Accompagner les invisibles

Publié le Lecture : 9 min

Couverture du numéro 603, « École et pauvreté »

La notion d’invisibles est née dans l’univers du travail social pour désigner ceux qui sont empêchés d’accéder aux droits. Dans nos classes, la pauvreté ne crie pas toujours famine, elle prend des formes multiples face auxquelles les élèves de lycée professionnel développent des stratégies de résistance qu’il nous faut décrypter et contourner.

Bilal a seize ans. Il arrive en cours les mains dans les poches, sans sac, sans cahier, parfois sans voix. Il dort mal, mange peu, vit dans un foyer à plusieurs kilomètres du lycée. Il ne perturbe pas, ne parle presque pas. « La misère matérielle, affective ou culturelle ne s’arrête pas aux portes de l’école, elle s’y invite, s’y installe, s’y fait parfois oublier », écrit Jean-Pierre Terrail

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