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Une journée de travail autour du développement professionnel
Le 5 avril 2025, une trentaine de bénévoles du CRAP-Cahiers pédagogiques, engagés dans la formation sous toutes ses formes, se sont retrouvés à Paris pour une journée de travail et de réflexion sur la manière dont l’association pourrait contribuer davantage au développement professionnel de ses membres, mais aussi de l’ensemble de la communauté éducative. Au menu : échanges, créativité, coformation et… action !L’idée de départ ? Réunir celles et ceux, tous et toutes bénévoles, qui s’engagent dans la formation sous diverses formes dans et par l’association CRAP-Cahiers pédagogiques, pour les faire se rencontrer, se donner de la force et des idées, rêver et produire ensemble. C’est ainsi que le 5 avril 2025, une trentaine de participants motivés se sont retrouvés à Paris.
D’abord, évidemment, le cercle Formation. Autrement dit, les formateurs et formatrices qui conçoivent et animent des formations collectives pour des établissements ou pour d’autres commanditaires. Également l’équipe des form@ctions, un dispositif intégralement à distance s’adressant à des personnes en recherche de développement professionnel. La plupart exercent des missions de formation dans leur contexte professionnel, même si ce n’est pas un prérequis.
Ensuite, bien sûr, le cercle Rencontres, composé des animateurs et animatrices des Rencontres d’été 2025, qui se tiendront à Bourges (informations et inscriptions ici). Elles et ils conçoivent et animent des ateliers thématiques, portant soit sur des questions professionnelles (les ateliers « thème ») soit sur des activités davantage destinées à la découverte, à la détente (les ateliers « activités »). Si certaines et certains ont déjà un long parcours dans le domaine de la formation d’adultes, d’autres débutent.
Enfin, le cercle Académies, constitué des correspondantes et correspondants académiques, a également été associé. Le lien avec la formation semble plus lointain, peut-être, et pourtant… Elles et ils organisent des rencontres locales, animent des séances de lecture de la revue, des marchés de connaissance, des analyses de pratiques, accueillent les adhérentes et adhérents, les accompagnent dans leur découverte des activités de l’association. En somme, même sans en avoir toujours conscience, elles et ils contribuent, d’une autre manière, au développement professionnel des collègues.
Ensemble, dans les locaux de la Ligue de l’enseignement, en plein cœur de Paris, nous avons concentré nos efforts autour de l’élaboration d’un projet de formation partagé, du partage de pratiques et de la cohésion militante. Pour le dire autrement, nous avons cherché avant toute chose à ouvrir et à oxygéner le collectif, à construire du commun, et à ressortir de la journée avec des projets concrets, pour éviter l’effet soufflé qui retombe trop vite.
Les freins à la formation, au partage, à la controverse professionnelle, à notre contribution à l’amélioration du système éducatif, nous les connaissons par cœur, nous les subissons jusqu’à la nausée parfois : les restrictions budgétaires des structures qui pourraient trouver pertinent de faire appel à nous, l’ouverture limitée des plans de formation aux partenaires de l’école, pour ne pas dire une vision parfois étriquée et dogmatique de ce que doivent être les contenus et les modalités des formations offertes aux enseignantes et enseignants, le manque de temps des bénévoles qui composent avec leur activité professionnelle, leur vie personnelle et souvent des engagements auprès d’autres associations.
Alors, la matinée a été consacrée à un travail en mode design thinking, une approche qui permet de s’autoriser à rêver, à inventer, à innover en restant bien en prise avec les attentes et les besoins.
Après une première phase, dite d’empathie, qui vise à connaitre son public, à en identifier les besoins et à en comprendre les problématiques, une seconde phase, dite d’idéation, cherche à favoriser l’émergence de solutions inattendues, nouvelles, parmi lesquelles celle qui semble la plus pertinente est retenue et développée. Une troisième phase consiste à mettre l’idée à l’épreuve et de l’améliorer grâce aux premiers retours, avant de la considérer comme aboutie et de la concrétiser à plus grande échelle.

