprendre pourquoi les inégalités sociales persistent à l’école constitue un enjeu central si l’on veut changer la donne. Cette question mobilise de nombreuses recherches en sociologie, mais aussi en linguistique, psychologie sociale, sciences cognitives ou neurosciences.
Journaliste, animatrice de l’émission Arrêt sur images, Nassira El Moaddem est aussi fille d’ouvriers immigrés : une « anomalie », dit-elle. Elle publie Main basse sur la ville. Enquête au Blanc-Mesnil, territoire trahi de la République chez Stock, qui dévoile un système municipal clanique et d’extrême droite. Autant de bonnes raisons de l’interviewer.
L’intention est à priori louable : donner plus d’autonomie aux établissements scolaires pour construire des parcours adaptés à leurs élèves, en privilégiant l’interdisciplinarité. La réalisation dans le système éducatif portugais s’est révélée plus hasardeuse.
Comment l’école peut-elle mieux collaborer avec les parents de milieux populaires ? C’était le sujet des échanges d’un séminaire du Cicur (Collectif d’interpellation du curriculum) en décembre dernier.
Face au décrochage scolaire, les remédiations classiques peuvent s’avérer inefficaces, l’élève restant spectateur de ses difficultés. Dans un atelier relai d’un collège de Béziers, des élèves fâchés avec les apprentissages scolaires se sont auto-observés et se sont fixé des objectifs. La vidéo est ainsi un outil pour retrouver un pouvoir d’agir : l’élève devient acteur de ses propres ajustements.
Samedi 24 janvier s’est tenu à l’Académie des sciences le colloque d’ATD Quart Monde, qui présentait les résultats de la recherche participative Cipes (Choisir l’inclusion pour éviter la ségrégation) sur l’école et la grande pauvreté, menée dans une douzaine d’écoles maternelles et élémentaires.
Si la question de la mixité sociale est jugée sensible, elle a attiré un public varié et nombreux lors de la rencontre du samedi 17 janvier organisée dans une école parisienne autour du livre Et si on imaginait l’école de demain ? de Céline Cael et Laurent Reynaud.
L’association Imp’Act Théâtre a mis en œuvre pendant cinq ans un dispositif de médiation psycho-artistique au collège Jacques-Prévert de Bourg-sur-Gironde. Le théâtre est devenu un levier pour travailler en profondeur les stéréotypes de genre, permettant aux élèves de 5e de les mettre en jeu et d’inverser les rôles, pour mieux réfléchir ensuite à ces assignations.
Qu’est-ce que la pauvreté fait à l’école ? Et que fait l’école de la pauvreté ? Si le rôle principal de l’école est d’amener tous les enfants à apprendre, elle y réussit insuffisamment, et les difficultés des élèves sont socialement réparties. Comment la pauvreté se manifeste-t-elle à l’école, et quelles réponses apporter à l’impact qu’elle a sur les apprentissages, l’orientation, les parcours et la vie scolaire ?
De multiples enquêtes et recherches démontrent qu’en fonction de leur milieu social, les enfants ne sont pas égaux face à l’école. Les élèves de milieu populaire et parmi eux ceux dont les familles vivent en situation de pauvreté (ce n’est pas exactement synonyme) sont, par exemple, surreprésentés dans les dispositifs spécialisés ou les orientations précoces. […]
L’orientation scolaire est une étape décisive dans le parcours des élèves, mais pour ceux qui sont issus de milieux modestes, elle représente souvent un véritable défi.
Comment l’école pourrait-elle ignorer la pauvreté alors que la pauvreté et l’extrême pauvreté touchent une part de plus en plus importante de nos élèves et de nos étudiants, oblitérant leur avenir ?
L’autrice, enseignante chercheuse, a participé avec ATD Quart Monde à la recherche Choisir l’inclusion pour éviter la ségrégation (Cipes). Elle en livre les observations sur les formes d’exclusion dont les enfants pauvres sont victimes à l’école.
La pauvreté existe aussi en zone rurale, accentuée parfois par l’isolement. Face à elle l’école est-elle réduite à l’impuissance ?
Choisir l’inclusion pour éviter la ségrégation (Cipes) est une recherche participative portée par ATD Quart Monde, pour construire une société plus juste.
L’autrice s’appuie sur ses recherches de géographe pour mettre au jour des capacités de ses élèves que l’école ignore et propose des pistes pour en faire un point d’ancrage contre la fatalité sociologique de l’échec scolaire.
La pauvreté s’exprime parfois au détour d’un exercice scolaire. Écoutons avec bienveillance et sans condescendance ce que nos élèves nous disent.
L’école sanctuaire, où l’on n’a sa place que lorsqu’on en connait les rites, rejette les victimes de l’extrême pauvreté, éteint le désir d’apprendre des victimes du sans-abrisme. L’autrice propose une école ouverte qui s’appuie sur les médiateurs scolaires et respecte les droits de l’enfant.
Quels effets une pédagogie coopérative peut-elle avoir dans un établissement qui accueille très massivement des publics fragiles ? Le point de vue de Guillaume Caron et Laurent Fillion, enseignants au collège Vadez (REP+) de Calais.
L’auteur a consacré ses recherches, en didactiques et en pédagogies, à la compréhension des facteurs qui contribuent au décrochage et à l’échec scolaire et aux pratiques qui permettent de combattre ces mécanismes. Il s’attache ici à la question de la (grande) pauvreté à l’école.
Il est des territoires où la pauvreté s’illustre aussi par celle des moyens à disposition de l’école. Pour autant des enseignants relèvent le défi pour que moins de moyens ne se traduise pas par moins d’apprentissages.
Face aux mauvaises conditions de logement qui se répercutent sur la scolarité mais sont par définition extérieures à l’établissement, le collège n’est pas seulement un refuge. S’il n’y a pas de recettes pour lutter contre la pauvreté, la dimension collective permet, parfois, de marquer des points.
« Les pauvres vont pas’l’école, les pauvres c’pas des grosses bolles, ça mange des s’melles de bottes, ’vec du beurre de pinottes, i’ sentent la pauvreté, c’en est une vraie calamité. »
La notion d’invisibles est née dans l’univers du travail social pour désigner ceux qui sont empêchés d’accéder aux droits. Dans nos classes, la pauvreté ne crie pas toujours famine, elle prend des formes multiples face auxquelles les élèves de lycée professionnel développent des stratégies de résistance qu’il nous faut décrypter et contourner.
À travers trois portraits, l’autrice nous raconte les parcours inspirants de trois jeunes qu’elle a accompagnés ou rencontrés.
Des enseignants connaissent l’impact de la pauvreté sur le parcours scolaire et sont conduits à s’engager pour des élèves dont la famille est en situation de grande pauvreté.
Rechercher des traces du passé dans un quartier apparemment « sans histoire » peut contribuer à construire chez les élèves une conscience historique. Dimitri Goulis, directeur de 2011 à 2017 d’une école primaire de Xirokrini, un quartier de Thessalonique (Grèce), en témoigne dans la présentation du dispositif pédagogique « Le récit des absents ».
Présentation d’une action de sensibilisation à la grande pauvreté en école primaire, mise en place par le groupe local d’ATD Quart Monde à Lyon.
L’inclusion scolaire et sociale ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, au cœur des territoires. Cet article à deux voix met en avant la coopération entre famille et école, et explore comment l’implication des parents d’élèves devient un levier d’inclusion, de réussite et de vivre-ensemble.
Cette expérience menée par l’équipe d’Une école montréalaise pour tous montre les bénéfices de la médiation artistique pour transformer le rapport aux savoirs des élèves issus de milieux défavorisés.
Les organisations syndicales aussi ont un rôle à jouer contre la pauvreté dans le respect de leurs spécificités.
Une invitation à être plus attentifs aux effets de la pauvreté sur les pratiques langagières pour ne pas hypothéquer le devenir scolaire des élèves.
L’école ne sait pas combattre les inégalités qui pèsent sur les enfants et les jeunes de milieux populaires. Comment pourrait-elle en prendre le chemin ?
Les problématiques de logement entrent dans la définition de la « pauvreté absolue » et ont une incidence sur la scolarité. Un exemple dans le collège d’un des quartiers les plus défavorisés de France.
Pour enseigner à un public touché par la grande pauvreté, il n’y a sans doute pas de recette. Cela nécessite d’abord que les enseignants remettent en question leurs représentations de leur métier et leur regard sur les élèves pour adopter des postures d’accueil non jugeantes.
Voilà, les Cahiers ont 80 ans ! Ces cinq dernières années, nous n’aurions pas juré que nous y arriverions, traversés que nous sommes par les difficultés financières bien connues à la fois des associations et de la presse écrite. Alors, autant vous dire qu’on a fêté ça joyeusement !
Pour qui s’est déjà intéressé à la question des rythmes scolaires et de la chronobiologie des enfants, les conclusions et propositions du rapport de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant n’ont pas grand-chose de surprenant. La surprise viendrait plutôt de la décision de les mettre en œuvre…
C’est un profil assez inhabituel : énarque et co-porte-parole d’un collectif militant, Nos services publics. Avec Arnaud Bontemps, nous avons parlé des objectifs assignés à l’école et du bienêtre des élèves.
Face à l’aggravation des inégalités sociales et à la montée du séparatisme scolaire, la FCPE avait consacré son colloque national de décembre 2024 à la pauvreté et à ses répercussions à l’école – colloque qui a inspiré notre dossier de janvier 2026, « École et pauvreté ». Entretien avec David Dumont, secrétaire général adjoint de la fédération, sur les enjeux politiques soulevés et les revendications des parents d’élèves pour une plus grande mixité sociale et scolaire, qui offrirait les mêmes chances à tous les enfants.
Dans l’ouvrage collectif Premières classes : comment la reproduction sociale joue avant six ans (université Paris Cité éditions, 2025), Frédérique Giraud et Gaële Henri-Panabière, qui l’ont coordonné, montrent comment se construisent les inégalités sociales de façon précoce et comment les socialisations familiales sont plus ou moins en osmose et rentables sur le plan scolaire, ou au contraire très éloignées des attendus scolaires. Entretien avec les deux coordinatrices de l’ouvrage.
« Un service public pour toutes et tous, vraiment ? » Sous ce titre, le collectif Nos services publics a publié le 6 novembre 2025 un nouveau rapport sur l’état des services publics, avec un accent particulier sur la question des inégalités. La thèse principale : les inégalités face aux services publics dépassent la question de l’accès et de leur répartition sur le territoire.
Couper une œuvre classique pour la rendre accessible ? On découvrira ici les vertus pédagogiques de ce geste et on s’initiera à l’art d’abréger sans massacrer.
Permettre à des élèves en difficulté d’accéder au patrimoine commun, c’est aussi renforcer leur estime de soi. Un exemple avec des 3e prépa-métiers.