La phase d’empathie et de définition avaient eu lieu en amont. Nous avons donc planché sur une question-problématique déjà élaborée : comment pourrions-nous développer la capacité d’agir des acteurs et actrices de l’éducation par l’innovation, la réflexivité et le travail collectif, dans l’objectif de la réussite de tous et toutes ?
Vous aurez remarqué ce que d’aucunes et d’aucuns qualifieraient de flou dans le public visé. Un flou volontaire. Dans les échanges préparatoires, nous avions en effet décidé de laisser de la place dans les imaginaires à tous les acteurs et actrices du vaste monde de l’éducation. S’il s’agit de faire de la formation un levier pour changer l’école et changer la société, pourquoi s’adresser uniquement aux enseignants et enseignantes ou même aux personnels du ministère ? Ne pourrions-nous pas nous tourner davantage vers d’autres : les personnels, les élèves, leurs parents, les élus et élues des collectivités territoriales, les parlementaires, les entreprises, etc.
Au menu, à travers une organisation en world café, production d’idées individuelles, classement, sélection, enrichissement, critique, amélioration pour ne pas en rester à de belles et généreuses idées – et des idées, nous en avons beaucoup au CRAP ! – en somme passer de l’intuition et de l’envie à un début de concrétisation, de passage à l’action. Des projets ont émergé, qui alimentent notre ambition en termes de développement professionnel, mais aussi le besoin de développement de l’association en termes d’adhésions et de ventes de la revue.

La matinée a ainsi permis d’élaborer cinq fiches-actions assez détaillées, qui vont servir de base à l’activité des différents cercles dans les mois à venir :
- former des catalyseurs et catalyseuses pour des temps de réflexion entre pairs, à proposer dans les écoles et les établissements, auprès des associations amies ;
- organiser des marchés de connaissances de l’innovation ;
- proposer des temps pour échanger sur l’enseignement, l’éducation sur nos lieux de travail ;
- recueillir et diffuser les retours d’élèves sur les dispositifs qu’elles et ils vivent ;
- élaborer un abécédaire de pratiques pédagogiques à partir du fonds énorme d’articles et publications des Cahiers pédagogiques.
De nombreuses autres idées ont émergé dans cette demi-journée sans avoir pu être travaillées en profondeur, mais dont certaines ont été intégrées dans les fiches réalisées, et d’autres qui ont rejoint la boite à graines de projets et seront prêtes à être plantées le jour venu.
L’après-midi a ensuite permis à chaque cercle, en s’appuyant sur les réflexions de la matinée, de se pencher très concrètement sur ses propres projets et urgences : écrire les présentations et les déroulés des ateliers pour le cercle Rencontres, réfléchir à la manière d’être davantage visibles sur le terrain pour le cercle Académies.

Le cercle Formation a pour sa part dessiné, au sens propre, ce que serait le « chemin » d’une formation assurée par l’association, depuis l’idée, qu’elle vienne de nous ou d’une demande extérieure, jusqu’à sa concrétisation, en passant par l’analyse préalable et la posture du formateur ou de la formatrice CRAP-Cahiers pédagogiques. Sans oublier la préoccupation d’améliorer ce qui peut l’être par les retours des participantes et participants.
Il a aussi réfléchi à deux nouvelles propositions de formations à distance, adossées au savoir-faire développé depuis un an et demi dans les form@ctions :
- des groupes d’analyse de pratique sur dix séances ;
- des cycles de trois ou quatre form@ctions construits spécifiquement pour des collectifs, par exemple un établissement scolaire ou un groupe de crapistes, sur une thématique donnée.
Il s’est également penché sur une proposition qui avait émergé de plusieurs tables le matin même : la construction d’un abécédaire de pratiques pédagogiques, destiné à l’autoformation des collègues mais aussi à servir d’outil de formation initiale et continue pour les formateurs et formatrices.
Une journée riche, constructive, efficace, énergisante. C’est du moins ce qu’en ont dit les participantes et participants. C’est aussi ce que nous en disons, nous, du côté de l’équipe d’organisation. Et aussi que c’était un moment de respiration. Enfin du présentiel ! Une animation dynamique et dynamisante, et même un pique-nique au soleil !
Créativité, ouverture, recherche de pistes d’action concrètes, passage de la réflexion individuelle au collectif, projection dans l’action : d’après les retours en fin de journée, l’intelligence collective a brillé et permis la construction de nouvelles idées riches, originales, réalisables. Une construction collective qui permet d’avancer sur tous les problèmes tout en permettant l’expression de chacun. Et les horaires sont respectés !
La machine à penser et à produire s’est alimentée grâce au travail collaboratif entre personnes partageant des valeurs et des repères professionnels communs qui permettent de gérer les controverses. À l’issue de la journée, chacun, chacune a une vision plus globale de l’association et de son action.
Certaines et certains participants sont repartis avec des envies et des projets concrets pour eux-mêmes, comme développer le rôle des correspondantes et correspondants d’académie, s’engager dans le cercle Formation, animer un atelier aux Rencontres d’été, ou encore remettre du collectif sur leur lieu de travail.
Nous planifions d’ores et déjà une journée semblable dans un an, fin mars ou début avril. Dans l’entre-deux, le travail va s’engager dans les trois cercles mobilisés pour concrétiser les pistes élaborées, en lien avec les autres activités de l’association.
À lire sur notre site à propos de nos form@ctions et des Rencontres d’été
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